‹ Recherches sur la Régénération chez les AnnélidesChapitre 14 sur 25 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'étude microscopique du bourgeon de régénération, malgré son intérêt, sans doute à cause de ses difficultés, a tenté peu d'observateurs ; et même parmi ceux qui l’ont entreprise, la plupart n'ont touché que des points spéciaux, ordinairement même d'une façon assez superficielle. Dans cet historique je ne m’occuperai généralement que des conclusions des auteurs relatives à la régénération caudale, qui seule fait l’objet de cette partie de mon mémoire. Par contre, en passant en revue les recherches d’histogénie, j'associerai la régénération et la schizogonie, deux modes dont les processus paraissent liés par des rapports si intimes.

SEMPER (77): [accroissement normal caudal et stolonisalion chez Naïs et Chætogaster]. — Tout le mésoderme provient vraisemblablement de l’ectoderme. Au côté neural se forme par prolifération ectodermique une plaque axile ; celle-ci se décompose en deux plaques mésodermiques séparées par une traînée cellulaire, homologue de la corde des Vertébrés, persistante dans toute la partie embryonnaire « chordazellen »>. La partie centrale du système nerveux provient d’un épaississement intersegmentaire de l’ectoderme, et les ganglions latéraux dérivent chacun de la partie de la plaque mésodermique correspondante la plus voisine de la ligne médiane, pour ne se mettre qu'ultérieurement, après leur segmentation, en rapport avec la partie centrale du névraxe ; cependant SEMPER exprime lui-même des doutes sur ce résultat imprévu ; dans la stolonisation l'axe nerveux participerait lui-même à la prolifération. Les fibres musculaires débutent par deux lignes médianes neurale et cardiale, comme chez les Vertébrés. 11 considère d’ailleurs comme un principe morphologique que dans des groupes homologues aucune partie ne peut naître d’une façon typiquement différente.

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v. KENNEL (82): [stolonisation chez Cfenodrilus pardahis|. — Le névraxe n’a de rapport qu'avec l’ectoderme; le mésoderme nouveau dérive de l’ancien. |

BüLow (83): [régénération caudale chez Lumbriculus]. — Le mésoderme provient de la prolifération au point de passage de l’ectoderme et de l’entoderme, et ses cellules se disposent en deux bandes germinales primitives. La chaine ventrale est d'origine uniquement ectodermique. Toutes les formations musculaires sont mésodermiques ; les fibres longitudinales forment des plaques neurale, latéro-ventrale, latéro-dorsale, cardiale. Entre ces plaques, des pénétrations eclodermiques donnent lieu aux sacs sétigères ventraux, à la ligne latérale, aux sacs sétigères dorsaux. Les organes segmentaires, les cellules hépatiques, les vaisseaux nés des lacunes, sont mésodermiques. Sont aussi mésodermiques les éléments à grands noyaux très colorables, qu'il considère comme les représentants des « chordazellen >» de SEMPER, et dont il n'indique pas le rôle ; de même les fibres de LEYDIG, qui peut-être proviennent des éléments précédents, et qui par leur origine mésodermique ne peuvent être ni des fibres nerveuses, ni malgré leur rôle de soutien des homologues de la corde des V -rtébrés d’origine entodermique. Le mécanisme de la métamérisation n’est pas étudié. L'auteur remarque que les principales différences de ses résultats avec ceux de SEMPER sont la formation ectentodermique (au lieu de ectodermique) du mésoderme, et l’origine ectodermique (et non mésodermique) des ganglions spinaux. Il conclut que les feuillets germinatifs du bourgeon de régénération caudale et de l'embryon sont homodynames, c’est-à-dire engendrent les mêmes organes el de la même manière.

