‹ Recherches sur la production artificielle des monstruosités, ou, Essais de Tératogénie expérimentaleChapitre 47 sur 68 · CONDITIONS DE LA VIABILITÉ · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA VIABILITÉ

décrire en détail cet appareil vasculaire, et de donner la signification de ses différentes parties. Qu'il me suffise de dire que, dans ces conditions nouvelles, la circulation pulmonaire ne peut pas s'établir.

Mais il y a des monstruosités doubles chez lesquelles les caractères du type tératologique ne paraissent pas, au premier abord, devoir entraîner une modification de l'appareil vasculaire incompatible avec rétablissement de la circulation pulmonaire. Tels sont les monstres monosomiens. Chez eux, l'unité de l'appareil circulatoire dans la région du tronc semblerait être une condition entièrement compatible avec l'établissement de l'hématose. Et cependant, chez les mammifères et chez l'homme, ces monstres périssent au moment même de la naissance.

Jusqu'à présent cette mort précoce est restée inexpliquée. J'ai eu occasion, il y a quelques années, de disséquer un chevreau iniodyme, et j'ai constaté deux faits intéressants : la permanence du trou de Botal et celle du canal artériel. Ces faits, qui font obstacle à l'oxygénation du sang et qui, par conséquent, ne sont que très exceptionnellement compatibles avec la vie, suffisent incontestablement pour expliquer la mort dans ce cas particulier. Mais cette permanence d'un état embryonnaire de l'appareil circulatoire est-elle un fait général pour les monstres monosomiens? Cela est possible, sans doute; mais nous n'avons aucun motif d'affirmer qu'il en est ainsi, car nous ne voyons aucune relation entre les anomalies qui caractérisent les monstres monosomiens et un arrêt de développement de l'appareil vasculaire. C'est une question que je ne puis que poser, et que je soumets à la vérification des anatomistes.

Toutefois, je dois signaler un fait qui peut donner à cette hypothèse un certain degré de vraisemblance : c'est que, tandis que la viabilité fait complètement défaut à ceux de ces monstres qui naissent chez les mammifères et chez les oiseaux, elle appartient, au contraire, à ceux qui proviennent de la classe des reptiles. On a cité des tortues, des lézards et surtout des serpents affectés de monosomie et qui, malgré cela, avaient atteint l'âge adulte et présentaient les mêmes conditions de vie que les êtres normaux de la même classe'.

Or, dans l'organisation des animaux de cette classe, la circulation pulmonaire ne se distingue jamais complètement de la circulation générale, et par conséquent l'hématose est toujours imparfaite.

> Voir l'indication de ces faits dans le Traité de Tératologie, t. III, p. 184, 192, 196. La fréquence de ces faits chez les serpents a fait croire à Texistence d'une espèce dicéphale. Voir Lacépèdb, t. IV, p. 529. Édit. de 1828.

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