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d'abord un lavement laxatif; puis, après une abondante évacuation, plusieurs petits lavements fortement laudanisés. Le décubitus horizontal fut scrupuleusement gardé, etc. Malgré tout le travail continua. Le lendemain, 2 décembre, l'utérus s'était rapproché de sa situation normale; le col, devenu plus accessible, était revenu vers l'axe du vagin et commençait à s'entr'ouvrir ; l'écoulement sanguin persistait comme-les jours précédents, c'est-à-dire assez faible pour ne pas nous inspirer d'inquiétude immédiate. Mais ce qui surtout frappa vivement notre attention, c'est que, à partir de ce Jour (le quatrième depuis le début des accidents), le travail offrit un caractère extrêmement remarquable d'intermittence quotidienne. Chaque soir, vers 2 heurs 1/2, les contractions utérines surviennent avec üne grande énergie, déterminent des douleurs atroces, déchirantes, dans les reins, le bas-ventre, les aines et les cuisses. Puis, vers 5 heures, c'est-àdire après une durée de deux à trois heures, pendant lesquelles la matrice s'était contractée d'une façon non continue {avec des repos ordinaires de dix à quinze minutes), tout phénomène de travail cessait: les douleurs, l'agitation, l'écoulement sanguin, se suspendaient pour ne reparaître que le lendemain vers 2 heures, du soir. Pendant ce long intervalle, la patiente reprenait sa gaieté habituelle; elle conversait, mangeait et dormait presque comme en temps ordinaire.
Les mêmes infermittences se reproduisirent chaque jour, aussi longues et aussi accentuées, jusqu’au 6 décembre, où, vers h heures du soir, dans une crise violente de travail, le produit de conceplion fut expulsé en entier, après quelques douleurs plus atroces encore que les précédentes. Depuis trois jours, l'œuf était devenu perceptible au doigt dans la cavité du col utérin. Toutefois, la veille même de la délivrance, j'en avais tenté vainement l'extraction au moyen de la pince à faux germe.
La masse recueillie était un œuf déformé, enveloppé de caillots fibrineux et dépourvu de tout vestige d'embryon. Il était composé d’un placenta et de membranes contenant un
liquide clair. Le tout (œuf et caillots condensés à sa surface)
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était exactement configuré comme un bouchon de vin de champagne. Je ne remarquai pas de fragments membraneux qui pussent être nettement considérés comme étant des débris de caduque pariétale. Néanmoins, à partir de ce moment, tous les accidents, de la fausse couche cessérent, et les suites en eussent été très naturelles sans l'invasion, dix à douze jours plus tard, d'une névralgie horrible qui résista, pendant plusieurs mois, aux traitements les plus variés.
Quinze jours environ apres le début de sa grossesse, Max avait déjà éprouvé quelques accidents (perte sanguine légère, douleurs lombaires, etc.), qui s'étaient heureusement dissipés pour ne reparaître, avec plus de violence, que huit semaines plus tard. C’est à cette première atteinte qu'il convient sans doute de rapporter la mort de l'embryon et sa dissolution consécutive dans le liquide amniotique. /Bull. gén. de thérap., t. LXXII (1867), observation du D' Gueniot tirée de la thèse de Gerbaud).
OBSERVATION
Avortement. — Rétention du placenta pendant 57 jours. — Expulsion spontanée.
Une jeune femme fait une fausse couche le 1° janvier 1890 et expulse à la clinique de la rue d'Assas un fœtus du poids de A30 grammes. La délivrance ne s'étant pas effectuée dans les six heures qui suivirent l'avortement nous nous contentâmes de traiter cette femme pour sa rétention du placenta en lui ordonnant des injections vaginales fréquentes au permanganate de potasse suivies chacune d’un pansement vaginal ( et vulvaire à la Dhs iodoformée. Au bout de quelque temps, rien de. nouveau ne s'était produit. I n'y avait ni hémorragies, ni écoulement vaginal odorant, ce qui me surprit beaucoup, à tel point que je doutai presque de la réalité de la rétention. Je n'étais même pas éloigné de croire que le placenta avait peut-être été expulsé à notre insu. Toutefois l'utérus
restait gros. Les choses restèrent donc en l'élat jusqu'au r°* février, époque à laquelle la malade demanda à quitter la clinique. Elle ne voulut rien entendre de nos recommandations et s’en alla. Nous lui dimes alors qu'elle aurait bientôt des hémorragies et qu'il lui faudrait rentrer à la clinique à ce moment. Nos prévisions ne tardèrent pas à se réaliser. Une hémorragie peu importante se produisit le 25 février ; mais le lendemain l'hémorragie devint considérable et la malade rentra à la clinique où on trouva son placenta dans le vagin. Il y avait 57 jours que le fœtus avait été expulsé. .
Le placenta n'offrait aucun signe de putréfaction. Ilétait pâle, décoloré, formant une masse arrondie du volume du poing et ressemblant d'une manière frappante à une cervelle de mouton.
Ce fait nous démontre l'excellence de la méthode d'expectation que je préconise, puisque le placenta a pu séjourner pendant 97 jours dans la cavité utérine sans se putréfier grâce aux précautions antiseptiques que nous avons prises.
Je suis donc pleinement autorisé à vous conseiller d'agir comme j'ai fait. Vous éviterez de cette façon la septicémie, comme nous
-l'évitons dans tous les avortements que nous avons eu l’occasion
de soigner à la clinique. {Communiquée par le D" Potocki,
ed. extraile d’une leçon inédite de M. le P" Tarnier. In thèse de | Bourgogne).
Ra OBSERVATION
Expulsion en bloc de l’œuf dans un avortement de 4 mois 1/2.
Louise P..., 23 ans, domestique, née à Précy, dans l'Oise, entre SES le 14 novembre 1890 à la maison d’accouchements Baudelocque. F2 Le père, âgé de 60 ans, est en bonne santé.
La mère est morte à 45 ans, ataxique.
A toujours bien marché.
nee Réglée régulièrement depuis l’âge de 15 ans.
Enceinte une première fois en 1888 elle accoucha à terme spontanément d’un enfant vivant,
Autre père pour la seconde grossesse.
Dernières règles le 18 juin 1890.
Apparition des mouvements actifs le 8 novembre 1890.
Au commencement de novembre cette femme a perdu un peu de sang.
Le 12 novembre, l'hémorragie est plus abondante et quand la femme vient nous demander assistance le r4, sa chemise est tachée de sang. Depuis deux jours elle ressent des douleurs fréquentes.
A 3 heures du soir on lui fait une piqüre de morphine. Sous l'influence de la morphine les douleurs et l'hémorragie diminuent d'intensité Jusqu'au 15 novembre.
A 1 heure après-midi le 15 novembre les douleurs et l'hémorragie reparaissent.
À 5 heures, expulsion en bloc de l'œuf qui pèse 850 grammes.
La tête de l'enfant s'est présentée la premiére à la vulve.
L'enfant a fait quelques mouvements après l'expulsion.
Il y avait un circulaire du cordon. Ce cordon a présenté des battements pendant quelques minutes.
Après l’explusion l'utérus s’est bien rétracté et la malade n’a plus perdu que quelques grammes de sang.
Injections vaginales. Pansement à la vulve. Suite de couches
normales. / Tirée de la Thèse de H. Bourgogne, 1891).