Every (86): [régénération caudale chez quelques Polychètes, surtout Nephthys scolopendroïdes |. — Sur les premières ébauches du bourgeon, l’auteur ne se prononce pas absolument, mais croit plutôt à l'origine des couches indépendamment les unes des autres, à l’aide des couches de même nom des parties anciennes, les considérant comme équivalentes de celles de l'embryon, c'est-à-dire produisant les mêmes organes et les mêmes tissus. Le système nerveux nait et reste ectodermique; «les fibres géantes», apparaissant comme des espaces d’abord irréguliers et écartés par un transsudat, sont plutôt des sortes de canaux lymphatiques. Les soies sont ectodermiques, et chacune, même pour les acicules, provient d'une

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cellule. Les faisceaux musculaires longitudinaux sont d’abord séparés en segments métamériques, mais plus tard par l’allongement des fibres les faisceaux deviennent continus ; les muscles aciculaires proviennent de muscles circulaires déviés par allongement des soies. Les cœlomes métamériques se fusionnent sur la ligne médiane et la cavité générale n’est plus segmentée que latéralement. Les lacunes du tissu périentérique et intersegmentaire, se régularisant, produisent les vaisseaux longitudinaux et les ares transversaux ; ils acquièrent ensuite des membranes minces formées probablement par les cellules voisines ; les réactions différentes aux colorants du sang ct du liquide cavitaire ne semblent pas indiquer une nature identique pour les lacunes et les cavités cælomiques.

Pruvor (90) : | régénération céphalique et caudale, et stolonisation chez Syllis prolifera|. — Les bords de la section se rapprochent et se soudent. Les deux feuillets s’accroissent par leur propre prolifération. Plus tard le mésoderme, provenant de la division active des cellules péritonéales voisines de la section, s’introduit entre les deux feuillets. Les cirres caudaux sont d’origine exclusivement ectodermique.

Harriett RaNpozrH (92): [régénération caudale surtout chez Lumbriculus|. — L'ecioderme et l’entoderme résultent probablement de la simple prolifération des couches anciennes correspondantes. Ces couches se soudant, l'extrémité devient fermée, mais une ouverture se reconstitue ensuite par une invagination proctodœæale allant rejoindre l'intestin. Le mésoderme a une origine péritonéale : la plus grande partie provient de grandes cellules à grand noyau très colorable apparaissant du côté ventral contre le système nerveux, et qui ne seraient autres que les « chordazellen » de SEMPER; mais pour l’auteur ces cellules ne naïtraient pas de l'ectoderme et ne feraient que se multiplier à l’aide de cellules préexistantes « neoblasts », disposées chez l’adulte en traînée sur le péritoine de part et d'autre de la corde nerveuse, et probablement destinées à la régénération comme les œufs, de même origine, sont destinés à la reproduction; une autre partie, notamment le mésoderme dorsal, provient de petites cellules naissant de la division des cellules du péritoine au bord ancien; chez Naïs et Chæœlogaster les zones de bourgeonnement, remplaçant ces néoblastes, proviendraient de même de la multiplication des cellules péritonéales. — L’ectoderme s’épaissit à la face ventrale ; les noyaux

profonds se disposent, de chaque côté dela ligne médiane, en cinq groupes, ébauches de la chaîne nerveuse avec formation ultérieure des fibres musculaires, des néphridies, des sacs sétigères ventraux, des organes de la ligne latérale, des sacs sétigères dorsaux. Sur tout le pourtour du bourgeon, des petites cellules provenant du péritoine : les unes appliquées contre l’ectoderme, devenant fibrillaires, forment tous les muscles circulaires ; d’autres les muscles longitudinaux dorsaux ; enfin les autres produisent un tissu làche ; c'est de ce tissu que provient par creusement le vaisseau dorsal, d’ailleurs d’abord double. Le mésoderme ventral, dérivé des néoblastes, est d’abord un massif compact, qui se divise en deux de chaque côté: la masse interne se creuse, et par fusionnement donne la partie ventrale du cœlome, dont la paroi profonde développe le vaisseau ventral; la masse latérale forme la partie latérale du cœlome et par sa paroi superficielle les muscles longitudinaux ventraux.

v. WAGxER (93) : | débuts de la régénération d’après des observations faites par lui-même pour la régénération céphalique et par L. ScHMIDT pour la régénération caudale, chez Lumbriculus|. — L'auteur conclut qu’il n’y a pas d’invagination ectodermique, mais que l'intestin va rejoindre la peau et s’y ouvrir, en sorte que la partie terminale (comme aussi la partie antérieure) de l'intestin est elle-même d’origine entodermique.

