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CHAPITRE II

Dialyse.

Connue depuis 1861, grâce aux travaux de Th. GRAHAM, la dialyse est encore aujourd’hui une des méthodes les plus simples de purification des colloïdes, elle a été appliquée aussi bien aux colloïdes artificiels, qu’aux colloïdes biologiques : protéines du sérum, toxines, préparations diastasiques. Elle consiste à séparer par osmose spontanée, à travers une membrane, les substances colloïdales non dialysables, des substances diffusibles qui les accompagnent.

Après avoir été quelque peu délaissée, cette méhode si simple en apparence, est maintenant fréquemment utilisée lors de la purification des diastases particulièrement pour séparer l’apo-ferment du co-ferment,

A. Inconvénients de la dialyse.

Le premier inconvénient de la dialyse est d’ordre technique. Tout comme pour l’ultrafiltration, la préparation de la membrane dialysante de qualité constante, présente quelques difficultés sérieuses. La diversité des techniques proposées en est une preuve.

Les différences des membranes utilisées quant à leur nature, leur structure, la grandeur des pores, sont peut

être la cause des nombreuses discordances entre les résultats publiés sur un même sujet.

BECHHOLD [11] a donné il est vrai, le moyen de vérifier la grandeur des pores d’une membrane dialysante, en effectuant la dialyse avec des colloïdes dont les micelles, ont des dimensions variables. Mais il résulte des expériences de ce même auteur et de celles de THOMAS et Mile KELLY [101] que la réaction du milieu modifie soit la grandeur des micelles, soit les pores des membranes .

Le deuxième inconvénient de la dialyse est qu’elle ne réussit jamais, si longue soit elle, à séparer complètement les colloïides des impuretés qui les accompagnent. On remédie aujourd’hui à cet inconvénient en faisant de l’électrodialyse ou ionophorèse, mais dans ce cas il faut au préalable, soumettre les colloïdes à une purification suffisante.

Le troisième inconvénient dé la dialyse, est sa longue durée. Si pour la purification de nombreux colloïdes le temps n'entre pas en ligne de compte ; pour les diastases, corps très labiles, la durée de la dialyse à son importance.

Un autre inconvénient de la dialyse, est la dilution importante qui en résulte pour les substances diffusibles et les colloïdes non dialysés. Lorsqu'on tente d’établir des bilans, cet inconvénient est très important, surtout pour les substances dialysables qu’il est impossible de doser à cause de leur grande dilution. On remédie à ces inconvénients, en utilisant certains appareils qui concentrent automatiquement le liquide dialysé (KopaczEwWsxI, Rus- SENBERGER). Pour concentrer les colloïdes, on peut aussi utiliser la technique de PIETTRE et VILA [88] en faisant des dialyses successives contre l’eau distillée et du sirop de saccharose D — 1,38 ou de la glycérine D — 1,27.

Ce rappel des inconvénients que présente la dialyse, permet de comprendre le labeur important qu’exige cette méthode si l’on veut aboutir à de bons résultats et l’on conçoit pourquoi cette méthode si simple en apparence est parfois négligée.

B. Purification des diastases par dialyse.

Malgré ces nombreux inconvénients, la dialyse a été utilisée par un certain nombre d’auteurs, pour la purification des diastases les plus diverses, et elle a fourni parfois, des résultats importants.

A) Elle à permis d'établir d’une façon indiscutable l'existence des co-ferments. Etudiant la lipase Maanus [75] en 1904, a soumis à la dialyse l'extrait de foie, le pouvoir lipolytique du foie diminue progressivement au fur et à mesure que se poursuit la dialyse et finit par disparaître. La préparation reprend son activité par addition d’un extrait de foie inactivé par la chaleur (présence d’une co-enzyme thermolabile).

Grâce à la dialyse, HARDEN et YOUNG [53] en 1906, montrèrent la présence de la co-zymase dans le suc de levure.

B) Le rôle de certains électrolytes dans l’action des diastases a pu également être étudié. Par cette méthode BIERRY, GrAJA et V. HENRI [23] en dialysant le suc pancréatique, inactivèrent l’amylase et la maltase de ce suc, l’activité était rétablie ensuite par addition de certains électrolytes. L’amylase du foie inactivée par dialyse, a permis à STARKENSTEIN [96] de montrer le rôle du chlorure de sodium dans sa réactivation.

C) Dans la purification proprement dite des diastases, la dialyse joue aussi un rôle important. KOPACZEWSKI [66] en 1912 étudia la maltase et constata que la dialyse fait augmenter tout d’abord le pouvoir hydrolysant de cette diastase qui passe par un maximum, puis diminue légèrement. Une prolongation de l’opération, n’amène plus alors aucune modification appréciable de l’activité.

WiILLSTÂTTER et RACKE [116] d’une part, EULER, d’autre part dans l’étude de la saccharase, font subir à des autolysats de levures des précipitations successives al-

cooliques, des adsorptions par les alumines, des élutions et terminent par des dialyses avec des membranes de collodion. Ils arrivent à l’aide de ces différentes méthodes de purification, à une saccharase dont ils ont fait l'analyse élémentaire,

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