‹ Recherches sur la réduction des composés nitrosés du Ruthénium et de l'OsmiumChapitre 7 sur 23 · V. — Dosage de l'hydrogène · texte numérisé non relu

V. — Dosage de l'hydrogène

L'hydrogène a été dosé par le procédé employé en chimie organique, c’est-à-dire à l’état d'eau, par calcination de la matière avec de l'oxyde de cuivre.

La calcination de la matière seule dégagerait déjà à peu près tout l’hydrogène à l’état d’eau, mais, pour plus de certitude, j'ai calciné la matière avec de l’oxyde de cuivre fin et fait passer les produits gazeux provenant de la décomposition sur de l’oxyde de cuivre chauffé au rouge sombre.

L'appareil, disposé comme pour un dosage d'hydrogène dans une matière organique, possède les organes nécessaires pour assurer une grande précision dans les mesures. Le tube à analyse est placé entre deux séries de tubes absorbants à ponce sulfurique; j’ai observé, en effet, qu'il est difficile d'éviter, pendant la décomposition de la matière, le retour en arrière d’une petite portion de la vapeur d’eau produite, même en ayant soin de faire occuper à la matière une grande longueur dans le tube à analyse afin de permettre une décomposition lente.

Le premier tube de la première série et le dernier tube. de la seconde doivent garder pendant l'expérience un poids sensiblement constant; une variation de poids du premier prouverait, en effet, une dessiccation imparfaite du gaz qui traverse l'appareil et une variation de poids du dernier indiquerait une absorption incomplète de l’eau produite dans la réaction.

D'autre part, au lieu d'entraîner la vapeur d’eau produite par un courant d'oxygène, comme on le fait d’ordinaire pour les dosages d'hydrogène, j'ai employé un courant de gaz carbonique; l'oxygène présenterait, en effe, l'inconvénient de pouvoir transformer une partie du ruthénium en peroxyde Ru O' volatil qui irait se condenser

RÉDUCTION DES COMPOSÉS NITROSÉS. if

dans les tubes absorbants (!). Le gaz carbonique, préparé à l’aide de l’acide chlorhydrique, traverse, à la sortie de l’appareil producteur, une solution de carbonate de sodium destinée à arrêter la majeure partie du gaz chlorhydrique entraîné, et les dernières traces de ce gaz sont arrêtées par une éprouvette remplie de bicarbonate en poudre; le gaz carbonique est ensuite complètement desséché à l’aide de longs tubes remplis de ponce sulfurique, et il arrive ainsi purifié dans le premier tube témoin.

Avant de commencer l'analyse, il est nécessaire de dessécher soigneusement le tube à analyse en le chauffant vers 150° dans le courant de gaz carbonique sec; lorsque les tubes absorbants n’éprouvent plus, de ce chef, d’augmentation de poids sensible, on procède à l’analyse; on chauffe d’abord au rouge sombre les deux colonnes d'oxyde de cuivre qui se trouvent de part et d’autre de la matière et l’on chauffe ensuite lentement cette dernière de proche en proche.

Toutes les précautions qui viennent d’être indiquées sont indispensables sous peine d'obtenir des résultats tout à faitillusoires; Les matières que j'ai étudiées contiennent, en effet, 53, environ de leur poids d'hydrogène et, dans des conditions aussi peu favorables, les erreurs d’expérience pourraient atteindre facilement l’ordre de grandeur de la quantité à mesurer.

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