MALAQUIN (93) : [régénération chez Eusyllis monihicornis, Syllis hyalina ; siolonisation chez Myrianide, Autlolytus Edwardsi|. — L'auteur n'indique pas l’origine du mésoderme ; il fait dériver de la nouvelle somatopleure toùs les muscles, et, par des amas spéciaux, les néphridies el les organes génitaux. Dans la stolonisation, il indique la formation hâtive dans l’ectoderme des acicules et des soies, à la base desquels se trouve une cellule productrice.

Makarow (95): | formation caudale de nouveaux segments chez Tubifex Bonneti|. — Le mésoderme primaire se constitue à l’aide de cellules dérivées de deux évaginations creuses entodermiques au pourtour de l'anus. Le mésoderme secondaire provient de deux épaississements latéro-ventraux ectodermiques s'enfonçant sous forme de grandes cellules ; en se creusant il forme les cavités du corps. D'un épaississement médian ectodermique, passant ensuite en profondeur, se développe l’ébauche nerveuse. Un sinus disposé autour du tube digestif se sépare en vaisseau ventral, vaisseau

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dorsal et capillaires intestinaux; les parois des vaisseaux sont fournies par le mésoderme primaire, tandis que l’endothélium des cœlomes, avec les cellules chloragogènes qui en dérivent, provient du mésoderme secondaire.

FRIEDLANDER (95) : à propos de la régénération intercalaire des parties du système nerveux central du Lombric, l'auteur donne quelques indications sur l’origine des tissus de cicatrisation. Il pense, sans pouvoir l’affirmer, que la régénération provient de leucocytes qui, peu après la section, couvraient la plaie : ils se grouperaient en un tissu compact à nombreux noyaux, qui reproduirait la chaîne nerveuse et, par des cellules périphériques fusiformes, les fibres musculaires. Quant à l’épithélium superficiel délicat, qu'il n’a pu d’ailleurs que rarement découvrir à la surface de la plaie, il résulterait, sans qu'il ait pu s’en convaincre, d'éléments amiboïdes émigrés des bords épaissis de l’ancien épiderme.

RIEVvEL (96): [débuts de la régénération céphalique et caudale chez Ophryotrocha puerilis, Naïs proboscidea, Allolobophora fatida, AU. terrestris, Lumbricus rubellus.|— La paroi du corps se replie en dedans. Un « granulationsgewebe > provenant de migration des cellules de l’ancien mésenchyme ferme la plaie et est bientôt recouvert par l'épiderme. De son côté l'intestin qui d’abord s'était fermé se rapproche de l’épiderme, qui reste passif, el lui envoie plusieurs prolongements; l’orifice se produit enfin par rupture, mais sans invagination ectodermique. Le « tissu granuleux » se différencie notamment en grandes cellules avec noyau clair et nucléole très colorable, et (d'après Naïs) en cellules fusiformes disséminées formant réseau par leurs prolongements, et parfois immédiatement sous l’épiderme en ébauches musculaires.

Dans deux notes préliminaires (96), j'avais indiqué les résultats principaux de mes recherches sur le développement du bourgeon caudal, relatives surtout à A//olobophora fœtida et Nephithys, et aussi à Lumbriculus, Crirratulus. La seconde partie du présent mémoire n’est pas seulement le développement de cette note, car, depuis, mon étude a été étendue et par là aussi complétée sur certains points par de nouvelles recherches sur AU. fœtida, Cirratulus, Nephthys el sur de nouvelles Polychètes, notamment Aricia Mülleri, Phyllodoce maculata, Eulalia viridis, Typosylhis hyalina, Nereis pelagica.

