‹ Recherches sur la Rétention du Placenta dans l'AvortementChapitre 38 sur 47 · NO · texte numérisé non relu

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de {4 mois, mais qui, cependant n'avait pas d'accident, ne perdait pas et qui par suite de l'opération, en perdit une quantité que l’on évalua à 400 grammes, chiffre peut-être inférieur à la réalité car on fut obligé d’avoir recours à un tamponnement avec des éponges et à deux injections d'ergotine Tanret et à des injections d’éther dans la journée, une syncope élant survenue (Genesteix). ;

On a encore reproché à l’écouvillonnage les dangers qu'il y avait à l'abaissement répété du col (türaillement des ligaments, tendance au prolapsus), les dangers'de la dilatation préalable, là perforation de l'utérus, etc.

Nous ne partageons pas entièrement ces opinions car

nous trouvons ce procédé plus inoffensif que ses adver-

saires le prétendent lorsqu'il est fait avec douceur et anti-

sepsie ; mais nous croyons devoir lui reprocher de n'être pas toujours applicable. On ne peut pas en effet écouvillonner l'utérus si l’on a affaire à un placenta entier ou morcelé : on n'intervient avec l’écouvillon que s’il s’agit de débris de placenta ou de membranes, et on est obligé dans le premier cas d’avoir recours au curettage. M. Doleris le reconnaît lui-même, sans cela l'opération serait

inutile, car l’écouvillon manié par les mains même les

; plus habiles glisserait sur le placenta ou sur des parties

volumineuses de placenta sans les entraîner: et n’en ramènerait au dehors que de très faibles parties. L'observation

suivante est un exemple de cette opinion : l’écouvillon

décolla le placenta mais on fut obligé d’avoir recours aux

. pinces pour l’extraire de la cavité utérine.

OBSERVATION

Avortement de 4 mois. — Rétention du placenta. — Intervention le douzième jour.

Femme Theresa, 23 ans, institutrice, entrée salle Sainte- Marie, chambre B, le 19 mars 1886, dans le service du D’ Budin, suppléé par M. Champetier de Ribes d’abord, par M. Doleris ensuite.

19 mars. — À l'arrivée on constate un fœtus à moitié expulsé dans le vagin et retenu dans le col par la partie supérieure du tronc. Ce fœtus sort vivant une heure plus tard et dans la couveuse survit pendant cinq quarts d'heure.

Injection vaginale antiseptique tiède après l'expulsion du

fœtus.

: - Rétention du placenta. | Jusqu'au 3 avril, la malade soignée par M. Champetier a été tenue au lit ; des injections antiseptiques ont été faites régulièrement ; le placenta n'est pas sorti, le col se referme; mais la malade n'éprouve aucune douleur, n'a pas eu d'hémorragie dépassant en quantité quelques gouttes de sang. Enfin la température prise très soigneusement matin et soir a oscillé entre 370,0 et 2e 37°,6, cette dernière température est celle du soir d'un jour de ; visite.

Le 3 avril. — M. Doleris extrait le placenta par manœuvres $ chirurgicales, parce que l'opération est inoffensive en elle-même si on peut répondre de l'antisepsie et parce qu'elle a l'avantage ‘ de soustraire la malade aux hémorragies aléatoires et aux chances ; d'infections qui l'attendent presque inévitablement, à la longue, 1 ï : si oh abandonne l'expulsion du placenta aux seules forces de la 7 | nature. A : k Don ie Description rapide de l’opéralion. — La veille au soir un ‘à NUE . cône d'éponge préparée à la ficelle est introduit dans le col de.

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l'utérus pour le dilater. Gette éponge a été imbibée préalablement d’éther iodoformé qu'on laisse évaporer.

Le lendemain matin retrait de l'éponge préparée, antisepsie du vagin et introduction répétée d'un écouvillon dans la cavité utérine, la malade n'étant pas endormie. L'écouvillon décolle le délivre, le fragmente et ramène quelques caillots et quelques débris de placenta. À un moment retrait d'un fragment de membrane ramené par l'écouvillon.

Dilatation extemporanée du col par l'introduction d un ballon de Barnes ; introduction d'une pince spéciale qui ramène le placenta. Celui-ci est arraché avec peu de peine et après des tractions lentes et soutenues arrive enfin presque complet. Hémorragie de 4oo grammes de sang au maximum, arrêtée par l'introduction d'éponges dans le vagin et de deux seringues de Pravaz d’ergotinine Tauret. Il n’a pas été fait d’écouvillonnage - final car le délivre paraissait complet. On a négligé de prendre

le poids du placenta qui devait être de 150 à 200 ue environ.

