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DE LA CAVITÉ PÉRIVISCÉRALE

La cavité générale du cor|)s est tapissée chez les Annélides, sauf peutêtre dans les petites espèces, par une couche particulière, la couche péritonéale, comme on le sait depuis les recherches de Délie Chiaje, Ralhke, et M. de Quatrefages. <]ette couche offre des apparences un peu variables qui peuvent justifier, suivant les cas, les noms d'épiihélium, soit endothélium, ou de couche connective. Elle recouvre non-seulement la

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paroi oxlérieiiic, iiuiis encore les viscères: l'iiUesliii el son ligaineiil, le vaisseau dorsal, le venlral, les organes segnientaires, elc.; souvent elle semble absente au preinier abord, cepemlanl un examen attentif en fait reconnaître la présence aux pelils micléus semés de distance en distance sur la surface. Ces nucléus se reliouveut jusque dans des culs-de-sacs de Irès-faible diamètre de la cavité périviscérale. Ainsi on les trouvera (PI. XV, fig. 8, pt) sur la paroi de la cavité branchiale des Nérines, sur celle de la cavité des tentacules (PI. XI, lig. 0, pi) des Audouinies, et même à la surface du vaisseau tentaculaire (pt) dans cette cavité, dans le canal destiné au passage du vaisseau branchial chez les Splrographis (PI. III, fig. 1, ep, ep) etc., etc. Quelquefois cette couche est formée par un tissu vésiculeux comme on le voit chez la Mijxicola infutidihulum autour de l'intestin (PI. VII, fig. 8, ep^) ou du vaisseau ventral {ibid., fig. 13, o). Les vésicules sont pleines de liquide et leur paroi est semée de nondjreux nucléus. Ce tissu passe graduellement au tissu connectif nullement vésiculeux qui forme le névrilenune du système nerveux ventral (iîg. 13). Aussi le terme d(; « blasiges Bindegewebe, » employé déjà en sens divers en histologie, semble-l-il fait pour lui.

Les dissépimeuts qui divisent normalement la cavité du corps en chambres sont de nature musculaire et recouverts par la couche péritonéale. Dans son « Histoire des Annelés, )» M. de Quatrefages les taxait avec raison de libro-musculaires. Dans sa « Xole sur les couches musculaires, » en faisant un dernier effort pour sauver les rapliés, il se sert d'une autre expression et appelle les dissépimeuts « tibreux » ou <i tendineux « et jette des doutes sur leur nature- musculaire. J'ai déjà dit plus haut ce qu'il en fallait penser, et les nombreuses réserves faites par M. de Quatrefages lui-même, montrent que ce savant n'accorde pas trop d'importance à ses doutes. Dans certains cas les dissépiments sont extraordinairement minces, comme chez les Audouinies, où les segments eux-mêmes sont très-courts; mais dans ces cas aussi la membrane est formée par des systèmes de libres musculaires très-minces croisées en sens divers. Le nombre des fibres peut être réduit connne dans les dis-

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sépimenls ('galciiKMil loi'l minces do la réiiion postérieure chez les Âricies (PI. \l\\ lig. 2, dss), mais il en subsiste toujours. Les fibres sont, en i)articulier, très-reconnaissables dans la coupe des dissépiments de ces mêmes Aricies (PI. \IV, (ig. 3, ms') où l'on voit, en même temps, les nucléus (y-) de la couche péritoni'ale. Les dissépiments peuvent aussi prendre une épaisseur considérable de manière à jouer un rôle trèsimportant dans les mouvements du corps. C'est ce qui arrive dans la région thoracique des Nérines et des Âricies, et d'une manière bien plus frappante encore chez les Chétoptériens. la consistance charnue, résistante du thorax dans les vers de cette famille, si différente de celle de l'abdomen, lient, en grande partie, à l'épaisseur extrême des cloisons musculaires (PI. XII, tig, 5, dss). Il en résulte une diminution de capacité très-remarquable des chambres segmentaires. Le volume exce|)tionnel des éventails llabelliformes de soies dans cette région entraine, en outre, un développement également exceptionnel des muscles des soies (/«s ), ce qui diminue encore la ca|)acité des chambres. Aussi une coupe longitudinale du thorax d'un Chétoplère (PI. XH, fig. 5) est-elle occupée en majeure partie par les muscles.

