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L'on trouve dans les poètes latins de nombreux passages où ils vantent l’époque heureuse, l’âge d’or qui n'avait pas encore vu le partage des terres, la limitation des champs.
Virgile rappelle dans ses Géorgiques, ces temps fortunés (1).
Ante Jovem nulli subigebant arva colon ;
Ne signare quidem aut partliri limile campum
Fas erat.
De même, ces vers de Tibulle (2) :
Quam bene Saturno vivebant rege priusquam.
Tellus in longas est patefacta vias !
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Non domus ulla fores habuit ; non fivus in agris, Qui regeret certis finibus arva, lapis.
Et cette remarque de Sénèque, dans une de ses tragédies :
Nuilus in campo sacer divisil agros arbiler populi lapis (1),
(1) Géorg. Liv. I, v. 125 à 127.
(2) Tib., liv. 1, élég. LIL, v. 35 et ss.
(3) Sen. : Tr. Octavia. Voyez encore Ovide : Amor. I, eleg. 8, y, 42, ÿ
Ce ne sont là, assurément, que des traditions , des souvenirs vagues et presque inconscients ; il faut se garder de leur donner une importance qu'ils n'ont pas ; mais tout au moins faut-il leur reconnaitre la valeur qu'ont toutes les traditions et voir dans ces souvenirs l’indice d’un état antérieur qu'il eût été difficile d'inventer s’il n’avait pas existé (1).