Les précautions antiseptiques particulières sont les suivantes : les éponges introduites dans le vagin ont été imbibées d’éther iodoformé et desséchées ensuite par évaporation; les lavages et injections sont faits avec une solution de sublimé au millième.

* Une éponge enduite de vaseline non antiseptique a été introduite par erreur dans le vagin. Cette erreur inspire quelque crainte à M. Doleris pour l’antisepsie parfaite. |

La malade n'a pas éprouvé la moindre douleur.

Soins consécutifs. — Injections intra-utérines et vaginales fréquentes, aussi souvent qu'il paraît utile pour assurer une antisepsie vigoureuse.

Le 3 avril, à neuf heures du soir, expulsion spontanée d'un

petit fragment de placenta pesant 45 grammes et de Dre caillots. |

Le 5 avril, expulsion d'un fragment de membranes de quelques centimètres carrés.

Aujourd'I hui 6 avril, la malade ne souffre en aucune façon,

n'a eu de pertes de sang que de quelques gouttes seulement; la vulve et le vagin n'exhalent aucune odeur, le col est presque complètement refermé ; enfin la température depuis l'opération a toujours oscillé entre 37° et 37°,5, l'examen des pièces retirées de l'utérus ou expulsées spontanément permet de croire qu'il ne reste plus aucun fragment de l'œuf dans la cavité utérine. Pas de perte ni écoulement ultérieur. État général excellent.

Le 12 avril, santé parfaite. A taché sa chemise de quelques gouttes de sang. La cavité utérine mesurée à l'hystéromètre est de huit centimètres. Pour hâter l’involution qui se montre assez paresseuse on pratique, depuis trois jours des injections chaudes quotidiennes dans le vagin, et on administre le seigle ergoté à faible dose. On permet à la malade de se lever. (Publiée dans les Nouv. Arch. d’obst. el de gynéc. Cilée dans la thèse de (renesleix, 1886.)

Ce procédé d’écouvillonnage a cependant rendu dans bien des cas de signalés services. Aussi a-t-1l eu un grand nombre de partisans qui en ont publié des observations les les plus variées non seulement en France, mais à l'étranger.

Entre autres, nous trouvons dans les Extraits de la Société de médecine de Salonique (1) un compte rendu intéressant dont nous allons donner un léger aperçu. Divers médecins défendent tour à tour le procédé imaginé par M. Doleris el apportent de nombreuses observations à l'appui de leur méthode. L'un d'eux, M. Rifat, signale le cas suivant, que nous résumons, d'une femme qui a eu cinq accouchements successifs normaux, dans lesquels la déli-

(1) Extrait de la Société de médecine de Salonique. Séance du 17 mai 1888, p. 291. De la médication intra-utérine pose puerpérale dans la Turquie d'Europe FAAson ee

vrance a élé loujours difficile. Dans sa sixième grossesse, étant enceinte de quatre mois à peu près, elle fait, le 8 mai 1888, une fausse couche accompagnée d’hémorragie grave. M. Rifat arrive une heure après, trouve le fœtus pendant entre les cuisses et le délivre dans l'utérus. Tractons légères sur le cordon, rupture. L'hémorragie continue toujours, tamponnement à ouate salicylée. T.: 36°,6, l'hémorragie cesse. Le lendemain on enlève le tampon et

- l'on fait une irrigation vaginale au sublimé à 1 pour 2,000 à 40°. Malgré cela, le soir élévation de température qui se maintient le lendemain.

Le placenta étant à ce moment engagé dans le col on essaye à plusieurs reprises de l’extraire avec une pince ; Insuccès. Malgré la douceur de cette manœuvre et les précautions antisepliques les plus rigoureuses, l’état de la femme empire considérablement et le soir la température est de 39°,6. M: Rifat fait appeler l’un de ses collègues, M. Miraschi, qui, avec les précautions antiseptiques d'usage, décolle le: placenta avec le doigt et l'extrait avec la pince, puis introduit successivement huit écouvillons qui tous, sauf le dernier, reviennent, le bout supérieur chargé de débris placentaires.

On fait ensuite une injection intra-utérine boriquée, puis un pansement des parois utérines avec un écouvillon doux créosoté, une irrigation vaginale antiseptique. on met un tampon d’ouate à la glycérine iodoformée. La température a baissé peu à peu, est revenue à la normale et on a

‘ constaté avec plaisir le rétablissement complet de la malade.

Cette observation nous montre combien l'intervention

a été utile ici, et dans un cas cependant grave, et les résul-

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