CHAPITRE IX
Irrégularités.
Qu'un individu né dans la caste brahmanique soit boiteux ou bossu, qu’il ait les yeux chassieux ou voilés par une taie, qu’il soit mutilé d’un bras, d’une jambe, d’une oreille, de quelques doigts des pieds ou des mains, qu’il soit camus, qu’il ait les narines obstruées, qu’il soit affecté de la gale, de la gratelle, qu’il ait la peau couverte de taches blanchâtres, ou qu’il souffre de quelque hernie, aucun de ces défauts corporels ne l'empêche de recevoir les ordres de brahmatchäri et de grihastha ; mais aussi long-temps qu’il en est affecté, il demeure inhabile à exercer les fonctions de son ordre dans toutes les cérémonies publiques de la religion ; il peut seulement célébrer les cérémonies et les sacrifices que les brahmanes ont coutume de faire dans l’intérieur de leurs maisons.
Ils reconnaissent une irrégularité qui provient d’une inclination naturelle à la violence. S'il arrive qu’un brahmane en tue un autre sans préméditation , tous les brahmanes s’assemblent et le condamnent à de rudes pénitences , comme de se baigner dans toutes les rivières sacrées et de leur offrir des sacrifices ; ils lui indiquent même les prières et les aumônes qu’il doit faire : jusqu’à ce que le coupable ait été complétement purifié par cette expiation, qui dure une ou deux années, il est incapable d’exercer son ministère dans les pagodes. Mais si un brahmane en tue un autre de dessein prémédité , tous les brahmanes s’assemblent et üennent conseil pour en faire justice; ils lui coupent d’abord le koudoumbi et lui enlèvent le cordon, ce qui est une véritable dégradation. Ils le placent ensuite sur un âne , le visage tourné vers la queue de l’animal, et le chassent de leurs terres (3):