HEPKE (96, 9"7). Presque immédiatement après ma communication préliminaire, paraissait une note de cet auteur, suivie bientôt du mémoire lui-même, sur la régénération céphalique et caudale chez les Naïdiens. — La paroi du corps et l’intestin se ferment par le rapprochement et la soudure de leurs bords respectifs. L'ectoderme provient de l’épiderme épaissi, et constitue l’origine de presque toutes les ébauches. La nouvelle calotte ectodermique en prolifération vient se souder avec l’extrémité aveugle de l’ancien intestin qui lui-même avait légèrement proliféré ; plus tard le cordon ainsi formé se creuse d’une cavité qui vient confluer avec une invagination -Ctodermique, d’où résultent l’anus et l'intestin terminal (comme la bouche et l'intestin antérieur). Le système nerveux est d’origine exclusivement ectodermique, l’ancienne chaîne nerveuse ne proliférant pas, et à son extrémité elle conserve ses relations avec l’épiderme; des fibrilles nerveuses apparaissent dans la partie dorsale de la chaine. Les muscles circulaires proviennent de l’ectoderme. Les soies dérivent de l’ectoderme par des ébauches qui s’'enfoncent dans celles des sacs sétigères. Le mésorderme naît de cellules émigrées de l’ectoderme dans la cavité du corps; le plus grand nombre de ces éléments se disposent de chaque côté et contre l’'ébauche nerveuse en une lame, qui bientôt et plus hâtivement que pour l'ébauche nerveuse se divise en mélamères de moins en moins avancés en arrière; de ceux-ci dériveut les bandes musculaires longitudinales, les sacs sétigères, les néphridies, les lignes latérales, les dissépiments, les cellules hépatiques et les vaisseaux par la formation de groupes cellulaires séparés dans chaque lame, comme pour le développement proprement dit. Aucun rôle formateur n'est dévolu à la série des « chordazellen ».

v. WAGNER (97), revenant sur ses conclusions antérieures relatives au Lumbriculus, tout en continuant cependant à maintenir que l’épithélium intestinal s'approche de l’épiderme et qu'il se produit une rupture au contact, considère maintenant (d’après la régénération céphalique) que cet orifice n’est que provisoire, qu'il y a plus tard une nouvelle soudure de l’ectoderme et de l’entoderme et qu'il se produit une invagination ectodermique, au fond de laquelle se creuse l’orifice définitif; ce qui contrairement à ses précédentes conclusions, rend le processus de régénération semblable au processus embryonnaire.

v. Bocx (97): [stolonisation chez Chætogaster diaphanus]. —

La participation d'une invagination ectodermique (réalisée, quoique courte, pour la bouche) n’a jamais lieu pour l'anus, qui se forme par accollement des deux parois, la ligne de séparation des deux épithéliums à structure épidermique ou intestinale se trouvant toujours à la marge de cet orifice. À part l'accroissement de l'épithélium intestinal par sa propre multiplication, la prolifération de l’ectoderme dans les intervalles musculaires, et aussi la prolifération de l’ancienne moelle nerveuse, donnent la masse d'où dérivent les autres ébauches : système nerveux, parois musculaires somatique et intestinale, cloisons, péritoine, néphridies, sacs sétigères auxquels l'auteur attribue une origine ectodermique, mais sans distinguer le bulbe du sac, et dont chaque soie aurait une provenance pluricellulaire,

