PLANCHE XIV
Les figures 1-8 sont relatives à VAriciafœtida; les suivantes au Branchiomma vesicuhsttm .
Fig. 1. Coupe transversale à travers la région antérieure, soit thoracique du ver; la coupe renferme dans son plan un dissépiment ilont on voit les fibres musculaires en dsn. L'hypoderme (///;) d(uit l'épaisseur est assez considéi'able, s'élève sur les côtés pour former les papilles pédieuses (S). Du côté droit elles sont en partie recouvertes par l'éventail de soies venti-ales (o), mais du côté gauche cet éventail n'a pas été représenté. L'hypoderme est suivi de la couche de fibres musculaires transversales (ins ') sur laquelle reposent les mu.scles longitudinaux supérieurs (»/«') et inférieurs (ms^). Ces muscles ne forment point de bandes continues, mais sont divisés en faisceaux peu larges et très-iiauts, comme on le voit sur la coupe, par le passage de faisceaux de fibres musculaires verticales ou obliques qui partent du dissépiment et pénètrent jusque dans la couche de fibres transversales. Le faisceau le plus extérieur (tz) du muscle longiluilin.d supérieiu' prend de chaque côté un
énorme développement et fait fortement saillie dans la cavité du corps. L'œsophage à paroi foi'tement plissée est entouré par un vaisseau latéral dilaté en un vasle réservoir sanguin (ti'J qu'on a représenté du côté gauche seulement. Ce réservoir comniuni(iue, soit avec le vaisseau dorsal (v.d}, soit avec le ventral (ikv) ; il existe en outre une anse périphérique («'*); le cordon nerveux (en) est unique: de chaijue côté on voit la glande répugnatoire (a) sous la forme d'un sac dont l'épaisse paroi est formée par des lilires musculaires à parcours ohlique ou plutôt spiral. La glande débouche à l'extérieur auprès de la grosse soie (7) en forme d'épieu qui occupe la position la plus dorsale dans l'éventail ventral. On voit encore en b les branchies proprement dites, en ). le cirre vasculaire et en u. les soies du faisceau dorsal Gr. 23/1.
Fig. 2. Coupe sagittale à travers cinq segments alidominaux. Cette coupe est menée vertiialement et à peu pi'és tangentlellement à l'une des rangées longitudinales de branchies. Les branchies sont donc conservées inlléchies en arrière; cependant le rasoir a enlevé une partie de leur liase tle manière à ouvrir leur cavité {^) et à faire voir la coupe de la paroi de la branchie sous la forme d'un fer à clieval (y). La section est assez éloignée de l'axe pour n'avoir pas atteint le canal médian de l'intestin, mais seulement les poches latérales de cet organe, poches dont on voit la cavité en i dans chaque segment. La paroi intestinale (a) se montre entourée de toute part d'un sinus sanguin (fi) qui en suit tous les replis et anfractuosités. EnUe les poches latérales de l'intestin passent des lignes (dss) qui sont les sections verticales des dissépiments. Ces dissépiments envoient rayonner leurs filtres en haut dans le muscle longitudinal supéi'ieur (ms^) et en bas dans le muscle longitudinal inférieur (iiis''). On voit enfin en XX' l'artère et la veine branchiales. Gr. 32 1.
