U RECHERCHES
dure jusqu'aux deux tiers environ de la hauteur de Tovaire. Là les sillons deviennent plus profonds et se rejoignent au centre en rendant libres les extrémités prismatiques des cloisons, qui n'en continuent pas moins à porter des ovules sur leurs bords séparés (lig. 2 2 4); preuve à la fois et de l'unilocularité primitive du pistil dans cette région supérieure, et de sa plurilocularité originelle dans la partie inférieure. Enfin, sous le sommet, les faisceaux dorsaux s'incurvent en dedans pour entrer dans le style, qui reste encore, pendant une certaine longueur, réuni par du parenchyme au système externe, et qui devient libre ensuite.
Les huit faisceaux extérieurs (a, 6) restent simples dans toute la hauteur de Tovaire; mais, vers la base du style (fig. 226), les faisceaux alteyies avec les carpelles (a) se dédoublent radialement pour former deux branches, dont Tune (a) ira au sépale, l'autre (e), à l'étamine superposée; puis les faisceaux superposés aux carpelles (6) se dédoublent à leur tour pour donner le pétale (6) et l'étamine superposée (e').
En résumé, à part la réimion parenchymateuse originelle des bords réfléchis des carpelles dans les deux tiers environ de la hauteur de l'ovaire , à part la superposition des carpelles aux pétales et non aux sépales, les choses se passent ici exactement de la même manière que dans le Galanthus nivalis, c'est-à-dire que les quatre carpelles sont vasculairement distincts des parties externes dès la base de la fleur, sans prolongement aucun de l'axe, qu'ils produisent les ovules sur leurs bords, et qu'ils sont réunis jusqu'à la base du style dans une gaine commune de parenchyme avec les seize appendices extérieurs, vasculairement confondus deux à deux et représentés seulement par huit faisceaux.
L'organisation de la partie inférieure de la fleur des Fuchsia , qu'on appelle improprement leur ovaire infère, peut donc s'exprimer par
2A=[A(S+E,)+4(P+Ep)+4Cpl.
Dans tous les cas précédents. Taxe s'épuise en produisant à la base de la fleur les appendices qui la constituent. Il en est autrement des Campanules, qui réalisent avec ovaire infère un cas analogue à celui que nous avons rencontré chez les Euphorbiacées.
Campanutacées. (PL XVI.) — Le cercle vasculaire continu que possède le pédicelle floral du Campanula médium (fig. 53 1) présente , à la base de la fleur, cinq fortes cannelures (fig. 532), dont les extrémités (a) s'isolent, tandis que les parties concaves se rejoignent pour reformer un cercle continu (fig. 533). Entre chaque faisceau et l'axe prolongé apparaît ensuite une loge (fig. 534), séparée de ses voisines par des cloisons minces, qui s'appuient sur Taxe par ime arête aiguë : ainsi l'ovaire commence (fig. 535). Il possède donc , dans sa paroi externe , cinq puissants faisceaux simples (a), disposés en arc comme ceux des pétioles, et il est traversé par une colonne centrale où le système vasculaire forme un cercle continu (A), et qui doit par suite être regardée comme le prolongement du pédicelle floral.
Les choses continuant ainsi (fig. 536) jusqu'aux deux tiers environ de la hauteur de l'ovaire. Là (fig. 537) on voit le cercle central se diviser en quinze faisceaux distincts, dont cinq (c') sont superposés aux cloisons et dix autres (c"), disposés par paires, sont superposés aux loges. Ceux-ci tournent d'abord leurs trachées latéralement, puis vers la loge, et enfin s'incurvent horizontalement en dehors (fig. 538), pour se répandre chacun, ense ramifiant, dans un lobe du placenta bifurqué et descendant. Au-dessous de ce niveau, et dès le moment où l'axe s'est dissocié en faisceaux diversement orientés, nous devons le regarder comme éteint; et, en effet, si nous montons quelque peu au-dessus de l'émei^ence des faisceaux ovulaires , nous verrons les sillons des placentas gagner peu à peu le centre et s'y rejoindre en divisant le parenchyme en cinq portions triangulaires, emportant chacune le faisceau superposé , qui sont les extrémités libres des cloisons et qui continuent à porter des ovules sur leurs bords (fig. 539).
L'axe central s'est donc dissocié en faisceaux appendiculaires, dont Forientation et la répartition dans les deux lobes du placenta descendant et dans les bords supérieurs libres des cloisons montrent bien qu'ils se rattachent au faisceau dorsal, comme les nervures marginales d'une feuille repliée, à sa nerviu'e médiane, et qu'ici encore, dès qu'apparaissent les ovides, ils naissent des bords libres des feuilles carpellaires.