HESCHELER (98): [régénération céphalique, surtout de AZolobophora terrestris et aussi de A7 caliginosa et de, Lumbricus herculeus]. — Un tissu cicatriciel est formé, d’abord de cellules lymphatiques, s’infiltrant partout, mais qu’il ne considère pas comme ayant un rôle formateur, puis de cellules fusiformes, probablement mésenchymateuses, dont il n’a pu découvrir l’origine. Bientôt un nouvel ectoderme vient recouvrir le tissu cicatriciel, et à la face profonde de celui-ci l'intestin rétracté rapproche ses bords et se ferme. Des cellules épidermiques émigrent dans le tissu cicatriciel ; à ce premier stade, pas encore de mitoses. Puis l’apparition de mitoses de plus en plus nombreuses indique une prolifération non seulement dans l’épiderme, mais aussi plus ou moins dans tous les tissus anciens, notamment dans le névraxe, même en des points très éloignés de la section ; plus tard, la prolifération paraît se limiter de nouveau à l’épiderme. Au moment de cette prolifération généralisée, apparaissent de grandes cellules à nucléole très colorable « Regenerationszellen »>, émigrant de l’épiderme et probablement aussi de l'intestin, du névraxe, des muscles. La bouche se constitue par un stomodœum. Des fibres nerveuses, à partür de l’ancien névraxe, s'allongent de plus en plus dans le bourgeon; ces faisceaux sont ensuite recouverts par un tissu nerveux, issu non de lames cellulaires, mais de cellules successivement émigrées, notamment des éléments à protoplasme granuleux et très colorable qui paraissent provenir de l’épiderme, et peut-être aussi des « cellules de régénération » elles-mêmes. Dans les couches musculaires en formation on reconnaît surtout les éléments

fusiformes du tissu cicatriciel. L'auteur trouve un accord remarquable entre les développements régénératif et embryonnaire, mais sur des points qui se trouvent tout à fait en dehors de notre sujet et du résumé précédent, à savoir, outre la formation d’une invagination ectodermique buccale, le point terminal d'apparition du cerveau, et l’époque plus lardive de formation du prostomium.

En partie avant (97) et en partie pendant (98) la publication du travail précédent, dans une série de notes préliminaires, je développais et j'étendais à de nouveaux types et à de nouveaux points les résultats consignés dans mes premières notes (96).

Dans cette revue des recherches sur le problème, d’ailleurs très difficile du développement régénératif, on ne trouve pas, du moins sur le sujet lui-même, un seul travail d'ensemble important. Certains auteurs n’ont publié que des notes ou des mémoires qui, pour être plus volumineux n’en sont pas plus fournis, et parmi leurs conclusions, il en est de vagues, peu appuyées, paraissant plutôt dictées par des probabilités à priori; d’autres n’ont étudié qu'un seul type, parfois à l’aide d’une seule série de coupes, ou n’ont abordé que quelques points. D'après les préparations la technique se révèle en général comme insuffisante. Dans tous les cas les dessins sont médiocres, en bien des points assez peu démonstratifs, ni d'exécution assez poussée pour être une représentation fidèle, ni assez nets dans leur simplificalion pour pouvoir remplir l'office de bons schémas.

TECHNIQUE

Aux divergences considérables des résultats fournis soit par les auteurs qui se sont occupés de l’Embryogénie des Annélides, soit par les quelques observateurs qui ont abordé l'étude histologique de la Régénération chez ces mêmes animaux, on peut juger de la difficulté du sujet, et de la nécessité d’une technique soignée.

Bourgeon. — L'étude du développement régénératif présente sur l’embryogénie les avantages de l’obtention des matériaux à la volonté de l'observateur et d’un maniment plus facile grâce au

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support formé par le corps ancien ; par contre, l'observation directe permettant de suivre l’enchaînement des transformations est beaucoup plus restreinte, l’état initial est beaucoup plus complexe, et l'évolution naturellement plus condensée.

La taille des bourgeons à étudier est très pelite: car, comme

pour les autres développements, non seulement l'intérêt se con- - centre dans les premiers stades, mais même, sur des bourgeons qu'on commence seulement à distinguer à la vue simple, la formation des organes est presque achevée et l'évolution n’est plus qu'une question d’accroissement. Mais le degré de développement étant assez variable au même âge, ainsi qu’il a été exposé précédemment (p.52), mais aussi pour la même taille des bourgeons, je n’ai pas employé ce mode d'indication risquée.

