‹ Recherches Sur La Purification De La LaccaseChapitre 7 sur 82 · CP: \ AS · texte numérisé non relu

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en désaccord avec l’hypothèse de l’intervention d’un métal (manganèse ou fer) dans l’action oxydasique ; nous allons examiner maintenant les critiques qui ont été adressées à ces divers travaux.

Critiques adressées à la théorie de G. Bertrand.

L'hypothèse émise et soutenue par G. BERTRAND a été accueillie avec quelque réserve surtout à l’étranger. OPPENHEIMER [87] fait remarquer qu’il semble prématuré de construire une théorie concernant le mécanisme des actions diastasiques ; d’après lui, la théorie de G. BERTRAND souffre du fait qu’elle met d’une façon trop exclusive, le manganèse au premier plan.

Pour WaARBURG le rôle de ce métal serait très limité en effet son action est faible et il manque souvent. En dehors des objections formulées contre la théorie de G. BERTRAND quelques expériences que cet auteur a effectuées pour appuyer son hypothèse sur le rôle du manganèse ont été l’objet de certaines critiques, en particulier la plus importante, celle qui a servi de base à la théorie, l’expérience de l’activation, par addition de manganèse, du suc de Luzerne inactif. Cette expérience a été reprise et étudiée par EULER et BoLiN [38] ; ces auteurs ont constaté que la partie active de la laccase de Luzerne (type medicago) est constituée par des sels de sodium et de calcium d’acides organiques : citrique, malique, mésoxalique, gluconique. Ils ont étudié la vitesse d’oxydation de l’hydroquinone en solution neutre, en présence de quantités variables de sels de manganèse et de sodium. En comparant les résultats ainsi obtenus avec ceux que fournit la laccase de Luzerne, ils sont arrivés aux conclusions suivantes :

1° L'action de la laccase n’est pas dûe à la réaction alcaline du milieu (contrairement aux données de Donny HÉNAULT).

2° La laccase examinée ne perd pas son activité par

ébullition ; elle est — ou elle renferme — un catalyseur mais pas un corps qu’on puisse appeler enzyme .

3° La laccase de Luzerne contient d’assez grandes quantités de sels d’acides organiques, et un certain nombre de sels de sodium de ces mêmes acides, qui activent l'oxydation de l’hydroquinone.

Le suc de Luzerne, préparé selon la technique de G. BERTRAND, fournit à la calcination une proportion élevée de cendres (45,2 p. 100), qui proviennent d’une part de sels minéraux, d’autre part de sels d’acides organiques ; ces derniers constituent une grande partie de la matière organique du suc (42,4 p. 100).

Lorsque G. BERTRAND ajoute du manganèse à son suc de Luzerne, l’absorption d’oxygène n'est-elle pas attribuable à l'intervention de ces sels d’acides organiques, catalysée par le manganèse ? G. BERTRAND [19] n’a-t-il pas démontré par ailleurs que l’activité du manganèse est d'autant plus marquée que l’acide auquel il est combiné est plus faible ?

Enfin, d’après Bayriss [9], il aurait été désirable d'établir que la laccase perdait son activité lorsqu'on la privait de son manganèse.

Critique des travaux défavorables à la théorie de G. Bertrand.

Les travaux qui sont en désaccord avec la théorie de G. BERTRAND ne sont pas non plus à l’abri de toute critique. Le fait de trouver des oxydases sans manganèse n’est pas suffisant pour faire rejeter cette théorie, surtout lorsque le procédé analytique employé pour la recherche du métal n’est pas soigneusement précisé.

Le travail le plus intéressant semble être celui de VAN DER HAAR qui, par une méthode originale, essaya d'obtenir une diastase dépourvue de manganèse ; mais en ce qui concerne la théorie de G. BERTRAND la portée du travail de VAN DER HAAR est diminuée par le fait que

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l’auteur a étudié une peroxydase et non une oxydase il a d’autre part, négligé d'examiner le rôle du fer.

Au cours de ces dernières années on a en effet admis que le groupe actif des peroxydases était la protohématine.” WILLSTÂTTER et ses élèves ont obtenu des préparations très actives de peroxydase du raifort ou du navet. Ces préparations de couleur rouge contiennent une certaine quantité de fer. Par la suite KUHN, HAND et FLORKIN [70] obtinrent une préparation très pure de peroxydase du raifort contenant une ferroporphyrine qu’ils considèrent comme constituant le groupement actif de la peroxydase. Ces résultats furent controversés par ELLIOT et KEILIN 136] qui prétendirent que toute l’hémine du raïifort et de sa peroxydase purifiée était à l’état libre et non reliée à un support colloïdal. Cependant en 1936, Tamar [99 bis] a montré que le fer de la peroxydase purifiée de pomme de terre n’était pas ionisable. SUMNER et HOWELL [98 bis] ont obtenu une peroxydase très active à partir du latex de figuier, peroxydase qui renferme de l’hématine combinée. Enfin IroH [63 bis] a montré que la peroxydase purifiée du raifort possédait le spectre ultraviolet d’un chromoprotéide hématinique avec les bandes d’absorption caractéristiques de la porphyrine et du protéide. La peroxydase apparaît donc comme une ferroporphyrine liée à un support colloïdal.

Par contre aucun des travaux destinés à contrôler la théorie de G. BERTRAND n’a permis jusqu'à présent d’énoncer un jugement définitif sur le rôle que peut jouer le manganèse dans l’action oxydasique. La diversité et l’incertitude des résultats communiqués par de nombreux auteurs sont liées en grande partie à des difficultés analytiques : des traces d’un élément (manganèse, fer, etc.) peuvent être responsables de l’activité d’une préparation diastasique ; il est alors extrêmement difficile d’affirmer la présence ou l’absence de l’élément en question sans une sérieuse étude préalable des mé-

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