D'autre part, suivons le faisceau dorsal, et nous verrons qu'un peu au-dessus du niveau où l'axe central donne les faisceaux marginaux, il se dédouble radialement ((ig. 54 o); sa branche interne (c) constitue, à proprement parler, la nervure dorsale de la feuille carpellaire, désormais dégagée des parties externes qui naîtront de la branche extérieure , et qui s'en isole en même temps que les faisceaux marginaux du carpelle se séparent de l'axe central qui les avait jusque-là maintenus rassemblés et qui s'éteint en les émettant. Enfin, au sommet de l'ovaire, la nervure dorsale (c) s'incurve horizontalement, et se relève dans le style (fig. 54i), où elle est accompagnée par les cinq petits faisceaux des bords libres, qui se dédoublent ensuite et finissent par disparaître en se réunissant aux dorsaux correspondants.
En résumé , nous voyons que l'ovaire des Campanules est tout à fait analogue à l'ovaire des Narcisses, pour la manière dont la nervure dorsale des carpelles s'insère sur l'axe, et dont elle se dégage ensuite des parties avec lesquelles elle était jusque-là vasculairement confondue ; tandis qu'il ressemble à l'ovaire du Ricin par le mode de production des nervures latérales des carpelles, qui demeurent associées jusqu'à une certaine hauteur au-dessus de l'émergence des faisceaux dorsaux, en formant un prolongement de l'axe floral plus apparent que réel. U en résulte que nous en avons à tous égards une intelligence complète , et qu'il est encore essentiellement constitué par cinq feuilles carpellaires repliées, produisant les ovules sur leurs bords et confondues dans une même gaîne de parenchyme avec les appendices floraux extérieurs, non encore vasculairement distincts.
Mais ceux-ci, comment sont-ils produits? Je vais Tindiquer en peu de mots. Au moment où le dédoublement radial du faisceau dorsal donne la nervure médiane du carpelle (c), la branche externe se divise à son tour radialement (fig. 64o, 543, 545); le rameau interne [e) est destiné à Tétamine ; le rameau externe , à son tour, se trifurque tangentiellement; la branche médiane (a) entre . dans le sépale, tandis que chacune des branches latérales (6', 6') se réunit et se confond avec la branche correspondante émise par le faisceau voisin, pour former cinq faisceaux (6) alternes avec les cinq précédents, et qui entrent chacun dans un pétale. Le pétale des Campanules n'est donc pas un organe inséré directement sur l'axe ; il est une simple dépendance du sépale , et son origine est binaire. C'est ainsi que les cinq troncs vasculaires qui quittent l'axe à la base de la fleur produisent à la fois : les cinq nervures dorsales des carpelles, les cinq étamines, les cinq pétales et les cinq sépales. Ce fait très-remarquable de la formation des pétales par les sépales, de l'insertion du système vasculaire du pétale , non pas sur l'axe, mais sur les deux sépales qu'il sépare, parait trèsrare, et, jusqu'à présent, je ne l'ai pas rencontré ailleurs que chez les Staphyléacées, où il se retrouve avec la plus grande netteté.
Le pistil des Campanules revêt sans contredit l'organisation la plus compliquée possible, tant par la fusion si intime, à la fois parenchymateuse et vasculaire, qui réunit les feuilles carpellaires aux appendices extérieurs, que par l'association des nervures latérales en im axe transitoire, jusque vers le sommet de l'ovaire. Néanmoins l'observation séparée que nous avons pu faire de ces deux degrés de complication: le premier chez les Narcisses^*', dont nous avons rattaché l'organisation au type normal de YAlslrœmeria,
^'^ C est encore au type des Narcisses que se relie directement la partie inférieure de la fleur des Cucurbitacées (pi. IX), qu on regarde à tort comme en étant Tovaire infère; c*est-à-dire que les nervures latérales des trois carpelles sont distinctes dés la base, tandis que la nervure dorsale ne se sépare des faisceaux externes, qui donneront les appendices extérieurs , que vers le sommet de Tovaire « et que , d'autre part . les bords de chaque carpelle, et par suite aussi les cloisons prismatiques contiguës.
où tout est distinct, et le second chez le Ricin, où nous avons montré qu'iJ n est aussi qu'une modification secondaire du cas ordinaire; cette observation séparée, dis-je, nous permet de ramener avec une égale certitude Fovaire des Campanules au type normal, dont il s'écarte plus que les autres uniquement parce qu'il réunit en lui plusieurs modifications secondaires qui ailleurs se montrent isolées (^'.
Nous pourrons donc exprimer la composition anatomique de la partie inférieure de la fleur des Campanules, à laquelle on donne à tort le nom d'ovaire infère, par l'expression