Fig. 3. Pour bien comprendre cette coupe il faut la comparer à la précédente dont elle représente, à un plus fort grossissement, l'un des segments dans sa partie supérieure, moins pourtant l'extrémité de la branchie cfui n'a pas été dessinée. On reconnaît, en effet, le muscle longitudinal supérieur (*««') coupé à peu près dans le sens de ses fibres. Il émet de sa face inférieure deux dissépiments, dans la coupe longitudinale desquels on distingue les sections (ms-) des fibres musculaires perpendiculaires ou obliques au plan de la préparation, puis d'autres fibres {ms% contenues à peu près dans ce plan, et enfin des sections de vaisseaux. Ces dissépiments sont revêtus de la couche péritonéale reconnaissable à ses nucléus (a). Dans la cavité (ce) du segment est logée la coupe d'une poche intestinale dont on n'a dessiné que la partie supérieure. La cavité (i) de l'intestin est limitée par une épaisse couclie épithéliale (ep), entourée du sinus sanguin (s.s). La membrane externe de ce sinus est formée par la couche péritonéale avec ses nucléus. Je n'ai pas reconnu de membrane interne. Cependant, comme le rasoir détache quelquefois le sinus de l'épithélium en faisant apparaître un espace entre eux (ainsi en P) sans que le contour interne du tissu soit modifié, je ne serais pas étonné que ce contour soit l'expression d'une membrane fort mince. La partie inférieure de la branchie a été ouverte par le rasoir de manière à montrer la ca-
vite lirnncliiale. L'Iiypcderme (/;;>') apparaît, par suite, eu coupe avec ses fibres-cellules à noyau. Il est suivi en dedans d'une couche musculaire longitudinale (ms'). Dans la cavité, l'un des vaisseaux branchiaux (t>') apparaît (par suite d'une conformation qui s'expliquera dans la fig. 4) toujouis beaucoup plus étroit que l'autre (f'). Au-dessus de la partie sectionnée, on voit sur un court espace la surface même de la branchie avec les nucléus de son hypoderme (hp) et trois faisceaux de cils (y) de la rangée vibratile. Plus haut, pour la clarté du dessin, on a laissé de côté sur un assez long espace les cils vil)ratiles et les nucléus de l'hypoderme, qu'on a représentés de nouveau dans la partie supéiieure de la branciiie. Dans toute la région intermédiaire on voit les anses vasculaires branchiales, les unes très-dilatées (v^), d'autres (t'') contractées en partie, mais encore pleines de sang sur les bords de la figure, d'autres, enfin (u*), entièrement contractées et vides de sang. Ces dernières sont toujours reconnaissables à leur paroi qui se présente comme une ligne transversale, ornée de quelques nucléus. Les taches sombres (S) sont formées par les groupes de filets protoplasmatiques logés dans l'hypoderme, groupes qui mettaient en mouvement les faisceaux de cils supprimés dans la région moyenne de la figure. Gr. 340/1.
Fig. 4. Coupe transversale à travers une branchie d'Aricia. Le côté concave ou postérieui- de la branchie regarde le bas. On voit que cette section est légèrement étranglée en biscuit, grâce à deux sillons longitudinaux qui courent le long de la branchie parallèlement aux vaisseaux v^ et l'^ mais il existe de chaque côté un autre sillon moins marqué à 90° des premiers. Ces sillons sont le lieu d'implantation des cils vibratiles (a) courbés en crochets, la pointe dirigée en avant. Ces cils reposent sur l'extrémité de faisceaux de filaments protoplasmatiques (p) qui paraissent être les agents des mouvements des cils. Les deux vaisseaux branchiaux (y* et v^) sont appliqués contre la paroi de la cavité branchiale (ce); l'un («')se montre constamment dilaté dans la coupe, l'autre (c) est, au contraire, contracté, mais comme il adhère à la paroi concave de la cavité branchiale sur une grande étendue, sa section présente la forme d'un C. A l'état de dilatation il rempUt, sans doute, une grande partie de la cavité. Les deux vai.sseaux sont mis en communication l'un avec l'autre par les anses branchiales (v^) (lui décrivent une courbe sinueuse. La cavité Ijranchiale est limitée par les fibres musculaires longitudinales (ms). Dans le tissu de la branchie on trouve au côté convexe des masses striées (y) qui sont, sans doute, des follicules à bâtonnets. Gr. 440/1.
Fig. 5. Un cil vibratilr branchial représenté isolément : a, le cil proprement dit coudé; a', sa base élargie et crénelée ; l\ les filets protoplasmatiques qui s'attachent aux créneaux. Gr. GCO/1.
Fig. 6. Section de l'intestin faite parallèlement à la surface dorsale du ver à travers deux segments, dans le commencement de la région abdominale. Sur la ligne médiane on voit la prolongation de l'œsophage avec sa couche épithéliale (ep) et sa cavité un peu si-
nueuse (œ). A droite et à gauche sont les récessus intestinaux (i) à nombreux replis. En a est un de ces replis en apparence libre dans la cavité intestinale, parce que le rasoir l'a séparé de sa base; ep^ est l'épithélium intestinal; s.s, le sinus sanguin qui baigne le tube digestif de toutes parts. Gr. 20/1.
