LUE
Citons enfin les recherches de Bianchi Mariotti (1): rarement chez l’homme et la brebis, très fréquemment chez le bœuf et le chien, cet observateur a trouvé, dans la partie de l’uretère faisant immédiatement suite au bassinet, et sur une longueur de un centimètre, des formations analogues à ceïles décrites par Hamburger, et pouvant à première vue passer pour de véritables glandes. D’après Bianchi Mariotti, ces formations ne sont pas des glandes, mais des replis de la muqueuse. « On peut supposer sans difficulté, nous dit-il, que ces replis ne sont autre chose que de ces bourgeons qui sont émis par l’uretère pour se mettre en communication avec la partie du rein qui se forme du corps de Wolff, et pour donner naissance aux tubes droits. On peut en effet admettre que ces bourgeons bien développés ét fonctionnant en haut, restent atrophiés dans cette partié qui constituera définitivement l’uretère. »
Dans les parties médianes et inférieures des uretères qu'il a examinés, cet auteur n’a rien trouvé qui puisse faire soupconner l'existence de glandes. Une seule fois cependant chez la brebis, il a vu sur une coupe transversale de l’uretère, dans son tiers inférieur, quelques espaces clairs disposés en file le long de la muqueuse et semblant tapissés par un épithélium à une seule couche. Tout en nous apprenant que ces espaces ne sont pas des glandes, Mariotti nous avoue qu'il ne sait comment les interpréter ; en effet, l’explication embryogénique, admissible pour la partie supérieure de l’uretère, ne l’est plus lorsqu'il s’agit de sa partie inférieure.
III. — OPINIONS RELATIVES AUX FOLLICULES LYMPHATIQUES, PAPILLES ET TERMINAISONS NERVEUSES. — a) L'existence du
(1) Brancar MariorrTi. — Richerche sull’‘istologia normale dell uretere Estratto dagli Atti dell’ Accademia Medico-Chirurgica di Perugia. Vol. IV, fasc. 3e, 1892.
et
tissu lymphoïde chez l’homme est très douteuse. Il n’en n’est pas de même chez le cheval.
Hamburger (1) a signalé dans le bassinet et l’uretère de cet animal la présence d’une couche très développée de tissu adénoïde. Cette couche est épaisse (45 à 90 x) dans le bassinet et la partie supérieure de l’uretère, mais s’amincit peu à peu à mesure qu’elle se rapproche de la vessie, et disparaît avant d'atteindre cet organe.
Chez l’homme, le même auteur a vu des follicules lymphoïdes dans le bassinet; Toldt (2) en a également rencontré une fois dans la muqueuse d’un bassinet d’apparence normale ; Cruveilhier (3), Rokitansky (4), von Recklinghausen (5), Orth (6), Vinckel (7) en ont trouvé dans la vessie, mais ni l’un ni l’autre de ces auteurs n’est affirmatif en ce qui concerne l’uretère. Il ne semble pas que leur attention ait été nettement attirée sur ce point particulier de la structure de ces conduits. Si le bassinet et la vessie en possèdent, n’est-il pas singulier de les voir manquer dans l’uretère ? Ce serait donc là un point à éclaircir.
Dès à présent cependant, il faut citer l’opinion de Chiari (8) qui considère comme pathologiques toutes ces formations lymphathiques. D’autre part, Ziegler (9) et
) HAMBURGER. — Loc. cit.
) Tozpr. — Loc. cit.
) CRUVEILHIER. — Traité d’anatomie path. gén., 1856. Vol. II, p. 40. ) RokITANSKY. — Lehrbuch der patholog. Anatomie, 1861. Vol. Il, p. 304.
(5) VON REKLINGHAUSEX. — Die Lymphgefäisse und ihre Beziehung zum Bindegewebe, 1862, p. 91.
(6) ORTH. — Path. Anat. Diagnostik, 1876, p. 212, et 1884, p. 339.
(7) VINCKEL. —- Handbuch der allgem. und spec. Chirurgie. Pitha und Billroth, 1877. Vol. IV.
(8) Carari. — Wiener med, Jahrbücher, 1881.
(9) ZIEGLER. — Lehrbuch der allgem. und spec. path. Anatomie, 1886. Vol. IT.
Przewoski (1) ont prétendu qu’à l’état normal jamais la muqueuse des voies urinaires ne présentait de tissu lymphoïde. Toutes les fois qu’il s’y rencontre, il serait la traduction d’une inflammation chronique.
b) Relativemert aux papilles, nous ne pouvons mieux faire que de citer ici textuellement ce qu’en dit M. Nicolas (2) dans son étude sur les organes génito-urinaires. « P. Müller déclare qu'elles existent chez beaucoup danimaux (mouton, chien, porc, etc.) ; Henle admet qu’il y en à dans le bassinet de l’homme, et P. Müller partage cette opinion, mais Krause nie formellement le fait. Ce qui semble certain, c’est que la surface du stroma conjonctif n’est pas plane ; elle présente de distance en distance des saiïllies plus ou moins hautes, qui s’enfoncent dans l’épithélium, et dans l'épaisseur desquelles cheminent les vaisseaux. Ce ne sont pas à proprement parler des papilles, mais plutôt de simples replis irréguliers et inconstants. »
Évidemment ce sont là les replis auxquels Brunn a depuis attribué la formation des bourgeons et des nids épithéliaux.
c) Enfin, en ce qui concerne nos connaissances sur le système nerveux des uretères, et en particulier sur les terminaisons nerveuses, il faut reconnaître que nous ne sommes pas plus avancés aujourd’hui qu'il y a quinze ans, date du mémoire de Dogiel (3). Cet observateur a démontré que la couche celluleuse qui entoure les uretères contient des ganglions nerveux et des cellules nerveuses isolées. Les uns et les autres sont situés sur le trajet des nerfs. Le chien, le rat, le pigeon, la tortue lui ont servi à établir cette dé-
monstration.
(1) Przewoski. — Virchow’s Archiv. 1889. Vol. CXVI. Ueber noduläre oder folliculäre Entzündung der Schleimhaut der Harnwege.
(2) A. NicoLas. — Organes génito-urimaires. Paris, Stheinheil, 1888.
(3) Do&tez. — Zur Kenntniss der Nerven der Ureteren. Arch. für mi krosk. Anatomie, 1878. Vol. XV.
Quant aux terminaisons nerveuses, elles sont complètement inconnues, et Dogiel termine son mémoire en disant simplement : « Les constatations anatomiques parlent en faveur d’une participation du système nerveux aux mouvements péristaltiques des uretères. »
Cette participation du système nerveux avait été niée auparavant par Engelmann (1), qui avait dit: « La progression péristaltique du mouvement a lieu sans l’intermédiaire de cellules ganglionnaires et de fibres nerveuses ; l’excitation se propage directement de cellule musculaire à cellule musculaire. »
(1) ENGELMANN. — Zur Physiologie des Ureter. Pflüger's Archiv. Vol. IL., p. 274, 1869.