Dans les cas où les dissépiments sont complets, il subsiste pourtant, dans la règle, des "comnuuiications entre chaque chand)re viscérale et ses voisines. Le plus souvent la communication est établie tout autour de l'intestin. Ainsi, par exemple, dans la région tboraci((ue chez les Nérines (PI. XV, tig. 4) où l'on voit les dissépiments s'arrêter à une petite distance de l'œsophage. I^e bord libre de la membrane musculaire est; dans ce cas particulier, fortement épaissi, de manière à constituer une sorte de sphincter {ms'). La même chose a lieu chez les Aricies (PI. XIV, fig. 1) et chez une foule d'anires. Mais il y a [lourtanl beaucoup de cas, surtout dans la région abdominale et quelquefois aussi dans la région thoracique (airisi chez les Chétoptères, PI. XII, tig. "2) où un examen scrupuleux, même à l'aide de forts grossissements, ne laisse découvrir aucune solution de continuité dans la surface d'un dissépiment, de sorte que toute communication

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enliv la cavitt^ (riiii sognipiil <H celle des seginenls voisins semble impossible. Je ne puis accorder aucune importance à celle appai'ence. En elFet, chez toules les espèces assez Iransiiarentes pour être observées intactes sous le microscope, on voit les éléments solides tenus en suspension dans le liquide p(''rivisc(''ral (corpuscules lymphatiques, œufs, zoospermes, etc.) traverser le tliss(''|>imeut par des ouverhucs prc'tbrmées. Il est proliable (|ue la lui-me chose a lieu chez toules les espèces mais qu'à rétal de repos des faisceaux musculaires, il y a une occlusion com|>lèle de ces pores, an |»oinl de les soustraire à la vue.

On sait que chez beaucoup dWnnélides sédentaires une jurande partie du corps est dépourvue de dissépiments(ïérébelliens, Pln-rusiens, etc.). L'énumération de ceux qui subsistent a déjà été faite pour diverses espèces; elle est du resscn't de Tanatomie d(>scriptive. Je me bornerai à signaler chez les Té'r('b('lles une cloison qui existe, au moins chez certaines espèces, en outre de celle figurée par M. de Q)ualrefages' à l'extrémité postérieure du thorax. Je ne crois pas qu'elle ait ('dé encoi-e remarquée par personne. Ce dissépiment (PI. IX, tig. 6 et 7, dss) sépare complètement les trois segments porteurs des branchies des suivants et délimite, par conséquent, une sorte de chambre respiratoire lenfermant les vaisseaux branchiaux (fig. 5) en l'isolant de la grande chand)re thoracique située jtlus en arrière. Dans les circonstances ordinaires au moins, les éléments reproducteurs ne pi'nètrent pas dans cette chambre respiratoire.

La chambre périviscérale est traversée par d'autres muscles (jue les dissépiments, à savoir par des muscles oldiques qui s'insèrent, d'une part à la paroi latérale du coi|»s, d'autre pai't à la |iaroi ventrale à une petite distance de la ligne in('diane. Ils ont ('lé souvent mentionnés par les auteurs. On les trouvera, par exemple, bien développés chez les Nérines (PI. \V, fig. '^ »?.«'), où l'on peut s'assui'er qu'ils sont entour(''s d'mie couche |»(''iiton('ale leur formant une sorte de p(''-

' Annales des Scieni-ps Xiitnrolles, l.S.'iO. t. XIV, l'I. X. fig. 4.

riniysium {Ibid., fig. 5, pi). Souvent ils sont absents, mais parfois aussi ils sont assez importants, surtout eliez les Annélides errantes, pour former des planchers obliques à claire-voie qui divisent la cavité p('riviscérale en plusieurs chambres, comme je l'ai montré ailleurs. Parmi les Ann(''lides si-dentaires, le développement maximum de ces muscles a lieu d'abord chez les Polyophtbahiies et les 0[th(''lies, puis chez les Polycirrides et les Térébellides. Chez les Térébelles ces muscles ne sont au Ihorax ([ue des faisceaux de peu d'importance (PI. IX, fig. 5, ms" delà T. /lexHosa). Tl n'en est pas de même de l'abdomen (PI. X, fig. 6 et 7, ms\ de la T. Meckelii) où ils sont assez développés pour constituer de vrais planchers à claire-voie.

