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DES SOIES

Je ne quitterai pas l'iMiule de la paroi du corps sans dire quelques mots de la eonstitiilion et de la formation des soies. Mes observations ont porté sur un trop petit nomljre d'espèces pour ([ue je veuille les mettre en opposition avec celles d'autres observateurs qui ont d'ailleurs porté, en «énéral, sur des Annélides errantes ou avec les miennes faites précédemment chez les Oligochètes.

On distingue, comme chacun le sait, chez les Annélides sédentaires les crochets ou plaques onciales, à position très-superficielle, des soies proprement dites qui traversent la paroi du corps de part en part.

Les |daques onciales que j'examinerai d'abord |iaraissent avoir parfois une structur(> un peu plus complexe qu'on ne l'admet en généial. Ainsi pour les ï('r('belles, et pailiculièrement pour la T. /Icxuosa à laqiielle se rapportent les figures, les dentelures du vertex se résolvent à un fort grossissement en plusieurs rostres accessoires (PI. X, fig. 3 et i) du rostre principal. La forme reste constamment la même, c'est-à-dire que chez la T. fJexitosa les rostres accessoires latéraux sont les plus forts. Dans la plaque onciale, on peut distinguer une couche externe homogène et une substance UK'dullaire (jr) axiale et granuleuse. Cette dernière pénètre jusque dans l'inti-rieur des rostres.

L'examen histologique des tores ne donne que des résultats à demi satisfaisants sur le mode de formation des plaques onciales. Les plaques nouvelles se forment, comme l'on sait, à l'une des extrémités seulement d'un tore, toutefois point dans l'alignement où elles sont placées plus tard, mais au-dessous. Pour venir prendre leur place définitive, elles doivent donc se déplacer en dérivant un arc considérable. Ce mouvement a lieu pendant la croissance et a sa cause, sans aucun doute, dans le (lévelop|iemeiit même du tissu du tore, (k' dernier est formé par une couche hypodermique assez éjtaisse (PI. X, fig. 2, y-, fig. 3, lip], à base

finement striée et semée d'une foule de petits nucléus. La première apparition des plaques onciales a lieu sous la forme de petits capuchons coniques (flii. 2, '"'), placées chacun sur un nucléus (7) qui paraît un peu plus grand que ses voisins. Ce capuchon représente la pointe du rostre et parait donc sécrété par l'équivalent d'une seule cidlule. Le capuchon, ainsi formé, commence à décrire l'arc dont je viens de parler, sans doute par croissance du tissu sous-jacenl et à mesure qu'il avance il s'allonge, s'infléchit et prend peu à peu la forme du rostre principal. Sa hase recouvre maintenant un plus grand nombre de nucléus qu'auparavant. Après qu'un certain chemin a été parcouru, les rostres accessoires apparaissent à côté du rostre principal et la plaque en voie de formation arrive bientôt dans l'alignement de la rangée de plaques onciales dont elle doit faire partie. Par suite de ce mode de formation, de nouveaux capuchons naissant continuellement au point de (b'part, on trouve constamment un arc formé par une série graduée de plaques onciales en formation. C'est ce que j'ai représenté dans la fig. 2 (PI. X). Dans cette figiu'e les Iliaques onciales les plus avancées dans leur formation sont vues de telle manière que le rostre principal (^') se projette sur le corps même de la |daque. La croissance de la plaque continue alors que celle-ci est déjà arrivée dans l'alignemenl voulu, où elle perce la cuticule (fig. 3, ctc). Chez la T. fîexiiosa, la croissance n'est terminée, dans un certain nombre de segments thoraciques. que lorsque la base de la plaque s'est pourvue d'un long processus arcpn' (fig. i, ,3), qu'il ne faut pas confondre avec les tendons si fr('quents chez les Tt-rébelles. Ces processus font défaut aux plaques abdominales. Ces plaques onciales sont donc bien, comme on l'admet en général, une production de l'bypoderme.

