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les caillots expulsés: on me dit qu'on avait jeté, avant ma venue, un certain nombre de ces derniers.
N'ayant pas d’eau chaude à ma disposition, je fis le tamponnement du vagin avec de la ouate salolée, après l'avoir débarrassé des caillots à l'aide d'une injection phéniquée.
Rhum, thé. Le pouls se relève un peu, l'hémorragie semble bien arrêtée.
Le 5, à 9 heures et demie du matin, le tampon est enlevé. Plus d'hémorragie, le délivre tarde de plus en plus à sortir de l'utérus. Cathétérisme vésical. On ne remet plus de tampon. Trois grandes injections vaginales avec de l’eau phéniquée chaude sont faites dans la journée.
Le 6, apyrexie : pas d'odeur. |
Le 7 au matin, les annexes ovulaires sont expulsées spontanément. Apyrexie, toujours injection phéniquée. Le 8, journée bonne.
Le 9, la malade est prise subitement, à 8 heures du matin, d'une douleur vive dans le ventre. Celui-ci est légèrement ballonné.
Pas d'envie de vomir. Pouls à 80. Température à 389,5 ; écoulement utérin insignifiant, sans odeur.
Comme il n’y a pas eu de selle depuis l'avortement, on administre un lavement huileux qui amène une abondante évacuation.
Le soir, la malade se déclare bien mieux.
Le 10, température 37°,2 — 37°,3 ; pouls, 76; ventre souple, presque douloureux.
Les suites ont, dès lors, évolué sans le moindre incident. (Communiquée par le D' Puech.— Prise dans la thèse de Coste, Montpellier, 1896.)
OBSERVATION Insuffisance du tamponnement.
L..., 30 ans, entre le 14 octobre 1891, salle Gosselin, à l'hôpital Saint Louis, service de M.le D' Marchand, pour une fausse couche de 3 mois environ, faite dans les premiers jours de septembre. Depuis, pertes abondantes.
Le 14 octobre, malade véritablement exsangue. Pas de température. Col dilaté comme 5 francs. L'utérus est volumineux. | On sent un placenta non entièrement décollé, dans le col. Sur les conseils d’un accoucheur, on pratique, après un grand lavage au sublimé,un {amponnement intra-ulérin et vaginal, dans l'espoir que le placenta se détachera ainsi tout seul, sous l'influence des contractions provoquées par le tampon.
Le 16 octobre là malade va très bien. Pas de température ni d'hémorragie.
Le 17 octobre volent frisson le matin; la température s'élève brusquement à 39°,4.
Le tampon est enlevé: il sent très mauvais, bien qu'il ne soit en place que depuis 48 heures. Le placenta n'est nullement décollé. \
On pratique alors le curettage, et l'écouvillonnage de l'utérus. La température revient rapidement à la normale. (Tirée el résumée de la thèse de Guidez, de Lille, 1894. — Prise dans Lucas, Thèse, 1896.) Je
Comme procédé se rapprochant beaucoup du tamponnement qui souvent l'accompagne, nous croyons utile de citer 1C1 l'opinion de divers auteurs qui ont recommandé l'éponge montée comme traitement de l'hémorragie et de la rétention placentaire. Elle agirait d’après eux un peu comme
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le tamponnement.en suscitant les contractions utérines, en dilatant le col, contractions qui arrêtent l’hémorragie et font expulser le placenta.
in lisant quelques-uns de ces auteurs Je trouve un travail de E. Kreis (1), 1872, sur ce genre de procédé ; je vais le résumer en quelques mots: aussitôt qu'apparaît l'hémorragie, l'expulsion du placenta s'impose. Dans ce but 11 faut employer l'éponge montée. Celle-ci par une action mécanique agrandit l’orifice interne de l'utérus, suscite des contractions énergiques de cet organe en l’excitant et arrête l'hémorragie. Une ou deux éponges que l’on applique peuvent suffire. L'expulsion du placenta se fait souvent très rapidement, quelquefois elle peut être lente et accompagnée d'hémorragie : dans ce cas on fera le lamponnement du vagin. Kreis cite deux cas où il se servit avec succès de l'éponge.
(1) Eowix Kreiïs. Der Presschwamm ein Mittel zur spontanen Ausstossung der nach Abortus in toto Zurnñckgehaltenen Reppe (Berlin. Klin.
Woch., 1872), IX, 309- -B11.
S II. — Des injections vaginales.
SomMMatRE : Emploi précieux et pratique des injections vaginales. — Comment agissent-elles ? — Leurs effets. — Objections. — Action peu du-
rable. — Indications. — Leur utilité. — Observations.
Pour combattre les accidents hémorragiques, les injections vaginales chaudes ont été bien des fois d’un précieux secours, et ont donné souvent d'excellents résultats pour prévenir les accidents dus à la résorption des produits de putréfaction retenus dans la cavité utérine. Au milieu du siècle dernier, Recolin et Levret ont préconisé, contre l’'hémorragie du début, les injections vaginales chaudes. Depuis, l’eau n'étant plus suffisante. on à employé les liquides les plus variés : eau boriquée, phéniquée, sulfate de cuivre, liqueur de Labarraque, permanganate de potasse,
-sublimé. etc., dont nous verrons toute la valeur et l’action au chapitre de l’antisepsie. Au point de vue de l’hémorragie et de la septicémie, les bons résultats obtenus par les injections vaginales chaudes, la facilité du procédé à la portée de tous, sa simplicité, en ont fait un des moyens les plus rapides et les plus employés dans les cas d'accidents réclamant des soins immédiats et urgents. On fait d’abord une toilette vulvaire antiseptique, on vide le vagin des caillots qui le distendent et l’on fait une injection d'environ A5 à 5o°. — Cette injection chaude arrête l’hémorragie, elle suscite la contraction des fibres de l'utérus, de plus, le
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jet de la canule en frappant le col de l'utérus peut quelquefois, si les adhérences du placenta ne sont pas trop fortes, les rompre, amener le décollement du délivre etson expulsion au dehors.
