‹ Recherches sur la Rétention du Placenta dans l'AvortementChapitre 11 sur 47 · DL (4 PATES · texte numérisé non relu

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heures, quelques jours, perd un petit peu de liquide san-

guin, puis tout s'arrête el rentre dans l’ordre. Au bout d'un certain temps surviennent tout à coup des hémor-

ragies plus ou moins abondantes, des contractions

utérines douloureuses et fortes comme pour un nouvel accouchement, et ce nouveau travail aboutit à une expulsion complète du placenta.

On trouve alors à l'examen un organe frais, rose, sans odeur, sans altérations et admirablement conservé. Avec l'expulsion du placenta cesse l'écoulement sanguin, l'hémorragie.

Le placenta, cependant, ne conserve pas toujours l’aspect que nous venons de voir. Dans beaucoup de cas, lorsqu'il est expulsé tardivement il présente à l'examen certaines modifications, apparaît moins volumineux, raccorni comme un morceau de cuir desséché, de coloration blanc grisâtre et a la forme d’une galette aplatie comme l’a dit Tarnier.

L'observalion suivante nous montre un exemple de ce

genre OBSERVATION

Rétention de quatorze mois. — Expulsion spontanée. — Aspect du placenta.

M'eC..., âgée de 25 ans, a eu une perte de sang peu abon-

dante, mais continue depuis dix mois; faiblesse et pâleur extrêmes, bruit de souffle, tous les symptômes d'une chloro- -anémie excessive.

Toutes les dou sur les antécédents ne donnèrent aucun renseignement sur la cause de cet état pathologique. La malade disait ne Jamais avoir souffert du côté des organes génitaux, à

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l'examen desquels elle se refusait. Tous les autres appareils n'offraient rien de particulier; on ne voyait, comme indication à remplir, que l'usage des toniques: le fer, le vin, la cannelle, le quinquina furent prescrits. Sous l'influence de ce traitement, l'état général s'améliore.

Au bout de quatre mois, quelques douleurs se manifestèrent tout à coup à la région sous-ombilicale. La malade accusa un sentiment de pesanteur et de-resserrement dans le bas-ventre. Les organes génitaux furent enfin explorés. Les parties internes

nef

étaient molles, souples, un peu de sang s’écoulait par le vagin; le doigt rencontrait le col dilaté en partie; un corps assez mou y était engagé et faisait une saillie dans le vagin ; la matrice était volumineuse, dure, et des contractions se manifestaient. Peu à peu le corps s’engagea de plus en plus dans l'orifice sous l’in-

fluence des contractions, et au bout de quelques heures sa sortie

fut complète.

D'un blanc sale, teint légèrement, très fétide, ce corps assez régulièrement arrondi, était de la circonférence d’une assiette à dessert à peu près, usé sur sa périphérie, se détachant assez faci-

lement sur ses bords, assez épais et assez résistant à son centre ;

il ressemblait, à l'intérieur, à de la viande cuite qu'on a laissée fermenter pendant quelque temps.

De distance en distance se trouvait, sur les . borde une matière blanchâtre et résistante, très semblable‘au tissu cellulaire mortifié de l’anthrax.

La malade avoua alors qu'étant devenue furtivement enceinte, elle avait fait une fausse couche prématurée à six mois; qu'à cette époque avait commencé la perte, qui dura quatorze mois, sans être accompagnée de la moindre gêne ni ue la plus petite douleur.

| Dés que le placenta, qui était resté pendant quatorze mois dans l'utérus, eut été expulsé, l'hémorragie cessa tout à fait, et la malade revint à une santé parfaite en très peu de temps. (/n :

craie, thèse de Paris, 1866).

HAS ANR

Certains auteurs ont prétendu que parfois le placenta ainsi retenu continuait à vivre el à se développer dans la cavité utérine : le placenta adhérent, dit Albert (1) dans sa thèse inaugurale, peut continuer à vivre dans la cavité utérine d’une vie particulière, et puis être expulsé ensuite par un nouveau travail, sans être putréfié grâce à cette vitalité qui l'empêche de dégénérer. Avec lui de nombreux auteurs soutiennent cette théorie.

Nous devons remarquer, s'il en est ainsi, qu'il ne peut s'agir, dans ce cas de rétention, que d'une nutrition incomplète et, pour nous, le placenta, au lieu de se développer, semble plutôt s'arrêter dans son évolution, s’atrophier. Il n'a plus, en effet, pour se nourrir la circulation fœto-placentaire, 1l lui reste simplement la circulation utéro-placentaire qui doit être bien réduite et qui est peutêtre même supprimée.

Nous croyons, pour résumer cette théorie, préférable

d'admettre, avec Tarnier (2), pour expliquer la conserva-

tion du placenta frais et intact, qu'il se produit Q une sorte de vie obscure, se maintenant par imbibition, comme cela a lieu pour les organes ou les tissus dépourvus de vaisseaux }.

Nous ne pouvons passer ici sous silence les théories de différents observateurs qui ont prétendu que le placenta pouvait rester indéfiniment dans la cavité utérine qui finissait peu à peu par l’absorber : d'où les théories d’ab-

(1) ALBERT. Des adhérences anormales du placenta, Thèse, Paris,

1878, page Gr.

(2) Tanwier. Loc. cit.

ot

/ sorption, de résorption, d’exfoliation insensible du placenta.

Guillemeau fut le prenuer, semble-t1l, à émettre la possibilité d'absorption du placenta en citant le fait d’une femme qui, à la suite d’un avortement, ne fut pas délivrée, devint enceinte quatre mois après et accoucha à terme. Après lui, Nœgele (1), en 1828, publia des observations dans lesquelles il attribua la disparition du placenta à son absorption. Velpeau admit sans contestation cette théorie de l'absorption et avec lui Maslieurat, Lagenard (1836), Villeneuve (de Marseille) (1837), Salomon, Stoltz, Paul Dubois, etc., etc. :

Plusieurs font cependant de prudentes réserves :

« Les relations de divers auteurs, dit H. Nœæet >), permettent de regarder comme un fait démontré la résorption du placenta (sorte de digestion utérine) après

l'avortement, mais il n'existe aucune relation authentique

de ce mode de disparition du délivre entier à l'époque de

la maturité parfaite de l’œuf; au terme de la grossesse la résorption ne peut porter que sur des portions isolées de. placenta restées adhérentes aux parois utérines ».

= Dans son manuel, Jacquemier (3), tout en admettant que l'absorption peut se produire, reconnaît cependant que le contrôle des faits cités par les auteurs est bien difficile: € La disparition du placenta par une espèce d'ab-

.@) Ces auteurs et suivants sont cités FFE la thèse de Gerbaud, loc. cit.

(2). I. Nœceze et W.L. Gnexser. Traité pratique de l’art des accouchements, Paris, 1869, page 626. à

6) JACQUEMIER. Manuel d'accouchements, ot

Na

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