‹ Recherches sur la religion des MalabarsChapitre 25 sur 75 · CHAPITRE XXVIILI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIILI

Deuil des brahmanes et des Malabars.

Les brahmanes employés à des affaires séculières, comme au négoce, aux ambassades ou à d’autres offices , se laissent ordinairement croître la barbe et se couvrent la tête d’une toque. Ils ne se rasent le menton qu’à la mort de leurs plus proches parents; ils se rasent aussi, à cette occasion, la tête et toutes les parties du corps, excepté la place du koudoumbi (1). Les brahmanes qui exercent le sacerdoce et les fonctions religieuses se coupent de temps en temps la barbe, les cheveux et tous les poils du corps, le Æoudoumbi excepté, parce que, si pendant la célébration du sacrifice il tombait un poil de leur corps, ce poil, qu’ils regardent comme une chose morte, rendrait le sacrifice impur ; ils ont d’ailleurs toujours la tête nue...

Tous les Malabars , à l'exception de quelques-uns qui portent illégalement une espèce de Aoudoumbti , se laissent croître les cheveux et la barbe; ils ne se les coupent que lorsqu'ils prennent le deuil de leurs plus proches parents. Comme c’est pour eux une espèce de luxe que d’avoir la tête couverte d’une toque de toile blanche ou enveloppée de quelques bandes d’étoffe , ils se tiennent alors la tête nue, et ne reprennent leur toque qu'après trois jours de deuil (2) : ils ne mangent point de bétel pendant tout ce temps. Le moment venu de déposer le deuil, les parents et les amis s’assemblent dans la maison de celui qui le porte; la personne la plus honorable de l’assemblée lui présente du bétel ainsi qu’à toute la compagnie, et chacun lui dit quelques mots de consolation. Les Malabars chrétiens observent également toutes ces cérémonies.

Quoique les brahmanes exerçant le sacerdoce aient coutume de se raser souvent la tête , le menton et toutes les parties du corps, ils ne laissent pas de se les raser exprès en signe de deuil à la mort de leurs plus proches parents; ils ne mangent point de bétel jusqu’au douzième jour, et ne sortent de leurs maisons que pour faire les cérémonies rapportées ci-dessus : personne ne vient non plus les visiter.

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