‹ Recherches sur la structure des annélides sédentairesChapitre 13 sur 55 · XIV BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

XIV BIOGRAPHIE

déjà sujet à des accès de palpitations extrêmement i>raves, et parfois accompagnés d'hémoptysies Irès-inquiétantes. En 1857, une crise de ce genre faillit l'emporter. Tout donnait lieu de craindre que, d'un jour à l'autre, il ne succombât à une nouvelle atteinte. Depuis le retour de Glaparède à Genève, le mal était toujours allé en augmentant et réagissait d'une manière désastreuse sur tout l'organisme, principalement sur les fonctions de l'estomac et des organes respiratoires. Le régime très-sévère que le malade suivait, en apportant un certain allégement à ses maux, ne pouvait qu'augmenter sa faiblesse et il se manifestait chaque jour chez lui quelque phénomène nouveau qui déroutait toutes les prévisions des médecins. De fréquentes névralgies lui occasionnaient des souffrances atroces, et pour les faire cesser il eut recours à des moyens extrêmes. Les crises de palpitations, les hémorrhagies revenaient sans cesse à des époques indéterminées, souvent accompagnées d'accidents imprévus. Durant des mois entiers il devenait incapable de tout travail, et son existence même semblait être un continuel miracle. L'énergie qu'il déployait dans sa lutte contre ces horribles soulîrances dépasse tout ce qu'on peut imaginer, et faisait l'admiration de son entourage'. Cette même énergie, il l'employait à se remettre à l'œuvre, aussitôt qu'arrivait un moment de soulagement. Nous l'avons vu reprendre ses fonctions de professeur dans un état tel qu'il avait de la peine à se traîner jusqu'à l'Académie, crachant le sang pendant la leçon et, néanmoins, l'heure terminée, oubliant ses maux au point de continuer à converser avec ses étudiants et à répondre à leurs questions. En 18(30 il s'était marié. Une affection réciproque l'avait conduit à épouser une de ses parentes, qui devint la compagne obligée de tous les actes de sa vie. Cet événement l'avait placé dans une position indépendante en lui créant un intérieur, et sa maison était devenue

' Ainsi, pour faire cesser les névralgies horribles auquel il était sujet, il n'hésita pas à se faire arracher toutes les dents. Il serait impossible de faire comprendre à qui ne l'a pas connu, tout ce que cet homme a enduré de souffrances. Il a souvent dit à ses amis que l'amour du travail et de sa famille pouvait seul le décider à soutenir une existence qu'il a incontestablement réussi à prolonger à force d'énergie et de précautions.

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