Fig. 7. Coupe verticale de l'intestin, faite dans la même région que la section précédente : œ, cavité de l'œsophage; ep\ son épithélium; i, récessus intestinaux avec leur revêtement épithélial (ep^); s. s, sinus sanguin entourant le tube digestif; a, les replis de la paroi intestinale. Gr. 20/1.
Fig. 8. Fragment d'une coupe horizontale faite un peu au-dessous de la paroi dorsale dans la région thoracique. On a représenté la région latérale d'un segment, à partir de l'éventail de soies de la rame inférieure (st) jusqu'au faisceau de soies de la rame supérieure (st^). Entre deux est placée la section de la glande répugnatoire en a (comp. fig. 1, a). Les soies de la rame ventrale, par suite de leur disposition en éventail, ont été atteintes par le rasoir sous des angles très-divers. Celles du bord de la préparation (à gauche) sont à peu prés dans le plan de celle-ci, mais à mesure qu'on s'éloigne de ce bord, elles sont coupées sous un angle plus ouvert et même enfin perpendiculairement à leur axe. En st^ sont les sections des fines soies linéaires qui bordent l'éventail. En sf^ est la section de la grosse soie en épieu (comp. fig. 1, y). On remarquera que la surface de cette soie est creusée d'une gouttière dans toute sa longueur. Toutes les soies sont noyées dans une gangue de tissu connectif (t.cn) dont les nucléus sont ordonnés plus ou moins concentriquement autour des soies. Ce tissu sert à l'attache de nombreuses fibres musculaii'es (ms) dont les unes sont vues en section transversale, les autres sous des angles divers. La glande répugnatoire est entourée d'une épaisse couche musculaire dont on voit la section en ms^. Puis succède l'épithélium (ep) dans lequel je n'ai pas réussi à reconnaître de nucléus. La cavité de l'organe («) est relativement peu large. Les soies (si') du faisceau dorsal présentent un arrangement spiral, tout en étant tordues sur elles-mêmes. Gr. 200/1.
Fig. 9. Coupe à travers l'une des soies. On distingue la couche corticale homogène et la substance centrale fibreuse, pointillée sur la coupe. Gr. 720/1.
Fig. 10. Coupe transversale par la région thoracique d'un Branchiomma vesiculosum. La section passe par l'estomac (stm). La comparaison avec les fibres l'elatives au Spirographis fait comprendre facilement cette préparation ; ms', muscles longitudinaux supérieurs ; ms^, muscles longitudinaux inférieurs ; ms', muscles transversaux ; ms*, faisceaux musculaires allant de la face supérieure à la face inférieure ; ms, muscles des soies ; sf>«, cavité de l'estomac très-complexe; ep, sa couche épilhéliale extraordinairement épaisse, dans la partie périphérique de laquelle on distingue des noyaux rayonnes (a) dus à un groupement parti-
DES ANNÈLIDES SÉDENTAIRES. 195
culier des cellules; s.s, sinus sansuin; v.v, vaisseau ventral; set, bouclier ventral encore indivis; cm, cordon nerveux ventral; tb, la grosse fibre nerveuse tulîulaire. Gr. 20/1.
Fig. 11. Coupe à travers une partie périiihérique de la couche épithéliale de l'estomac chez un Brancinomma ; cette figure repi-ésenle à un plus fort grossissement l'un des noyaux rayonnes indiqués en », fig. 10; a, coupe à travers l'un des prolongements tubulaires de la cavité de l'estomac. La cavité môme du tube est pleine de granules. Tout autoui' est une sorte de rosette striée, formée par l'épaisse cuticule perforée de pores tubulaires. Les cellules épithéliales (P) sont transformées en grande partie en cellules glanduleuses fusiformes, pleines de granules qui convergent vers la rosette. La figure est limitée du côté gauche par la couche de fibres annulaires de l'estomac, baignée à l'extérieur par le sang du sinus intestinal. Gr. 275/1.