Les soies proprement dites, dans les quelques Ann(''lides sédentaires que j'ai étudiées sous ce rapport, se forment au sein d'im tissu serré, semé de très-petits nucléus. Les liiniles des cellules sont parfois vaguement reconnaissables. Examinons sons ce rapport plus particulièrement les soies du Spirographis Spallatizanii. Chez ce ver les faisceaux de soies forment de longs cylindres dont la hase, noyée dans le tissu en ques-

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fion, pénètre pi'ofondriiioiil dans la cavité péiiviscéralc. Oaiis cos faisceanx les soies sont disposées en spirale très-régulière, connue on le reconnaît dans les coupes faites perpendiculairement à l'axe du faisceau (PI. II, lig. (), si; tiii. 7, st et lig. 8). La direction de la spire est la même dans tous les pieds. On remarquera sur la coupe très-grossie (fig. 8) que les plus jeunes soies sont au centre de la spirale et les plus grosses, c'està-dire les plus vieilles, à l'extérieur. La croissance de la soie est, en effet, accompagnée d'un déidacement de celle-ci tout send^lable à celui que j'ai constaté pour les plaques oncialesdes Térébelles. La soie cylindrique, ou plutôt conique, décrit pendant son augmentation de diamètre un arc qui est ici assez considérable pour former plusieurs tours de spire. Ce mouvement est, sans doute, (U'i à des pliénomènes de croissance du tissu producteur des soies. Les cellnles de ce tissu paraissent fusiformes et disposées plus ou moins concentriquement autour des soies (PI. II,fig.9). Chaque soie a une partie centrale, dont l'apparence granuleuse sur la section parait due à la juxtaposition de fibres très-fines. La même chose se voit d'une manière encore plus évidente sur la section transversale des soies d'Aricie (PL XIV, iig. 9) et de beaucoup d'autres. Je ne puis i-ien dire sur la nature de ce tissu cellulaire qui embrasse les bases de toutes les soies. M. Elilers qui n'avait pas réussi à en reconnaître la structure le suppose de nature contractile. Je n'ai pas d'observation qui permette de continuer, ni de contredire cette hypothèse. On peut l'appeler une sorte de tissu comnxtif, puisqu'il relie toutes les soies entre elles, mais sa propriété essentielle est d'être un tissu séliycne.

Les muscles s'attachent à ce tissu producteur des soies sur toute la surface extérieure du faisceau (fig. 8). Ce dernier ne peut donc se mouvoir que dans tout son enseuîble. Il n'y a pas d'organe moteur spécial à chaque soie.

La disposition des soies en spirale n'est point la règle. Elle paraît exister cependant le plus souvent lorsque les soies forment un faisceau compacte. C'est ce qu'on voit, par exemple, pour le faisceau dorsal de la région thoracique des Âricies (PI. XIV, fig. 8, si'). Le faisceau ventral

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{ibid., si) (lu même ver a une disposition loiil aiilie (|!ie j'ai déci'ile dans mes Annélides de Xaples, mais qu'on saisira encore mieux par rexanien de la figure acluelle, où les soies sont vues coupées, sous des angles divers, selon leur obliquité dans le faisceau. Les soies sont noyées dans un tissu formatif (/. en) tout semblable à celui du Spirographis.

Les acicules de soutien si répandus chez les Annélides errantes paraissent faire défaut aux vraies Annélides sédentaires et ce caractère est peut-être l'un des plus importants pour la distinction des deux ordres. La seule exception que je connaisse à cette règle est fournie par la famille des Ariciens. La grosse soie circulaire des Aricies n'est, il est vrai, pas un organe de soutien du faisceau, par suite même de sa position. Elle est creusée d'une gouttière sur toute sa longueur, connue on le voit sur la coupe (PI. XIV, fig, 8, sf). Cette gouttière parait servir à récoulemeni de la substance sécrétée par une glande voisine. Mais il existe chez les Aricies dans tout l'abdomen de véritables acicules, soit à la rame supérieure, soit à l'inférieure, acicules que j'ai moi-même figurés ailleurs. Il convient de remarquer à ce propos, que la famille des Ariciens est une de celles dont la position est indécise entre les Errantes et les Sédentaires. On sait que M. Ehlers a même proposé de créer un ordre intermédiaire, sous le nom d'Ariciadœ.

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