CHAPITRE III
Ultrañfiltration.
Quoique la paternité du terme ultrafiltration revienne à BECHHOLD, cette méthode de purification des colloïdes, est restée longtemps cantonnée au domaine de la bactériologie. Elle était utilisée pour la stérilisation de l’eau ou des liquides qui ne pouvaient supporter l’action de la chaleur. En 1877, PASTEUR et JOUBERT, avaient recours au plâtre pour la stérilisation de leurs milieux. A. GAU- TIER employait des bouteilles en porcelaine, et, en 1884, CHAMBERLAND, faisait connaître ses bougies en biscuit, qui reçurent de nombreuses applications. Plusieurs modifications ont été ensuite apportées à ces appareils ultrafiltrants (GAROS, BERKERFELD). MARTIN, en 1896, filtrait ses solutions colloïdales en les faisant passer sous une forte pression dans des bougies Chamberland, préalablement imprégnées de gélatine ou de silice.
Cependant l’ultrafiltration n’était pas susceptible d’application étendues, parce qu’elle restait encore d’une technique compliquée. Lorsque en 1904, MALFITANO, montra la possibilité d'utiliser le collodion pour la préparation des membranes ultrafiltrantes, l’ultrafiltration devint alors une méthode précieuse pour l'étude des colloïdes et applicable dans les divers domaines de la biologie.
De nombreux auteurs parmi lesquels BECHHOLD, ZS1G- MONDY, THIESSEN, contribuèrent à son étude, et construi-
sirent des appareils ultrafiltrants aussi nombreux que variés.
A. Principe et but de lultrafiltration.
Basée sur un principe différent de la dialyse, l’ultrafiltration permet d'atteindre le même but, c’est-à-dire, la purification des colloïdes par élimination des substances ultrafiltrables qui les accompagnent. Elle consiste à faire passer une solution colloïdale à travers une membrane imperméable aux colloïdes. L'utilisation du collodion, rend relativement facile la préparation de ces membranes, qui peuvent être plus ou moins perméables et permettent de séparer les micelles colloïdales du milieu disperseur.
L’ultrafiltration présente sur la dialyse l’avantage d’être plus rapide, elle permet la concentration de la substance colloïdale à ultrafiltrer. L’étude du liquide intermicellaire devient beaucoup plus simple et plus facile, ce qui est d’une grande importance, lorsqu'on veut faire des études quantitatives. Cependant, tout comme la membrane dialysante, la membrane ultrafiltrante doit être homogène et toujours identique à elle-même, ces conditions difficilement réalisables constituent un grave inconvénient de la méthode.
Le mécanisme de l’ultrafiltration est encore peu connu, on a recours pour expliquer ce phénomène à plusieurs théories, dont les deux plus importantes sont : la théorie de la dissolution, et la théorie capillaire, que l’on trouvera exposés dans le traité de biocolloïdologie de KopaczEwskr. Même si l’on admet l’analogie étroite entre les membranes et un faisceau de tubes capillaires, il faut penser que l’ultrafiltration est la résultante de plusieurs phénomènes : actions électro-capillaires, orientation moléculaire (LANGMUIR) actions de surface, adsorption, etc...
B. Applications de lultrafiltration. Purification des diastases.
Grâce au collodion les applications de l’ultrafiltration se sont étendues dans de nombreux domaines. En bactériologie, elle permet la stérilisation des liquides, l’étude des virus filtrants. Dans l’industrie, elle permet la purification des colles, des gelées. En chimie biologique, elle a ouvert un champ nouveau à l’étude des colloïdes.
Cependant en ce qui concerne la purification des diastases, cette méthode ne semble pas avoir intéressé tous les auteurs. Sans prétendre citer tous les travaux sur les diastases où l’ultrafiltration a été utilisée ; rappelons que HOLDERER [59] en 1911 a étudié les conditions qui penvent influencer l’ultrafiltration des diastases, sur la bougie Chamberland F. La réaction du milieu semble la plus importante. HOLDERER a soumis à l’ultrafiltration la sucrase de l’aspergillus niger, l’'émulsine, la maltase, etc. Par l’ultrafiltration, Gabriel BERTRAND et HOLDE- RER ont montré l’existence dans la macération d’Aspergillus niger, d’une nouvelle diastase : la cellase.