‹ Recherches Sur La Purification De La LaccaseChapitre 4 sur 82 · EVE · texte numérisé non relu

EVE

aisée [15] : ayant préparé du suc de Luzerne, pauvre en manganèse et peu actif, il lui ajouta de faibles quantités de manganèse et put constater une augmentation de l’activité oxydasique.

Voici comment G. BERTRAND préparait le suc de Luzerne et comment il conduisait ses expériences

Plusieurs kilogs de Luzerne (Medicago sativa L.) au début de la floraison, étaient aussitôt broyés au mortier et soumis à la presse. Le jus obtenu, saturé de chloroforme, était abandonné à la coagulation dans l'obscurité ; après 24 heures, le suc était filtré puis additionné de deux volumes et demi d’alcool ; le précipité, égoutté, était repris par un peu d’eau ; il donnait un liquide limpide, jaune pâle, d’où un excès d’alcool (5 volumes) précipite des flocons presque blancs, faciles à recueillir, qui étaient séparés et desséchés rapidement dans le vide. Cet échantillon de laccase de Luzerne renfermait

Patadoséé Acdi0Ss mens 12,4 p. 100 - Matières organiques ........ 42,4 p. 100 Centres rss AE ae 45,2 p. 100

et une proportion de manganèse inférieure à 1 p. 50.000.

En dissolvant 0 g.,100 de laccase ainsi préparée dans 50 cm* d’une solution d’hydroquinone, on observait simplement une couleur rouge, même après 24 heures d’agitation continue au contact de l'air.

An contraire, si l’on ajoutait à la même solution 1 mg. de manganèse, à l’état de sulfate, il suffisait de 2 heures, pour voir apparaître les premiers cristaux de quinhydrone.

Les résultats quantitatifs étaient les suivants [17] :

Oxygène

fixé 1° Manganèse seul (témoin)......... ME directe 0 cm3,3 J0paccase de Luzerne Seule, 22.40%. :..:... 0 cms,2 3° Laccase de Luzerne et manganèse .......... 6 cm3,3

G. BERTRAND constata en outre que le manganèse ne paraissait pas être remplaçable par aucun autre métal,

ER, je pre

même par le fer. Des essais furent effectués, en substituant au manganèse divers métaux tels que : Fe, Al, Cr, Zn, Cu, Ca, Mg, K, à la dose de 1 mg. de métal, introduit à l’état de sulfate ; en acun cas le volume d’oxygène fixé ne dépassa quelques dixièmes de centimètres cubes.

THÉORIE DE G. BERTRAND [17]. — C’est en se basant sur les expériences précédentes et sur celles qu’il fit en collaboration avec MALLÈVRE [18] concernant le rôle du calcium dans l’action de la pectase, que G. BERTRAND crut pouvoir formuler une théorie sur la nature des diastases :

D’après lui une diastase doit être considérée comme un système composé de deux substances complémentaires l’une de l’autre

L'une est de nature minérale (manganèse pour la laccase, calcium pour la pectase) et capable à elle seule de produire la transformation envisagée ; c’est la « complémentaire active » (ou co-diastase). L'autre est de nature organique et altérable par la chaleur ; elle augmente considérablement l’activité de la première ; c’est la « complémentaire activante ». C’est ce que l’on dénomme maintenant apo-diastase.

La partie organique de la diastase servirait en quelque sorte de support colloïdal au métal qui serait ainsi entièrement divisé et aurait une surface de contact considérable.

Dans le cas de la laccase, G. BERTRAND explique le rôle du manganèse par le pouvoir oxydant des sels manganeux : ceux-ci, en solution aqueuse, sont partiellement hydrolysés : ils fixent de l’eau et donnent un acide libre et de l’oxyde manganeux :

RMn + HO = RH, + OMn (R = radical acide) ; mais l’oxyde manganeux OMn s’oxyde spontanément en présence de l’air; dans cette oxydation la molécule d’oxygène O, empruntée à l’air se trouve scindée en deux atomes : l’un est fixé sur l’oxyde manganeux :

OMn + O; = 0,Mn + O

PCT CEE

L'autre atome d'oxygène ainsi libéré se porte sur le corps oxydable (hydroquinone, par exemple) ; enfin l’acide qui provient de l’hydrolyse réagit sur le bioxyde de manganèse formé :

RH + O,Mn — RMn + OH, + O

Il y a libération d’un nouvel atome d’oxygène actif qui se fixe sur une nouvelle quantité du corps oxydable ; et, comme le sel manganeux primitif est régénéré, les mêmes réactions recommencent et se poursuivent ; dans ce Cy= cle de réactions, le manganèse du sel manganeux n’a d’autre rôle que de transfcrmer l’oxygène moléculaire en oxygène atomique beaucoup plus actif ; mais le pouvoir oxydant du sel manganeux varie beaucoup avec la nature de l’acide qu’il contient ; il est d’autant plus élevé que le sel est plus hydrolysable ou — ce qui revient au même — que l'acide est plus faible.

Partant de ces données, G. BERTRAND considère les oxydases comme des combinaisons spéciales du manganèse dans lesquelles le radical acide, probablement de nature protéique, et variable suivant le ferment considéré, aurait juste l’affinité nécessaire pour maintenir le métal sous la forme la plus propice au rôle qu’il doit remplir.

Le manganèse serait donc le véritable élément actif de de l’oxydase, celui qui fonctionne comme activateur et convoyeur d’oxygène.

La matière organique, de son côté, en dehors du rôle qu’elle joue comme substance activante, apporterait à la diastase tous les autres caractères physiques et chimiques, composition élémentaire, comportement vis-à-vis des réactifs (alcools, sels) et des agents physiques (chaleur).

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