CHAPITRE XIX
Première grossesse des femmes.
Le septième mois de la première grossesse des femmes, on célëbre une cérémonie solemnelle (1). On dresse , comme dans les autres occasions , une espèce de tente au milieu de la cour de la maison ; le mari envoie du bétel à tous ses parents et amis pour les convier à la fête. Aussitôt que tout le monde est aësemblé sous la tente, on fait du riz pongal; on met ce riz sur des feuilles de figuier, on y ajoute des morceaux de figues pilées , du sucre et du beurre en forme de libation ; on présente cette offrande aux dieux ; on casse un coco en sacrifice à Prllaiyér ; on passe ensuite une guirlande au cou de la femme enceinte, on la pare de plusieurs joyaux et on la fait asseoir : on apporte alors devant elle un plat sur lequel il y a du riz et un autre plat où il y a du safran et de la chaux délayés dans de l’eau; toutes les femmes , l’une après l’autre, prennent ces plats et les passent trois fois devant le visage de la femme enceinte, pour la délivrer des sorts et des maléfices que de mauvais regards auraient jetés sur elle ou sur son enfant : on apporte enfin un autre plat dans lequel il ÿ a du lait, et l’on remet aux assistantes des pièces d’or ou d’argent ; la femme enceinte se courbe, tenant les bords du plat entre ses mains, puis chacune de ses amies, l’une après l’autre, prend une de ces pièces et la lui pose entre les épaules. L’intention de cette dernière cérémonie est de souhaiter à la mère et à son enfant les bénédictions de la déesse Latchimi, c’est-à-dire une grande abondance de biens, et d'obtenir à l’enfant un heureux destin (2).
Les femmes chrétiennes observent toutes ces cérémonies , lorsqu'elles sont enceintes pour la première fois; le seul point sur lequel elles diffèrent des gentiles, c’est qu’au lieu de l’idole de Pillaiyär, elles placent devant elles l’image de la Vierge, en l'honneur de qui, disent-elles, se font toutes ces cérémonies...