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Il est d’ailleurs très délicat de décider si la division a abouti à une reproduction. D'une part des tronçons sont susceptibles de survie très prolongée; ilen est ainsi parfois de petits fragments: si MORGAN (95) et HESCHELER (96) voyaient ordinairement les tronçons antérieurs moindres de 30 anneaux mourir en À ou 2 semaines, si les parties antérieures que j'avais séparées, de 3 à 17 anneaux, mouraient de 4 à 6j. (obs 8), par contre HESCHELER (96) a constaté sur une partie antérieure de 15 anneaux une survie de 1 mois, et d'après RIgveLz (96) un tronçon céphalique de 7-8 segments a pu reproduire l’anus ; dans mes observations des tronçons postérieurs de 5, 10, 20 anneaux sont morts de 2 à 20 j. (obs. 31), mais HESCHELER (97) a vu des fragments d’une dizaine de segments vivre 1, parfois 2 à 3 mois, et RIEVEL (96) a constaté la reformation de la bouche et de l'anus sur des fragments de 3 à 4 segments; mais cette survie des tronçons ne peut faire considérer la division comme l'équivalent d'une multiplication, sans qu'il y ait réintégration au moins partielle: D’autre part, le bourgeonnement surtout pour une ablation céphalique considérable se produit souvent plusieurs mois seulement après le sectionnement (obs. 7, 37), ou le bourgeon reste des mois sans augmenter sensiblement (obs. 27); en sorte que l’observation doit être prolongée aussi longtemps que l'animal reste en vie. Enfin, en captivité, les animaux se trouvent dans des conditions défavorables, comme le montre d'ailleurs Pélevage d'animaux entiers ; on peut se demander si l'absence de bourgeonnement, ou mème l'arrêt dans la régénération commencée ne tient pas à ces mauvaises conditions. H en résulte que si la scissiparité accidentelle chez les Lombrics parait fort douteuse expérimentalement, il ne faut transporter ces conclusions qu'avec prudence à ce qui se passe dans l’état de liberté. Par contre, il est à remarquer que, à côté de la régénération caudale naturelle si fréquente, la régénération céphalique naturelle paraît très rare, puisque HESCHELER n'en a observé qu’un cas sur un millier d'individus examinés.
Chez le plus grand nombre des Polychètes, la régénération céphalique, avons-nous vu, n'est pas très facile, mais cependant, d'après certains exemplaires naturels, elle paraît pouvoir se produire après la perte de parties antérieures assez grandes pour être ellesmêmes capables de se compléter ; effectivement Mesniz (96) a pu voir tout au moins bourgeonner des tronçons quelconques artificiels de Nerine cirratulus. Mais en somme chez les Polychètes nous manquons encore de documents suffisants.
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En résumé, la reproduction scissipare artificielle, presque confondue avec la schizogontie, chez les Syllidiens et les Naidiens, facile et probablement en même temps naturelle chez Lumbriculus, est tout au moins exceptionnelle et accidentelle chez les Lombrics, ainsi que probablement chez la plupart des Polychètes, bien que théoriquement et pratiquement elle ne soit pas impossible.
Régénérations successives.
Des régénérations successives sur le même animal peuvent être provoquées, chez les diverses Annélides, en enlevant plusieurs fois tout ou partie de la queue régénérée.
Chez les Limicoles à régénération facile, les régénerations successives peuvent se produire un grand nombre de fois sur le même animal : BonNET sur Lumbriculus l'a observé 11 fois pour la queue, et pour la tête un individu n’est mort qu’en formant un bourgeon pour la 9° fois; FRAISSE à vu un Naïdien reproduire la tête 12 fois de suite.
Chez les Lombrics, SPALLANZANI a obtenu des régénérations caudales successives, soit en sectionnant toujours au même niveau pour séparer le bourgeon seul et tout entier, soit en retranchant une portion seulement du bourgeon de manière à avoir finalement une queue formée d’une suite de parties successivement de plus en plus jeunes. HESCHELER a observé à l’état naturel des individus présentant deux régions’successivement plus jeunes. J'ai rapporté (obs.5, 9, 10 et 11) quelques observations personnelles sur les régénéralions caudales successives chez A7. fœtida ; comme je l’ai déjà indiqué, un bourgeon avancé à reproduit dans une troisième régénération, plus d’anneaux qu'il n'y en avait eu d’enlevés par la section ; je ferai également remarquer (obs. 11) que la régénération s’est produite après sectionnement d'un bourgeon à peine formé, point sur lequel j'aurai à revenir à propos de l’histogénie. — La régénération céphalique successive dans ce même groupe a été observée d’abord par SPALLANZANNI 3 fois pour le même animal. HESCHELER à de même obtenu des régénérations successives, 3 fois pour plusieurs espèces, exceptionnellement 4 et 5 fois pour AU. fœlida, où en même temps les cas de régénérations successives