‹ Recherches sur la religion des MalabarsChapitre 9 sur 75 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le mariage n’est pas une charge pour les Malabars ; les femmes ne sont pas moins laborieuses que les hommes; tandis que ceux-ci sont occupés de la culture des champs ou de quelque autre ouvrage, les femmes préparent le repas et le servent à leurs maris, sans que la noblesse de leur extraction puisse les dispenser de ce devoir... Les femmes malabares ne mangent jamais avec leurs maris; elles se tiennent debout pendant le repas, afin d’être toujours prêtes à leur donner ce qui leur est nécessaire. Cet ordre est observé en toutes choses : ce sont les femmes qui rendent les derniers devoirs à leurs maris...

(1) Voyez dans la suite de ces extraits les chapitres intitulés : Vanaprasthas et Ordre des S'annyästs.

(2) Je conserve l'orthographe du manuscrit , parce que la forme régulière de ce mot ne m'est pas BUS 4 se peut que ce soit la modification tamoule d’un mot sanskrit /adjdjätchârf, qui n’existe cependant dans aucun dictionnaire , et que je n’ai encore rencontré dans aucun texte : les Tamouls peuvent avoir fait subir au mot ladjdjä , pudeur, honte, une altération dont on trouve des traces dans plusieurs autres mots dissyllabiques, et qui consiste à supprimer la voyelle désmente de la forme sanskrite, en allongeant celle de la première syllabe ; on aurait ainsi chchäri, prononcé lâtchäri. E. J.

La stérilité est un sujet de honte parmi les Malabars ; il n’est point de vœux et de sacrifices qu'ils n’offrent aux dieux pour obtenir des enfans {1). Si la stérilité continue , le mari peut épouser une autre femme, du consentement de sa caste : il ne laisse pourtant pas de garder chez lui sa première femme ; mais si la seconde a des enfants, elle devient la maîtresse, et l’autre n’est plus regardée que comme une servante, ce qui est une cause ordinaire de grands troubles dans la maison... Il. n’est point de passion plus violente chez les Indiens que celle de la chair ; presque toutes leurs chansons , leurs entretiens et leurs cérémonies de religion ne tendent qu’à l’impureté. Ce qui contribue plus encore à leur corrompre l'esprit et le cœur , c’est cette liberté de mœurs qui leur permet d’être toujours presque nus dans leurs maisons ; c’est l'exemple de leurs dieux qui ont été eux-mêmes des adultères et des gens adonnés à tous les plaisirs de la chair; c’est le grand nombre de nudités et de représentations obscènes qu’ils conservent dans leurs pagodes , dans leurs maisons, et auxquelles ils adressent des cérémonies qui font horreur.

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