‹ Recherches sur la Rétention du Placenta dans l'AvortementChapitre 21 sur 47 · LE · texte numérisé non relu

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Lorsque le col est bien dilaté, il excite la face interne de l'utérus ou bien avec une sonde, comme l'ont fait Faquet et Fritsch, ou avec le doigt introduit dans l'utérus, la main libre pressant sur l'utérus. Suivant la méthode de Heyder et Kalténbach, il exerce des tractions ou enfin il gratte avec. la curette jusqu'à ce qu'il ait vidé complètement l'utérus.

Il fait ensuite des injections a au perchlorure de fer ou d'acide phénique à 5 Pour 100.

Pour lui, la réussite est cerlaine et n’occasionne aucun. accident consécutif.

Bœters (1) (1877) conseille un « procédé innocent qui ne nécessite pas de dilatation préalable » : c’est le grattage de la cavité utérine avec la curette de Simon. A la suite de ce grattage, on procédera au nettoyage et au drainage de cette cavité pendant quelques jours.

Munde (2) n'intervient avec la curette que lorsque le placenta ou les débris restants sont volumineux. Dans le

2 Gas contraire 1l préfère une curette mousse qui est pour lui l'instrument par excellence et qui a été décrit par Gaillard Thomas pour le curettage de Futérus dans l'endométrite.

Il cite deux observations suivies de succès.

Fehling (3) préconise le grattage comme ses prédécesseurs ; on y ajoutera une injection intra-utérine d'une

forte solution phéniquée. Pour intervenir, il attend que

(1) Bærers. Centr. fur Gyn., n° 20, 1877.

(2) Muwpe. Centr. für Gyn., n° 6, 1878.

(3) Feuric. Ueber die Behandlung der Fehlgeburt (Arch. für Gyu., + XII). :

CPR

l'avortement soit décidément fatal, et on ne doit le faire que 12 ou 16 heures après l'expulsion du fœtus : € Si le col n’est pas dilaté, dit-il, on s'expose à faire des lésions internes, d’où absorption et infection ; on est obligé d’avoir recours alors au drainage de l'utérus. Si le col est perméable on peut se servir de la curette comme de tous les Instruments ».

Kuster d’'Iéna recommande d'abord de grands lavages, puis procède ensuite au grattage à la curette pour empécher les débris placentaires de donner lieu à des accidents ultérieurs, par exemple à des polypes fibreux.

Schwartz (1) propose, contre l'hémorragie de la rétention, un tampon qu'il laisse un ou deux jours en place et qui provoque l'expulsion du fœtus. S'il n'obtient pas de résultat, si le col n'est pas assez dilaté, il fait une injection intra-utérine de deux ou trois litres de liquide antiseptique, puis replace un nouveau tampon. Enfin en cas

de nouvel insuccès il dilate le col avec une tige de laminaire ou un dilatateur métallique et fait l'extraction manuelle, sous le chloroforme. Pour lui, les doigts doivent seuls agir, car @ les pinces ou instruments ne doivent intervenir que plus tard, en désespoir de cause ». En somme sa conduite peut se résumer ainsi : expeclalion. — Si hémorragie : tamponnement; si apparition de signes d'infection : intervention digitale, et, en désespoir de

cause, intervention instrumentale.

(1) Scuwarrz. Wolkmann's Sammelung, n° 241 (1884). :

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En Angleterre et Amérique, ces procédés violents de grattage (1) sont en honneur; mais les interventonnistes deviennent de plus en plus rares et les partisans de l’expectation deviennent chaque jour plus nombreux.

En 1867, Ramsbotham (2) recommande de faire tous ses efforts pour extraire l'œuf en entier sans le morceler : son opinion est celle-de Scanzoni.

Davis (3) prétend qu'il y a du danger à conserver ais l'utérus un placenta en décomposition, mais ne dit pas de

l'extraire. Pour lui des injections intra-utérines d’eau très

‘chaude sont suffisantes pour prévenir les accidents.

Churchill (4), Blundell sont des partisans de l’expectation tant qu'il n’y a rien de grave; mais s’il se présente des cas exceptionnelsils interviennent alors.

