CHAPITRE VIII
La chasteté est une vertu si recommandable , qu’elle est estimée même des gentils; ceux d’entre leurs pénitents qui font profession de garder la chasteté, sont beaucoup plus révérés que les autres. Il y à dans la caste des brahmanes quelques brahmanes Lacharis (1) qui ne se marient jamais, et vivent, dit-on, très-chastement. D’autres de la même caste, après avoir été mariés, renoncent pour le reste de leurs jours aux plaisirs de l’union conjugale (2). Mais Dieu sait en quoi ces pénitents font consister leur chasteté. Ils se disent chastes , et ils font en particulier des actions qu’on n’oserait NnoOMMEr.......
Les mariages ne sont pas libres entre les Malabars; chacun doit se marier dans sa caste ou tribu , de manière que les héritages ne se confondent point ; il leur est expressément défendu de contracter mariage avec les nations étrangères , qu’ils regardent comme immondes et maudites. Ils sont sur tous ces points d’une telle rigueur , que si un Malabar ne trouvait point dans la ville où il demeure une fille de sa caste, pour la donner en mariage à son fils, il parcourrait toutes les terres malabares, ou le laisserait même sans femme , plutôt que de se mésallier. Si la fantaisie venait à cet enfant de se marier dans une autre caste, il serait aussitôt déshérité, chassé de la maison de son père, et dès lors aucune personne de son ancienne caste ne voudrait plus manger avec lui.