La cavib' périvisc('rale est typiquement divisée en deux moitiés pai' une cloison longitudinale uK-diane (ligament nK'sentérique, ligament suspenseur du vaisseau dorsal cl de l'intestin). Ce ligameul renferme, en général, quelques fibres musculaires et il es! revêtu d'une couche péritonéale. On peut considérer le vaisseau dorsal, l'intestin et le vaisseau ventral comme compris dans l'épaisseur du ligament mésentérique. Tl peut, du reste, exister dans ime ri'gion du corps et faire défaut dans l'autre. C'est ainsi qu'il manque ( hez la Terehella flexunsa dans la chambre respiratoire, tandis qu'il existe plus en arrière. La présence de cette cloison entrainaul toujours une séparation des deux muscles longitudinaux sup('ii(Mu's. la fusion de ces nniscles en un seul dans cett(î chambre respiratoire (PI. TX, fig. 5, ???«*) est en relation intime avec l'absence àw ligament de cette région. Parfois le développement des muscles dans ce ligament devient très-considi'rable: ainsi dans la région thoracique, chez la Terehella /lexiiosa, pour la partie (PI. XL fig- 12, Ig) qui sert à la suspension du vaisseau dorsal; ainsi encore pour la Myxirola inf)intlihiilinn chez laquelle le ligament se renlle en uncordon mnsciilaire longitudinal (PI. \ III, lig. 8, ms''), au point où il s'insère à l'intestin.

Cette division typique de la cavité périviscérale en deux moitiés s'étend dans la règle aux appendices, à savoir aux cavités des branchies et des tentacules; el les vaisseaux, lorsqu'ils existent, sont toujours placés

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dans celle mince cloison qui leur serl de ligamenl lixaleur. C'est ce qu'on voit, par exemple, dans les tentacules d'Audouinies (PI. XI, lig. 6), de Télépsaves (PI. XIII, lig. 9), de Nérines (PI. XV, (ig. 11), dans les branchies d'Audouinies (PI. XI, (ig. 7), dans celles de Nérines (PI. XV, fig. 9). Il y a pourtant des exceptions à celte règle: ainsi les branchies d'Aricie (PI. XIV, lig. 9).

Chez les Lombrics, les Enchytraeus et d'autres Oligochèles, la cavité périviscérale est en comnumicalion avec le monde extérieur par les pores dorsaux. J'ai naturellement examiné avec grand soin si je pouvais découvrir les onverlures corresjjondanles chez les Annélides sédentaires. Je n'y ai jamais réussi et mon opinion est qu'elles n'existent pas. Leur présence chez les Oligochèles est, sans doute, liée d'une manière quelconque avec la vie terrestre ou demi-leirestre de la plupart de ces vers, comme l'ont admis déjà Willis et Dugès'.

Chez lesSerpuliens les interstices entre les différents organes sont remplis, dans les segments anl('rienrsdu thorax, par un tissu connectif formé d'une substance fondamenlale semée de corpuscides nucléés et parcourue par des vaisseaux et des nerl's. La partie antérieure (hi corps acquiert ainsi une solidité exceptionnelle qui est, sans doute, en rapport avec le grand développement de l'appareil branchial auquel elle serl d'appui. C'est chez les Sabellides que ce tissu prend la plus grande importance. La cavité périviscérale semble donc entièrement supprimée. Cependanl il suhsiste toujours deux canaux lapissés d'épithélinm qui logent dans leur intérieur les vaisseaux branchiaux. On voit les sections transversales de ces canaux ctiez le Spiro(iruphis SpaKunzanit (PI. 1, (ig. 1 à 6, ce) et chez la Myxicola infundiindum (PI. VI, (ig. % ce), et leur section longitudinale chez le Spirographis Spallanzatrii (PI. II, (ig. 1 et 2). Je considère ces canaux comme étant la [irolongation de la cavité périviscérale, quoi-

' Je ne prétends, du i-este, point en faire avec ces auteurs des pores aérifères. Je pense plutôt qu'ils servent à la rapide introduction de l'eau dans la cavité périviscérale lorsque le besoin s'en fait sentir et que le Loniljric passe dans uit lieu humide; et peut-être aussi, dans certains cas, à l'expulsion du liquide.

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que je n'aie jtimais réussi à les poursuivre en arrière jusqu'à une cavité périviscérale incontestable. Toutefois, je ne doute pas que la lymphe périviscérale ne se glisse entre les organes si serrés les uns contre les autres dans la région Ihoracique pour arriver jusqu'cî ces canaux.

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