Dans ses Lectures of obstetrics (1858), Tyler Smith conseille d' boduf la main dans le vagin et un doigt

dans l'utérus. GI ne peut guère se présenter de cas, dit-il,

dans lequel l'embryon et les membranes ou débris de

membranes retenus dans l’utérus, ne puissent pas être

détachés et extraits avec le doigt. Le temps et la patience

sont quelquefois nécessaires pour celte manipulation ; mais elle n’a jamais échoué que Je sache ». Et il prétend n'avoir jamais vu d’ accidents succéder à cette pratique.

Priestly (5) partage l'opinion de Tyler Smith : pour

(1) Grattage— ausgratzung : veut dire gratter en enlevant le morceau. (2) Ramssoraam. Obstetric, medicine and Surgery, 5€ édition, 1867. (3) Davis. Principles and Practice of obstetric medicine (1836).

(4) Caurenicz. Theory and practice of midwifery (1866).

(0) PRIESTLx. Transact. of the Obstetr. papier London (1861).

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lui il faut intervenir au bout de six heures de rétention. On n’emploiera jamais l'ergot de seigle dans les cas de rétention.

Simpson après avoir abaissé l'utérus fait le curettage. Milne, Wilson sont aussi des partisans de l’intervention et conseillent et pratiquent l'extraction du placenta.

Macdonald (1) recommande l'intervention, mais seulement l'intervention digitale, et encore il faut, pour lui, qu'il y ait nécessité absolue.

Rasch, en 1878, présente à la British medical Associalion ‘un instrument en forme de pince destiné à extraire le placenta. Inutile de dire que cet auteur recommande par-dessus tout l'intervention instrumentale.

Barnes (1874) (2) considère comme première nécessité pour l’accoucheur de vider l'utérus de son contenu, après dilatation, si nécessité il y a, bien entente Le tamponnement vaginal est pour lui complètement inutile.

Angus, Playfair (3) n'admettent que l'intervention digitale et n’interviennent que rarement, quand ils y sont forcés.

Lusk (1887) (4) RO ARRUE À vider l' utérus aussitôt -

que possible afin d”° éviter les accidents consécutifs au séjour du placenta dans la cavité utérine.

P C à . re r 2 DE Nous allons terminer cette longue énumération d’au-

. teurs en citant les partisans de l'intervention qui ont sou- À € L \ ‘ :

(x) Macpoxarn. Obstetrical Journal of Great Britain (1886).

(2) Barnes. Obstetrics opérations, 1874.

(3) Pcayrarr. Treatise on the science and practice ofmidwifery, HU (4) Lusk. The science and Art ge midwifery, 1882.

tenu et préconisé cette méthode un peu dans tous les‘pays à des titres plus ou moins différents et autorisés : nous analyserons sommairement leurs théories et leurs méthodes. Sullivan, après avoir essayé dans quelques cas la méthode d’expectation, dit n’en avoir obtenu aucun bon résultat ; s’il était intervenu, pense-t-1l, 1l aurait eu plus de succès. D'où sa conclusion: intervenir rapidement et activement.

Bold préconise le curage qui lui a toujours donné de bons résultats : témoin de nombreuses observations. Moyer est du même avis et cite 61 observations suivies de succès, un seul cas de mort. Aussi pour lui le procédé de choix est-il le curettage.

Macan, dilatation du col par un tampon. On fera ensuite un grattage et un lavage de l'utérus au sublimé. Edis de Kent, irrigalion antiseptique après dilatation du col. ne Varner cite aussi des observations d’où il tire la conclusion que le seul et le meilleur moyen d'arrêter les hémorragies est de faire le curettage de l'utérus. Anuschat recommande un moyen de traitement qui lui a réussi bien des fois. On introduit dans le col, au début de l'avortement, une éponge phéniquée préparée. On Ja laisse en place 8 ou 10 heures. On introduit ensuite une deuxième éponge qui doit rester 10 heures en place. Enfin on complètera la dilatation avec une troisième éponge ou en se servant du doigt. On ajoutera à ces moyens . l'emploi de l’ergot de seigle que l’on donnera deux heures après. Enlever enfin l'œuf et laver avec solution phéniquée

à 3 pour 100 avec une seringue. i

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Spiegelberg (1) est partisan de l'expectation, mais 1l préfère intervenir par l'expression utérine. -

Hueter recommande le curettage de la cavité utérine. On enlèvera les débris qui restent ou le placenta en ffrant sur la curette de haut en bas.