La réalisation de stades successifs de développement, le long d'un même bourgeon du sommet à la base, est une condition commode pour l'étude de son évolution. Mais il ne faudrait pas, comme l'ont fait certains auteurs, se borner à cette seule comparaison; en effet, il a été démontré précédemment (p.31) que l’augmentation des segments sur le bourgeon est limité, et il est possible même que très rapidement soit fixé intérieurement le nombre de métamères, dont l'apparition successive extérieure est plus lente : alors, au sommet du bourgeon, on n’observe pas nécessairement Les stades les plus jeunes, mais seulement Les plus en retard.

Types. — Les fypes, mis à profit pour cette étude de morphogénie et d’histogénie, sont les suivants par ordre décroissant d'utilisation : Alolobophora fœtida, dont je pouvais me procurer des bourgeons à volonté; tandis que pour les Polychètes les difficultés de récolte et d'élevage ont souvent trop limité pour certains points les objets d'observation: Nephihys, Aricia Mülleri (1). Phyllodoce maculata, Cirratulus, Nerine cirratulus, Typosyllis hyalina, Nereis pelagica, Eulalia viridis, Capitella.

Traitement. — Rejetant dans un Appendice de plus grands détails sur cette partie de la Technique, j'indiquerai ici sommairement les phases principales du traitement auquel les pièces ont été soumises: fixation par l'acide nétrique au 1/30 ou plus en

(1) Voir la note, p. 11.

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solution alcoolique au 1/3, ou l'acide chromo-nitrique alcoolique (lig. de Perenyi); coloration en masse par le carmin boraté alcoolique ; décoloration élective par une solution alcoolique à 70° d'acide chlorhydrique à 1 °,; inclusion dans la paraffine ; collage des coupes en série sur la lamelle par la dessiccation ; coloration sur coupes par une solution aqueuse d'hématoxyline, avec virage par le bichromate de polasse ; conservation à la résine d'Ammar.

Coupes. — Les pièces ont été débitées surtout en coupes longitudinales, plus instructives par les comparaisons qu’elles fournissent entre les parties de degrés divers de développement, et principalement sagittales, plus favorables et plus complètes, mais aussi frontales pour l'étude des organes latéraux. J'ai pratiqué peu de coupes transversales, ou même à mon grand regret pas du tout pour les bourgeons que j'avais en nombre restreint; ces coupes ne donnent pas de vue d'ensemble des systèmes d'organes, et au sommet du bourgeon,là où elles présenteraient le plus d'intérêt, elles se trouvent obliques à la paroi; mais surtout l'emploi exclusif de séries de coupes transversales est blàmable, et cette manière de procéder appliquée par certains auteurs, notamment BüLow (83), a eu, à mon avis, une influence néfaste sur leurs conclusions.

Les coupes en série ont été faites au 1/150 "/, à l’aide du microtome à bascule.

Optique. — L'examen microscopique des préparations a été fait à l’aide des objectifs apochromatiques de Zeiss 8 "4, et 2 ",, (immersion homogène) avec les oculaires compensateurs, respectivement 8 et 4.

Les dessins histologiques ont été exécutés à la même échelle, à l’aide de l'objectif à immersion 2 "/, avec oculaire 4, sauf deux avec même objectif, mais oculaire 2, et en employant la chambre claire, avec inclinaison latérale du microscope, déterminée par des essais préalables pour éviter les déformations; ainsi, non seulement le dessin est plus exact, mais on peut repérer pour l'exécution des grands dessins par plusieurs champs optiques (8 pour certains de mes dessins). L'emploi d’une chambre claire à petit prisme oculaire est particulièrement commode, parce qu'ilsuffit d'un léger déplacement de l'œil, soit pour ne conserver que l’image de la préparation

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et mieux l’examiner, soit pour régler à chaque instant l'intensité relative la plus favorable des deux images: j'ai pu ainsi exécuter un certain nombre de ces dessins directement à la plume, procédé peut-être plus imparfait pour l'exécution matérielle, mais plus fidèle et bien plus rapide.

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