Les injections agissent donc ici non seulement comme moyen d’hémostase, mais encore comme excitant l'utérus et favorisant son évacuation.
Les indications sont ici à peu près les mêmes que pour le tamponnement vaginal qui est employé parfois alternativement avec elles jusqu’à obtenir un résultat favorable en présence d’un accident quelconque.
L'action des injections vaginales n’est malheureusement pas assez durable, n’est que passagère et dans bien des cas elles sont insuffisantes mais ne sont jamais inutiles car elles peuvent parfois supprimer les élévations de température chez des femmes présentant des commencements d’odeur des lochies, de l’élévation de température, en un mot le début des accidents septicémiques : € Quand il y a lieu, dit Bar (3), d’accuser les plaies de la vulve, de la muqueuse vaginale d’être les portes d'entrée du poison, quand. il n'existe rien d’anormal du côté de l'utérus, 1l faudra procéder à la désinfection du vagin et modifier les plaies. Ici les injections vaginales rendront les plus grands services. »
Il est bien entendu que ces injections vaginales seront faites avec des liquides antiseptiques ou tout au moins de
l’eau bouillie stérilisée, comme nous le verrons plus loin.
(1) Bar, Cité par Ribemont, Dessaigne et Lepage, loc, éit,
| ll , \
Dans bien des cas, ces injections ont suffi à arrêter des hémorragies commençantes et enrayer la-:marche, le début de phénomènes infectieux : elles rendent encore de très grands services. Elles sont du reste, en général, suivies dans ces cas, d'injections intra-utérines plus radicales, mais aussi moins inoffensives.
Ci-joint une observation où ce traitement fut suivi de
guérison. 2
OBSERVATION
Avortement de 3 mois 1/2. — Injections vaginales chaudes. — Guérison.
M": V..., 24 ans, 2-pare, demeurant à Montpellier, pas d’antécédents pathologiques héréditaires ou personnels. 1"° grossesse à 20 ans, normale, accouchement à terme. Cette femme, d’après les renseignements, était au 3° mois de sa grossesse lorsque le samedi 2 février, se trouvant à table le soir, elle fut prise de coliques intermittentes de plus en plus fréquentes et intenses. Ces coliques s’accompagnèrent bientôt d’hémorragie. Pendant la journée du dimanche les coliques continuërent sans interruption ainsi que ÉHoornapie qui devint de plus en plus abondante. | Le lundi 4 février, même état. Le Dr Lavergne, appelé, trouve la femme inondée de sang, le vagin plein de caillots, le col béant, l'œuf non engagé.
Jrrigations vaginales très chaudes au ne - La femme est amenée à la clinique le lendemain matin mardi. 5 février. — La perte est maintenant moins abondante, le col largement ouvert, et dans son orifice le placenta engagé est facilement accessible. Pas de fièvre. Injections vaginales antiseptiques, chaudes, trois fois par Jour.
Mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8, même état, suintement
négligeable : pas de. fièvre.
Dimanche soir 10 février, perte assez Ent survenue brusquement et au cours de laquelle le placenta est expulsé spontanément avec quelques coliques. Ce placenta pesait 25 grammes. | 1e :
Le col s'est refermé progressivement. On n'a plus observé d'écoulement sanguin. La femme est restée apyrétique et n'a plus présenté aucun accident. Elle quitte la clinique le 13 lévrier, très bien portante. (Tirée de de Coste, "thèse, Montpellier,
S III. — Des injections intra-utérines.
Sommaire : Insuffisance des injections vaginales dès l'apparition des moindres signes d'infection. — Utilité dans ces cas des injections intra-utérines. — Critique. — Reproches s'adressant plutôt aux accoucheurs qu’à la méthode elle-même. — Mode opératoire des injections intra-utérines. — Température de l'injection. — Quantité. — Liquides antiseptiques employés. — Leur emploi doit être raisonné et prudent. — Accidents possibles. — Choix d'une sonde intra-utérine. — Eau chaudestérilisée employée en injections. — Observations.
Si l’on voitapparaître quelques accidents septicémiques, même imperceplibles, si la température montelégèrement, si les lochies, sans devenir fétides, changent d’odeur, il
faut aussitôt se mettre en garde contre de redoutables com-
plications : et alors ici, les injections vaginales ne suffisent plus, il faut avoir recours aux injections intra-utérines antiseptiques qui préviendront l'apparition des accidents de l'infection purulente.
Ce sera le rôle des injections intra-utérines.
Comment agissent les injections intra-utérines ?
En suscitant les contractions de l’utérus, en resserrant et en rétractant la tunique des vaisseaux, d’où arrêt de l'hémorragie. Ces contractions répétées et prolongées
finissent par détacher le placenta, hâtent la délivrance et
enfin entraînent au dehors les débris placentaires en putréfaction qui infectent l'utérus : on voit donc. son influence
sur l’hémorragie et la septicémie.