Mathews Duncan vide d’abord l'utérus avec le doigt et le débarrasse de tous les débris placentaires qu'il pouvait contenir, puis il fait des injections intra-utérines.

Bergesio est partisan du raclage. On fera ensuite des injections de teinture d'iode pure ou mélangée de glycérine. Il cite à l’appui de sa méthode des observations où 1l a obtenu d'excellents résultats à l’aide de l'intervention.

W. T. Cheatham se rend compte justement des dangers auxquels est exposée la femme lorsque le placenta est resté dans la cavité utérine, aussi recommande-t-1l l’'intervention, Il a inventé un instrument en forme de cuillère fenêtrée, ovale, dont, les bords ne sont pas tranchants mais mousses. Avec l'aide de cet instrument, 1l détruit les adhérences de l’utérus avec le placenta et termine l’opération par l'extraction digitale ou instrumentale du placenta décollé. C’est donc un partisan de l'intervention.

Comme moyen d'hémostase, dans les cas d’hémorragie consécutive à la rétention, Marrxow (de Saint- Pétersbourg) préfère la curette à l'injection chaude intrautérine. Il la trouve plus sûre et plus pratique.

Enfin Spondy relate de nombreuses observations où

al est intervenu avec succès.

(1) SPIRGELBERG. Lehrbuch, 1877.

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Nous aurons l'occasion en discutant et exposant les méthodes d’expectation et d'intervention, de retrouver tous les auteurs dont nous venons d'indiquer simplement les théories: nous pourrons avec plus d'intérêt qu'ici discuter leurs diverses Opinions el apprécier leurs différentes méthodes.

Nous ne pouvons pas cependant terminer cet aperçu historique, sans citer les noms des auteurs qui, ces derniers temps, ont été partisans de l'intervention digitale ou instrumentale. Ce sera en quelque sorte un index certainement imparfait mais qui permettra au lecteur de compléter ses connaissances sur la question et à l’auteur de

faire un exposé historique aussi complet que possible.

} Nous citerons donc simplement les noms :

Allemagne. — fritsch, Rabenau, Hueles, Vert, Prochownitz, Osterloch, Pick (de Coblent:), Moser Konrad, C. Braun, Ploonies, Leopold Wotz, Kustner, Kuppenheim, Olshausen, Greuser, etc. (t).

Angleterre. — Robert Bell. Lawrence, Greely, Herwit, Murray, etc.

Amérique. — Warner, Hartwig, Sheck, Thomas, Nœggerath, Boldt, Walthen, Chadurck, ete.

Italie. — Tibone, Cosentino, Fasola, Bompiani.

(x) Cette dernière page d’index bibliographique est tirée en entier et résumée de la thèse de Lucas, 1890.

Corom8y: 7

DOS Russie. — Chomolgorow, Ghazan, Martinow, Lazarewilch, Jersykowsky, ete. |

Suisse. Vaucher, les deux Reverdin, Vuillet, Che-

nevières, Palru, etc.

Belgique. — Fraipont, Wallon, etc.

Nous arrêtons là nos citations et passons aux partisans de l’expectation.

Tous les auteurs dont nous venons d'analyser en quelques mots les théories et les méthodes ont émis les raisons les plus variées, cela se comprend, à l'appui de leurs opinions et de leurs procédés. Nous verrons, bientôt, en discutant les différentes méthodes, quels sont les arguments qu'ils ont fait valoir et ce qu'il faut en penser.

Aussi négligeons-nous à dessein les auteurs français

modernes que nous retrouverons bientôt et que nous

étudierons plus complètement de façon à tirer de leurs

conseils et de leurs enseignements de sages règles de conduite. ù

Nous allons donc terminer ce chapitre par l'analyse rapide des théories des partisans de la méthode d'attente, de l’expectation.

En Allemagne. — Kehrer (1) est un des fervents admirateurs de la méthode d’expectation. Selon lui, ilne

faut agir qu'à parur de la troisième ou quatrième semaine,

(1) Keurer. Aliniche Beitrage zur vergl. exper. Geburtskunde.

etil ne faut pas le faire, ilne faut pas intervenir tant que les lochies contiennent des agents infectieux, des microbes, même des lochies normales. Il serait done imprudent, selon lui, de pénétrer dans l'utérus et il y aurait plus de danger à le faire qu'à attendre.

