‹ Recherches sur la production artificielle des monstruosités, ou, Essais de Tératogénie expérimentaleChapitre 46 sur 68 · CHEZ LES MONSTRES DOUBLES K · texte numérisé non relu

CHEZ LES MONSTRES DOUBLES K

ganisation est très complexe^ mais non double; il y a trop peu pour deux vies, trop pour une seule'. >

Mais ces paroles expriment le fait; elles ne l'expliquent point. Elles ne nous font point connaître la cause qui fait périr la plupart des monstres doubles au moment de la naissance.

J'ai cherché cette cause de mort. Mes études sur ce sujet ne sont pas encore complètes. Toutefois, j'ai pu m'assurer que, dans un très grand nombre de cas, la mort résulte de Timpossibilité de l'établissement de la respiration pulmonaire. Cette cause de mort, pour les monstres doubles, est-elle générale? Je ne puis l'aflirmer. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle est au moins très fréquente.

Il y a un certain nombre de types de la monstruosité double chez lesquels l'impossibilité de rétablissement de la respiration pulmonaire résulte de la monstruosité elle-même et des conditions organiques de l'union des deux embryons.

Tels sont, par exemple, les types des monstres monomphaliens, dans lesquels les cœurs sont réunis*. Je ne connais pas de description complète de l'appareil circulatoire de ces monstres; mais toutes les indications que j'ai pu recueillir dans les auteurs me prouvent que, chez ces monstres, l'union des cœurs et la disposition de l'appareil circulatoire sont un obstacle absolu à l'établissement d'une circulation pulmonaire complètement indépendante et capable de produire l'oxygénation du sang.

Il en est de même pour les monstres sycéphaliens et déradelphes. Chez ces monstres, la disposition du cœur et des gros vaisseaux est certainement très différente de celle que l'on observe dans les monstres précédents. Ainsi que je l'ai montré, ils possèdent deux cœurs appartenant chacun par moitié à chacun des embryons. Il en est de même de l'ensemble des gros vaisseaux qui sortent du cœur et qui forment, des deux c6tés du plan d'union, deux appareils dont la disposition est tout à fait étrange et ne peut s'expliquer que par la permanence de conditions embryonnaires^. Ce n'est pas ici le lieu de

»Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Traité de Tératologie, t. III, p. 571.

* C'est le cas des monstres monomphaliens, à Texception des ischiopages, des xiphopages et des thoracopages.

* Voir, à ce sujet, les travaux déjà anciens de Klinkosch et de Haller sur des synotes. Halles, Diuertatio quà duorum monstrorum anatamecontinetur. Gcettingen, 1742; réimprimée dans le De morutris. Op. minora, t. III, p. 42. — Klinkosch, Programma quo anatome motutri bicorporei monocephalt deecripUonem proponit. 1767.

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