‹ Recherches sur la religion des MalabarsChapitre 11 sur 75 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Les Malabars ont pour leurs enfants un amour qui va jusqu’à les perdre ; ils croiraient blesser la tendresse paternelle , s’ils les corrigeaient de leur libertinage ; aussi ces enfants s’adonnent-ils aux vices dès leur tendre jeunesse, et manquent-ils très-souvent de respect envers leurs parents. Les pères mettent cependant beaucoup de zèle à enseigner à leurs enfants les métiers qu’ils professent. Or, comme c’est la coutume des Malabars que le métier soit attaché à la caste, les enfants ne pouvant apprendre que le métier de leurs pères, chacun excelle dans son art. Il est difficile de trouver un peuple plus industrieux et qui fasse plus d'ouvrage avec si peu d’outils; on ne peut non plus refuser son approbation aux écoles où l’on enseigne aux enfans mâles à lire, à écrire et à calculer (3). Quant aux filles, on ne juge pas à propos de leur faire apprendre d’autre métier que celui de leurs mères... On ne peut dire que les Malabars aient un véritable amour pour leurs femmes ; il est vrai qu'ils se font honneur de ne les laisser manquer de rien, mais la dureté et le mépris qu'ils leur montrent prouvent assez qu'ils n’ont point d’affection pour elles, et qu'ils les regardent comme un méchant meuble dont on ne peut se passer à la maison. Aussi ont-ils coutume de dire, lorsqu'ils se

(1) Voyez Mœurs et Institutions des peuples de l’Inde , tome IE, p. 366 et 368.

(2) Voyez dans la suite de ces extraits le chapitre intitulé : Explication des cérémonies du mariage. Les Tamouls nomment la répudiation touroumbou , littéralement paille, parce que le mari la signifie en rompant un fêtu de paille dont un-bout est entre ses doigts et l’autre entre ceux de son épouse. E. J.

(3) Voyez sur ces écoles les détails donnés dans une des premières livraisons de l’Inde Française.

marient : « Je vais acheter une femme. » En raison de ce même principe d’indifférence , les maris ne communiquent presque jamais à leurs femmes les affaires du dehors, et leur parlent moins encore des sujets de peine et d’affliction qu’ils peuvent avoir. Les Malabars entretiennent encore un grand

nombre de femmes qui font profession publique du vice de l’impureté (r) ; ils commettent le péché avec elles sans honte et sans scrupule.

Page 1