SE FEU
A. Travaux en accord avec la théorie de G. Bertrand.
1. TRAVAUX DE TRILLAT. En 1904, TRILLAT [103] publia toute une série de travaux sur les réactions oxydantes du manganèse, après avoir montré que ce métal possédait un certain pouvoir oxydant dans des milieux d’alcalinité déterminée. Cet auteur pensa trouver un complexe se rapprochant de la laccase de G. BERTRAND, dans le système « manganèse-matière protéique » en milieu alcalin ; il effectuait ainsi le premier essai de préparation de laccases synthétiques.
La présence d’albumine, de gélatine ou de certains autres colloïdes non azotés (gomme arabique, dextrine) dans des solutions de sels manganeux empêche leur précipitation par alcalinisation et l’action oxydante du manganèse est favorisée par la présence du colloïde.
TRILLAT considère ces associations comme de véritables oxydases. Elles jouissent en effet de propriétés analogues à celles des solutions oxydasiques naturelles, elles brunissent à l’air, donnent les réactions des oxydases, transforment le pyrogallol en purpurogalline, sont précipitées par l’alcool ; enfin la chaleur détruit leurs propriétés oxydasiques.
Pour TRILLAT ces expériences constituent une confirmation de la théorie de G. BERTRAND.
A la même époque A. et L. LUMIÈRE et CHEVROTIER [73] ont également préparé des oxydases artificielles par mélange de permanganate de potassium et de gomme arabique.
IT. TRAVAUX DE L. HUGOUNENCe et I. LOISELEUR [61]. -—
Ces deux auteurs ont effectué des travaux qui semblent également confirmer la théorie de G. BERTRAND ; ils ont préparé une oxydase synthétique de grande activité : le « glycogène manganique ».
Si l’on ajoute une solution de chlorure maganeux à
une pseudo-solution de glycogène pur, le cation se fixe
électivement sur la micelle ; si l’on alcalinise, l’hydrate manganeux reste fixé sur la micelle. Le colloïde obtenu est précipité par l’alcool, repris par l’eau et dialysé, précipité à nouveau par l’alcool et desséché dans le vide.
Le « glycogène manganique » ainsi obtenu fournit une solution légèrement jaune, brunissant à l’air, il est doué d’un pouvoir oxydant très marqué et permet de reproduire les actions oxydasiques naturelles avec leur intensité et parfois leurs modalités.
HUGOUNENCQ et LOISELEUR ont étudié l’action de ce glycogène manganique sur la benzidine, sur des phénols (en particulier le gaïacol) ; sur l’aldéhyde salicylique et Palcool benzylique ; ils ont pu mettre en évidence une certaine proportionnalité entre l’action oxydante du glycogène manganique et sa teneur en manganèse.
A côté des travaux précédents où le manganèse est considéré comme l’élément actif, un certain nombre d’autres publications ont attiré l’attention sur le rôle important que peut jouer le fer dans l’action des oxydases.
Ces travaux ne sont pas en contradiction avec la théorie de G. BERTRAND si l’on admet que celle-ci reste valable lorsqu’on remplace le manganèse par le fer.