III
D'après Gruson (1) le tamponnement arrête l'hémorragie et expulse le placenta. On fait un tamponnement, au bout de quelque temps on l'enlève: derrière lui doit venir le placenta. En cas d'insuccès recommencer et avoir toujours des tampons prêts sous la man. Il cite deux observations de Pajot, je vais en résumer une : € Grossesse de 3 mois et demi, avortement. Rétention. Hémorragie grave, essai infructueux d'extraction manuelle, instrumentale : l'écoulement continue. Tamponnement, arrêt de l'hémorragie, issue du délivre 28 heures après. Guérison. » ;
Goret (2) cite aussi des cas où l'hémorragie grave céda
trois fois à des lamponnements et amena la sortie du pla-
centa après { mois et demi de rétention.
Gerbaud (3) conseille de laisser le tampon en place au moins pendant 24 heures. Après ce temps 1l sera prudent de le retirer, pour deux raisons ; d’abord parce qu'il occasionne de la gêne à la femme et en second lieu parce qu'il peut devenir une cause, un foyer d'infection malgré toutes les précautions antiseptiques. L’'hémorragie cesse par production de caillots et contractions utérines. Il préfère les injections d’eau chaude.
Genesteix (4) est du même avis et recommande aussi
la plus rigoureuse antisepsie. Ce sont là, en somme, les
opimions de ses devanciers mais avec en plus cette insis-
(1) Grusown. Thèse, Paris, 1879, p. 37.
(2) Gorer. Loc. cit.
(3) Gerpaun. Loc. cit.
(4) Genesreix. Loc. cit.
EN LE ess va
tance à recommander de sérieuses précautions antisepliques.
Vibert (1) rejette le tamponnement car il est une menace, un danger d’hémorragie interne qui peut, dans certains cas où la femme se trouve dans un état accentué de faiblesse, amener une issue souvent fatale. Quant à susciter des contractions utérines par son contact c'est un peu illusoire. Il est de beaucoup préférable d'employer le procédé du curage digital.
Bourgogne (2) réfute les opinions de Leroux qui préconisait le tamponnement en ces termes : &« Ce moyen est des plus simples, il n’exige pas une longue préparation, on le trouve sans peine dans la cabane du pauvre comme dans le palais des grands. Il consiste à opérer une digue à l'écoulement sanguin par le secours de plusieurs lambeaux de linge ou d'étoupes, imbibés de vinaigre pur, dont on remplit le vagin et que l’on introduit même quelquefois jusque dans la matrice lorsque les circonstances l'exigent. » Bourgogne ne partage pas son avis et dit qu'autrefois le tamponnement, faute de précautions antiseptiques, occasionnait des accidents septicémiques, mais qu'aujourd'hui si l’on prend des précautions sérieuses, en le pratiquant, ces dangers sont moindres. Il faut cependant le bannir et le rejeter de la pratique si l’on veut éviter les accidents qui l’accompagnent en général lorsqu'il est mal fait : lésions
de la vulve, vagin, etc., qui sont des portes ouvertes à
l'infection. Enfin 1l reproche au tampon de produire, lors-
(1) Viserr. Loc. cit.
(2) Bourcoene. Loc. cut.