‹ Recherches sur la réduction des composés nitrosés du Ruthénium et de l'OsmiumChapitre 17 sur 23 · GAZ HP TRE · texte numérisé non relu

GAZ HP TRE

Composés iodés.

Lorsqu'on dissout l’hydrate Ru?H?AzO(OH}3 dans

l'acide iodhydrique étendu on obtient une liqueur rouge

brun foncé; cette liqueur est instable; chauffée à l’étuve, soit seule, soit additionnée d’iodure de potassium, elle donne au bout de peu de temps un précipité brun foncé amorphe, soluble dans un grand excès d'acide iodhydrique; c’est vraisemblablement un oxyiodure provenant de la décomposition de l’iodure par l’eau; je n'ai pas réussi à obtenir des iodures complexes cristallisés correspondant aux chlorures et bromures précédemment décrits.

Il y a lieu de comparer ce résultat à celui qu'on obtient lorsqu'on essaye de préparer le sesquiiodure de ruthénium Ru? [5 ou Les sesquiiodures doubles Ru?1°, 4KI (‘), etc.

Azotites complexes.

Il n’a été isolé jusqu'ici que deux azotites doubles de ruthénium et de potassium (2); ils ont pour formules Ru?(Az0?)6,4 AzO?K etRu?O(Az0°)',8AzO?K,etsont en relation très étroite avec le chlorure double nitrosé ordinaire Ru AzO CI, 2 K CI; en effet ils se produisent tous deux par l'action d’un excès d’azotite de potassium sur le chlorure double nitrosé ordinaire, et inversement ils sont ramenés par l’action de l'acide chlorhydrique à l’état de chlorure double nitrosé ordinaire.

D'autre part, l’action d'un excès d’azotite de potassium sur le sesquichlorure double Ru?CI5, 4 K CI donne encore les mêmes azotites doubles; ces derniers sont donc en somme les seuls qui se forment dans l'action de l’azotite de potassium sur tous les sels haloïdes de ruthénium connus jusqu'ici.

Il était intéressant de chercher si cette même action de l’azotite de potassium sur les composés haloïdes qui viennent d’être décrits conduirait aussi aux mêmes azotites

(') Jouy, Encyclopédie chimique (Ruthénium, p. 165.)

(*) Jozy et VÈzes, Comptesrendus, t. CIX, p. 665. — Jozy et LErDié, Comptes rendus, t. CXVIL, p. 468.

doubles, ou si au contraire elle donnerait naissance à un nouvel azotite double contenant encore de l'hydrogène comme les sels haloïdes complexes servant de point de départ. -

C’est cette dernière hypothèse qui a été confirmée par l'expérience, comme on l’a vu plus haut (*), et on a vu également les conséquences importantes qui s’en déduisent pour l'interprétation de la constitution de tous les sels complexes précédemment étudiés.

XVI. — Azotite complexe d'hydrure de ruthénium et de potassium (?).

Pour préparer ce composé on traite une solution étendue et tiède du chlorure complexe de potassium et d'hydrure de ruthénium nitrosé, légèrement acidulée à l'acide chlorhydrique, par de petites portions successives d’azotite de potassium, jusqu’à ce que tout dégagement de vapeurs rutilantes ait cessé; la liqueur, d’abord rouge brun, est alors jaune orangé; après une concentration convenable à l’étuve, elle dépose par refroidissement de beaux cristaux jaune orangé d’azotite complexe qui ont la forme d’aiguilles allongées pouvant atteindre un demi-centimètre.

Ces cristaux sont très solubles dans l’eau, surtout à chaud ; leur solution, très stable à la température ordinaire, ne commence à se décomposer qu'après une assez longue ébullition, ce qui permet de les purifier facilement par cristallisations successives.

Chauflés vers 110°, ces cristaux perdent leur eau de cristallisation, mais sans subir la moindre trace de décomposition; ce n’est qu'à une température peu inférieure à 360° qu’ils commencent à se décomposer en dégageant de

(‘) Voir p. 30.

(2) BrizarD, Comptes rendus, t. CXXIX, p. 216.

la vapeur d’eau, de l’azote et du bioxyde d'azote et laissant comme résidu un mélange d’azotite de potassium et d'une matière solide noire qui contient tout le ruthénium.

La solution d’azotite complexe, additionnée d’un excès d'ammoniaque, ne parait subir aucune action, ni à froid, ni à chaud (t).

L'action de l’acide chlorhydrique (?) sur la solution de l'azotite complexe présente un certain intérêt dû à ce qu’elle reproduit le chlorure complexe qui a servi de point de départ pour la préparation de l’azotite, tandis que cette mème action de l’acide chlorhydrique sur les deux azoLiles Jusqu'ici connus donne le chlorure double nitrosé ordinaire. Cette réaction, lente à froid, plus rapide à l’ébullition, se fait avec un dégagement abondant de vapeurs nitreuses et peut être formulée :

Ru?H2(Az02)t, 3AzO?2K + 8H CI = Ru?H?2Az0 CI, 2H CI, 3KCI+ 24z0 + 4AzO?+3H20.

Toutefois, comme on l’a vu précédemment (?) le chlorure complexe ainsi obtenu n’est pas pur; il contient toujours un peu de sesquichlorure double Ru? Clf, 4 KCI dont la formation est due vraisemblablement à une des-. truction partielle dn groupe hydrure de ruthénium par les vapeurs nitreuses; cette manière de voir est confirmée par ce fait que, si l’on effectue la réaction précédente en présence d’une proportion de chlorure d’ammonium suflisante pour détruire les vapeurs nitreuses, le chlorure complexe obtenu est exempt de toute trace de sesquichlorure double;

(*) Il était intéressant d'étudier cette action et de voir si elle donnerait naissance à un azotite de ruthénosamine analogue à l’azotite de

platosamine qui se produit dans l’action de l’ammoniaque sur le platonitrite de potassium.

(2) Votr p. 20.

RÉDUCTION DES COMPOSÉS NITROSÉS. 97 la réaction peut alors être formulée :

3[ Ru?H2(Az02), 3AzO02K] + s0AzHtCI-+ 4H CI = 3[Ru?H2Az0 CI, 2H CI, 3K C1] + 38 Az + 39H°0.

Une solution d’azotite complexe potassique traitée par le nitrate d'argent donne, à froid, un précipité amorphe Jaune chamois ; c’est l’azotite double d'argent correspondant qui va être étudié plus loin.

Analyse. — Les cristaux d'azotite complexe ont pour

formule Ru*H2(AzO2)‘, 3AzO°K, 4H20, comme le

montrent les analyses suivantes :

FE. 0ë',7269 de matière, après avoir perdu o8",0712 par dessiccation à 110°, ont donné par réduction dans l'hydrogène un résidu contenant du ruthénium et de la potasse plus ou moins carbonatée; ce résidu contenait 0f',2052 de ruthénium; l’eau de lavage, additionnée d’acide chlorhydrique, puis évaporée à sec, a donné 0%",2275 de chlorure de potassium contenant of%,1191 de potassium.

IL. o%",8951 de matière ont donné de même of",0886 de vapeur d’eau, 0%", 2524 de ruthénium et 0',2789 de chlorure de potassium contenant 0%",1460 de potassium.

[IL. 0%',5267 de matière, par calcination avec de l'acide tungstique et du cuivre, ont donné 57%*,22 d'azote à o° et 760".

IV, 0%",4958 de matière ont donné de même 53,98 d'azote.

V. 18,6210 de matière ont donné, par calcination après dessiccation à 110°, 0$',0569 de vapeur d’eau.

Trouvé.

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