CHAPITRE XXIII
Imposition du nom.
Dès que la cérémonie de la présentation est terminée, on s’occupe de celle qui a pour objet de donner un nom à l’enfant. Les brahmanes examinent l’observation horoscopique faite à sa naissance (4), et choisissent un nom qui soit en rapport avec la constellation qui y a présidé : ce nom est toujours celui de quelque divinité (5) ; comme la première syllabe du nom de quelqu’une des vingt-
qui commence un voyage vers l’ouest le vendredi , vers l’est le lundi et le samedi , vers le nord le mardi et le mercredi, vers le sud le dimanche et le jeudi ; ces prohibitions religieuses, nommées choülam , sont d’ailleurs adroitement éludées dans la pratique par les Tamouls ; s'ils se touvent obligés d'entreprendre quelque voyage un jour néfaste, ils le commencent la veille en allant passer la nuit dans la maison d’un de leurs amis située à une des extrémités de la ville. On se moque, dans un drame satirique sanskrit, le Häsydrnava (océan de railleries), d’un brahmane ignorant qui, prié d'indiquer un jour heureux pour entreprendre un voyage, désigne comme les plus propices le jour et l’astérisme qui présagent une mort prochaine. E. J.
(1) L'auteur, qui avait exactement suivi l’ordre des samskéra ou cérémonies purificatoires, omet ici le djétakarma, dont l'acte principal consiste à présenter au nouveau né du beurre clarifié dans une cuillère d’or, avant de couper le cordon ombilical ; cette cérémonie n’est célébrée que par les brahmanes : les individus des autres castes se contentent de faire porter à leurs amis par le blanchisseur de la maison l’heureuse nouvelle de la naissance d’un enfant. E. J.
(2) Tous les membres de la famille doivent aussi se purifier en se baignant et en se frottant la tête d'huile, E. J.
(3) Il faut observer que cette cérémonie, qui n’est qu’une suite de celle de la purification , se célèbre, ainsi que le némakarma , immédiatement après que la mère a bu le panjagaviyam , c’est-à-dire le onzième jour après la naissance. On ne peut se méprendre sur l'intention religieuse qui a porté l’auteur à nommer inexactement cette cérémonie presentation. E. J.
(4) Si les brahmanes trouvent dans le thème de nativité quelque fâcheux présage , ils célèbrent une cérémonie déprécatoire qui consiste à répandre du riz en offrande vers la région méridionale , la voie des hommes après leur mort, à remplir d’eau neuf vases en l’honneur des neuf planètes, et à répandre l’eau contenue dans ces vases, à travers une passoire percée de cent trous , sur la tête de l'enfant , de son père et de sa mère. Je ne trouve que dans Sonnerat les détails de cette cérémonie particulière. E. J.
(5) Get usage est conforme aux textes de lois : le commentateur du code d’Yédjñavalkya dit que le nom imposé à l’enfant doit être dérivé soit de celui de son grand-père ou de sa grand’mère, soit de celui de la divinité qui est particulièrement adorée par la famille ; il cite, à l'appui de son opinion, un texte de l’ancien législateur Shankha. L'usage des Tamouls est , lorsqu'ils ont perdu un enfant , de donner à celui qui naît ensuite quelque nom effrayant, pour écarter de lui les fâcheuses
influences des astres et des regards envieux. E. J.
sept constellations (qui sont autant de déesses résidant dans les douze signes célestes), se trouve toujours renfermée dans le nom propre , celui qui le porte y trouve un continuel souvenir du bonheur ou du malheur qui doit lui arriver. Cela fait, on remplit un bassin de riz, sur ce riz le brahmane officiant écrit avec un anneau le nom du mois, le nom de la planète sous l'influence de laquelle l'enfant est né, ainsi que le nom de divinité qu’on veut lui donner. On apporte ensuite une feuille de figuier, on élève dessus un petit monceau de riz; sur ce riz on place un pot d’eau dans lequel il y a quelques feuilles de manguier , et sur l'embouchure du pot, un coco entier : le brahmane officiant récite des prières sur l’eau pour la consacrer; il prend pour aspersoir les feuilles de manguier et arrose de cette eau lustrale l'enfant et tous les assistants : il pose auprès de la feuille de figuier l’idole de Pillaiyär, lui sacrifie le coco placé sur le pot d’eau, et met les deux moitiés de coco sur une feuille de figuier chargée de figues , de bétel et d’arèques; il sème quelques fleurs autour de l’idole, et fait brüler de l’encens en som honneur : cette cérémonie se fait en disant plusieurs prières ; les brahmanes continuent ne tout le temps d’entretenir le sacrifice de feu qu’ils avaient commencé à la cérémonie de la présentation. Les brahmanes révèlent enfin au père le nom de l'enfant, et le père appelle trois fois, à haute voix, son enfant par le nom qui lui a été donné. Le chef de la maison présente, par politesse, du bétel à toute l’assemblée, puis fait quelques présents aux brahmanes, et chacun se retire. Il n’y a guère que les personnes riches qui fassent ces cérémonies (r)#e.