‹ Recherches sur la Structure de l'Uretère HumainChapitre 15 sur 17 · CU · texte numérisé non relu

CU

La paroi kystique, formée par du tissu conjonctif infiltré, était revêtue d’une couche d’épithélium cubique en partie desquamé. Dans la cavité se trouvait une masse presque homogène, grumeleuse et brillante, contenant souvent des formations ovales ressemblant aux coccydies du foie des lapins. La plupart du temps ces kystes étaient situés sous l'épithélium, dont ils étaient séparés par du tissu conjonctif infiltré ; dans quelques petits kystes cependant, cette séparation conjonctive faisait défaut, et l’épithélium kystique se continuait directement avec l'épithélium de revêtement.

Entre ces kystes se trouvaient, nous dit Lubarsch, des formations présentant tous les degrés de transformations entre les nids épithélaux pleins de Brunn, admis par l’auteur, et les plus gros kystes.

La pathogénie de ces kystes a été diversement interprétée parmi les anatomo-pathologistes,

Tandis que ‘Orth se contente de nous dire qu’on ne sait rien sur leur mode de production, Litten et Hamburger les considèrent comme formés par la rétention de la sécrétion des glandes muqueuses.

Les kystes observés par Ebstein viendraient, d’après lui, d’une dégénérescence graisseuse se produisant dans des proliférations papillaires causées par une excitation inflammatoire. Eve au contraire regarde comme d’origine parasitaire les formations kystiques qu’il a examinées.

Lubarsch enfin nous dit que le plus simple serait de considérer les kystes comme étant le résultat de l’oblitératon des glandes muqueuses, mais que malheureusement de telles glandes n’existent pas dans l’uretère et le bassinet, ainsi que l’ont prouvé les recherches de nombreux histologistes, eten particulier celles de Brunn. D'après lui, les kystes viennent de la dégénérescence colloïde des amas épithéliaux de Brunn, provenant d’altérations pathologiques dues principalement aux maladies inflammatoires. |

Quelle esten réalité la pathogénie de ces kystes? Sont-ce des kystes de dégénérescence ou de ramollissement? Sont-ils causés par une exsudation se produisant dans une cavité préexistante due à des vestiges embryonnaires ? Est-il au contraire nécessaire qu'il existe des glandes pour leur formation ? Nous ne nous arrêterons pas à discuter ces différentes hypothèses, car nous n’avons parlé incidemment des kystes des uretères que pour confirmer indirectement l’existence de glandes dans la muqueuse de ces canaux.

Nous dirons cependant que, puisqu'on a trouvé des glandes dans l’uretère, il est tout naturel d’en faire dériver les kystes, d'autant plus que ceux-ci sont revêtus intérieurement d’un épithélium simple à une couche, analogue à celui que nous avons observé dans les culs-de-sacs glandulaires.

Que ces kystes soient le résultat d’une obstruction glandulaire causée par des amas épithéliaux et du mucus coagulé, qu'ils proviennent d’une oblitération du canal excréteur, due, soit à une constriction consécutive à un travail cicatriciel, soit à un accollement de ses parois à la suite d’adhérences causées pâr des érosions antérieures, que pour les produire il faille une inflammation chronique, ces questions, à notre avis, n'ayant pas ici grande importance, nous ne nous y arrêtons pas. Pourquoi en effet ces glandes se comporteraient-elles autrement que celles de la peau et des autres muqueuses ?

En terminant, nous ferons encore remarquer, en faveur de la relation existant entre les glandes et les formations kystiques, que la situation des kystes dans le cas observé par Litten (où ces productions ne se trouvaient pas à la partie inférieure), et dans celui d’Eve (où elles n’existaient plus à une distance de deux pouces du bassinet), correspond assez bien avec ce que nous avons observé relativement à la place occupée dans l’uretère par les glandes.

A ceux qui nous objecteront que Quary Silcock a trouvé

Etes

des kystes dans la partie inférieure, qu’'Ebstein et Lubarsch en ont rencontrés dans toute l'étendue de l’uretère, quoique cependant beaucoup plus nombreux à la partie supérieure, au dire de ce dernier observateur, nous répondrons, avec Hamburger, que, si en règle générale, les glandes sont situées ordinairement à la partie supérieure des uretères, il peut exceptionnellement se faire qu’elles existent dans toute l'étendue de ces conduits.

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