Schrœder (1) défend d'intervenir et recommande d'attendre que le délivre soit expulsé. Il blâme toute intervention manuelle ou instrumentale.

Hegar, A. Martin (2) sont d’une méthode moitié active, moitié expectante, de même que Spiegelberg (Lehrbuch, 1822) qui est de leur avis.

Schwartz recommande l’expectation avec tamponnement:

Deutsche est partisan de l’expectation antiseptique. Pour lui on ne doit et il ne faut agir qu'en cas d'accidents de septicémie.

Tous ces auteurs, nous le voyons, n’ont pas une conduite franchement expectante et montrent dans leurs ouvrages beaucoup trop d'indécision.

En Angleterre, aux États-Unis, nous trouvons un plus grand nombre de partisans de l’expectation.

Meigs (3) considère l’expectation comme une méthode absolument exempte de tout danger et pour lui il vaut

$ E . . \ DE mieux confier la rétention aux soins de la nature qui s’en

tirera toujours mieux que l'opérateur.

() Scurœver. Traité, 5e édit. (r877).

(2) A. Marin. Leitfaden der Geb. operationen (1837). (3) Mercs. Obstetrics the science and the art (1863).

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Churchill (x) reconnaît qu'au début de ses travaux il a été indécis et timide, et que lorsqu'il est intervenu c'est bien qu'il y a été forcé: « Une plus grande expérience, dit-il, m'a fait moins craintif: je laisse la nature faire son œuvre dans ces cas: j'interviens quelquefois hâtivement, mais beaucoup plus à contre cœur ».

Hodge (2) est un peu du même avis: 1l veut bien attendre, mais, lorsqu'il ne peut pas faire autrement, à la dernière extrémité 1l intervient et extrait le placenta.

A moins d’hémorragie trop abondante et trop dangereuse il faudra toujours attendre : c’est la théorie de Leismann (3) et se tenir dans la réserve, l’expectation, si les membranes sont emprisonnées. Si l’on intervient, il faut tamponner le vagin, par exemple dans les cas d'infection : mais c'est pour lui un accident qui se présente très rare- . ment.

Avant lui plusieurs accoucheurs avaient recommandé cette prudence en prévision des dangers d’une intervention, et Denmau (4) écrivait ces lignes : & J'ai vu bien des cas où le placenta a été expulsé à différentes époques, la malade étant en parfaite santé... On a à craindre beau-

coup moins d'accidents de la rétention d’un placenta

putride que de tentatives faites au moyen des remèdes ordinaires ou de l'intervention manuelle ».

C'était aussi l'opinion du D' Walter Coles (de Saint-

(1) Caureuier. Theory and practice of midwifery (1866). (2) Hopcs. À system of obstetricts (1866).

(3) Leismann. System of midwifery (1875).

(4) Denmax. Introduction to midwifery (2° édit).

es, TON = Louis) (1) qui s’abstenait dans les cas ordinaires, les cas bénins, et n'intervenait qu'en cas d'urgence.

Pour lui, l'intervention était plus dangereuse pour causer l'inflammation de l'utérus que ne l’étaient la septicémie et l'hémorragie.

Burns partageait celte opinion et Dewees dans son (System of midwifery) soutenait qu'il état impossible d'intervenir: « Dans les cinq premiers mois, disait-1l, la cavité utérine est beaucoup trop petite pour admettre la main où deux doigts ou même un seul; en conséquence, toute tentative d'enlèvement du placenta faite avec la main seulement échouera presque toujours ».

Enfin Ingleby partageait cette opinion de Dewees et selon lui, avant le 6° mois il est absolument impossible de chercher à extraire le placenta : on n'y réussirait pas.

Nous terminons ici ce long exposé historique du traitement de la rétention placentaire post-abortive ; nous ver- rons plus en détail, à l’occasion des divers procédés de traitement, quels sont les auteurs qui les ont employés et les raisons qu'ils ont données pour défendre leurs théories

et leurs méthodes.

(x) Corxs (Saint-Louis). Courrier of médecine (1883).

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