TORRES
légèrement, et que l'embryon, grâce à son faible volume, le franchit facilement gt s'échappe au dehors au milieu de caillots de sang.
Tout n’est cependant pas terminé; le col qui vient de s’entr'ouvrir pour le passage de l'embryon se referme aussitôt et emprisonne derrière lui tout ce qui reste de l'œuf chorion, amnios et caduque qui ne seront expulsés que par de nouvelles contractions utérines, un nouveau travail qui pourra se prolonger un certain temps et exposer la malade aux plus sérieux accidents.
Nous arrivons maintenant à à une époque plus avancée de la grossesse où les symptômes et les modes de l’avortement présentent des caractères tout à fait spéciaux qui attireront particulièrement notre attention, car nous allons voir que c'est à ce moment-là que l’on rencontre le plus
souvent les rétentions placentaires.
A ce moment de la grossesse du 3° au 0° mois environ),
contrairement à ce que nous avons vu dans les cas précédents, l'expulsion se fait en général en deux temps, c est la règle, et si l’avor tement se produit en bloc, ce n est que par exception, et dans des cas spéciaux, comme par exemple, dans le cas de fœtus mort et macéré.
Lorsque le travail est commencé, le col s’entr'ouvre comme précédemment, la poche des eaux se rompt ‘et le
fœtus poussé par les contractions de l'utérus et le sang qui s’accumule au-dessus de lui franchit facilement, grâce à sa mollesse, le canal cervical et arrive au dehors. A leur
tour, sortent placenta et membranes et tous ces phénomènes sont accomplis dans un temps généralement assez Ve l
court (de 15 minutes à 1 heure ou 2 environ). Il n'en
est cependant pas toujours ainsi, et dans certains cas, le deuxième temps de l'avortement peut avoir lieu d’une façon beaucoup plus lente et parfois même ne pas se produire du tout. Le col, en effet, aussitôt après la sortie du fœtus revient sur lui-même, se referme, emprisonnant derrière lui placenta et membranes qui pourront séjourner dans la cavité utérine pendant des jours, des mois et même davantage jusqu'à ce que de nouvelles contractions utérines se produisent et soient assez fortes pour les expulser : c'est là ce que l’on appelle la rétention.
Comment et par quel mécanisme se produit cette rétention ? Pour bien la comprendre, il faut se rendre compte de la disproportion qui existe à ce moment-là entre le fœtus et ses annexes. Le placenta, en effet, à cette époque de la grossesse, est déjà constitué, son volume considérable relativement à celui du fœtus, et nous savons que ce n'est en général qu'à partir du cinquième mois que le volume du fœtus lui devient supérieur. Hecker nous l’a montré dans des tableaux sur l'accroissement comparatif du fœtus et de ses annexes.
D'après lui le poids moyen
II gr., au 4° mois.
55gr.;au4e — (2) du placenta 279 gr.,aube — -
36 grammes.
IRIRI IA 1]
(1) du fœtus
Nous voyons ainsi que jusqu'au cinquième mois le poids du placenta est supérieur à celui du fœtus. À partir de ce moment les mêmes rapports n'existent plus et c'est le poids du fœtus qui devient le plus considérable. | “Si donc, pendant l'avortement, le col s’est dilaté au- Coroms. 2
Re tant qu'il était nécessaire pour livrer passage à un fœtus d’un certain volume, cette dilatation ne sera plus suflisante pour le passage d’un placenta plus volumineux : le col reviendra donc sur lui-même, se refermera et d'autant plus vite qu'il aura moins été distendu par le produit de la conception. Ce n’est cependant pas tout. FD Du côté de l'utérus la structure musculaire certainement plus accentuée et moins rudimentaire qu'aux premières semaines de la grossesse, n’est cependant pas | encore assez complète, sa contractilité n’est pas aussi puis- ; sante qu'à la fin; aussi ses contractions prématurées et faibles, certainement assez énergiques pour briser l'œuf ne sont pas suffisantes pour lutter contre les adhérences du placenta à la paroi utérine et la rigidité du col. Le col, nous le savons, n’a pas encore à cette époque subi les mo- | ie
difications et le ramollissement que l'on constate à terme : il offre done à une plus grande dureté: et partant résiste LE davantage à la sortie du placenta. C est de cette lutte iné-
gale que résulte la lenteur du travail et Ja rétention dans l'avortement. : ! «
Sous l'influence des contractions douloureuses et répétées de l'utérus, la poche des eaux pressée de toutes parts, se rompt, le liquide amniotique s'écoule, le cordon encore bien frêle se déchire facilement et lé fœtus est ex-. K
é pulsé au eos laissant membranes et placenta dans HS cavité ütérine. Que va devenir ce placenta? À ARLES phénomènes qui peuvent maintenant se produire vont dépendre des rapports plus où moins intimes de ce’ *
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placenta avec la paroi ulérine. . AA PTT)
S il est déjà décollé, ses. adhérences avec l'utérus sont À
VA
QE rompues. S'il est tombé dans le segment inférieur, le placenta peut s'engager à travers le col, réveiller par son contact l’inertie dé l'utérus et susciter des contractions qui finissent par l’expulser au dehors. Mais ce décollement, au moment de la fausse couche n'existe pas toujours, aussi le col n'ayant pas, pour exciter l'utérus, le contact du placenta, revient sur lui-même, se referme et emprisonne le délivre : un nouveau travail, de nouvelles contraelions seront alors nécessaires pour produire le décollement, vaincre la résistance du col et expulser le tout au dehors. Nous ne devons pas oublier que c’est pendant ces contractions, pendant ce travail, que se produisent les graves accidents de l’hémorragie, accidents d'autant plus
7 fréquents, intenses et dangereux, que les adhérentes du placenta et de la paroi sont plus nombreuses et plus puissantes. Sous l'influence des contractions ces liens se briseront peu à peu Jusqu'à ce que le délivre soit complètement détaché et ce décollement mettra plus ou moins longtemps à se produire : sa durée et sa gravité dépendront, comme nous venons de le voir, des différents rap-
___— portset des diverses connexions de l'utérus et du placenta; de là aussi naîtront les accidents plus où moins immédiats
VA ou lointains de la rétention placentaire.