DICOTYLÉDONES
Cette généralisation ressortira plus évidente encore de l'exposition que nous allons faire maintenant des caractères anatomiques de la fleur dans un certain nombre de familles dicotylédonées angiospermes (^', en suivant l'ordre général adopté par M. Brongniart, c'est-à-dire en partant des Amentacées pour arriver aux Campanulacées.
^^^ e,f e^ représentent les faisceaux des étamines stériles oppositisépale et oppositipétale.
^'^ Les Gymnospermes ont été traités depuis. (Voir Ann. des sciences nat. 5* série, t. X,p. 269; 1869.)
Structure du pistil. 1 9
JUGLANDÉES.
A la base de la fleur femelle du Juglans regia, le cercle vasculaire du pédicelle émet d'abord , à droite et à gauche de la bractée mère, cinq branches qui pénètrent dans chacune des divisions externes du périanthe. Il s'en sépare ensuite, en avant et en arrière, trois faisceaux pour chacune des feuilles du second verticille binaire, et, presque en même temps, trois autres branches à droite et à gauche pour les deux feuilles de la troisième paire. Ces six bractées décussées, dont les deux externes sont plus larges que les quatre autres, et qui ont leurs systèmes vasculaires enveloppés par la même gaîne de parenchyme dans presque toute leur longueur, constituent le périanthe total de la fleur femelle.
L'axe émet ensuite, en avant et en arrière, un faisceau puissant, bientôt divisé en cinq branches rapprochées, et d'où partent des rameaux obliques, qui s'anastomosent en réseau à la surface du noyau, où ils s'impriment en creux; c'est le faisceau dorsal de chacun des carpelles antéro-postérieurs. Ceux-ci sont donc, dès leur insertion sur l'axe, vasculairement distincts des six appendices externes, et leur union avec eux, comme la liaison mutuelle de ceux-ci, est purement ceUulaire. Après l'émergence des dorsaux, il reste au centre quatre faisceaux, qui sont les branches marginales des carpelles. Us continuent leur course verticale et ne tardent pas à se réunir en deux faisceaux situés sur un diamètre perpendiculaire à celui des dorsaux, très-rapprochés et tournant leurs trachées l'un vers l'autre, en simulant un axe provisoire. En même temps deux loges apparaissent entre eux et les dorsaux, et ils occupent le milieu de la cloison. Ces loges sont subdivisées par une fausse cloison, de sorte que l'ovaire est quadriloculaire dans sa moitié inférieure.
Les choses continuent ainsi jusque vers le milieu de la hauteur du fruit, c'est-à-dire jusqu'au niveau où la cessation des fausses cloisons a rendu l'ovaire biloculaire. Là les deux faisceaux sep-
taux s'écartent l'un de l'autre, et le parenchyme se sépare entre eux par un sillon qui rend libres les deux demi-cloisons, dont les bords demeurent encore quelque temps en contact. Puis le faisceau septal se divise en fascicules rapprochés et prend la forme d'un arc convexe en dedans; les fascicules extrêmes de l'arc s'en séparent, et, tournant leurs trachées vers la loge, ils descendent en divergeant vers la périphérie et se ramifient, dans la partie inférieure de la cloison, en deux plans parallèles. En même temps la partie moyenne de l'arc se divise en deux faisceaux puissants, qui se tournent le dos, chacun présentant ses trachées à la loge. Il est bien évident que, tout au moins à partir de ce niveau, ces faisceaux ne sont autre chose que les nervures marginales des deux carpelles dont les bords rentrants sont réunis dos à dos. Or nous sommes encore en ce moment au-dessous de la base de l'ovule; il est donc certain que ce dernier ne peut être qu'une dépendance de ces bords carpellaires doubles, désormais libres, et nous devons rechercher maintenant comment il s'y insère.
A partir du niveau où nous nous sommes arrêté, les deux cloisons, d'abord en contact, s'écartent rapidement pour faire place à l'ovule qui est logé entre elles, et l'ovaire est désormais uniloculaire. Suivons dans le bord épaissi de chaque cloison libre la marche ascendante des deux faisceaux marginaux adossés qui en attestent la double nature. Nous verrons que, vers les trois quarts de la hauteur du fruit, c'est-à-dire vers le milieu de la longueur de Fovule, une branche se détache de l'un d'eux; ce cordon vasculaire descend immédiatement dans l'épaisseur même du parenchyme, en longeant l'extrême bord de la cloison, et revient ainsi jusqu'au-dessus du point où les cloisons ont commencé à se séparer; là, il se relève, devient libre et pénètre dans le corps de l'ovule, en se divisant en plusieurs branches, qui vont se ramifier dans sa membrane externe. Chacun des trois autres faisceaux marginaux produit aussi, vers la même hauteur, une branche vasculaire descendante; mais, parvenus au point de confluence des deux cloisons, ces trois cordons vasculaires se
perdent, parce que les trois ovules indépendants auxquels ils sont destinés et qu'ils suffisent à représenter dans le plan anatomique de la fleur ne se sont pas développés. Après avoir émis ainsi les rameaux ovulaires, les faisceaux marginaux continuent leur course verticale, envoient fréquemment des branches transversales vers la périphérie, et, progressivement appauvris, ils pénètrent enfin dans les styles , où ils accompagnent de chaque côté la terminaison de la nerviure dorsale.
Le système vasculaire de Tovule du Noyer s'insère donc sur un seul des deux bords de l'ime des deux feuilles carpellaires qui constituent le pistil, et en un point où ce carpelle fertile est largement ouvert, où ses bords présentent leur écartement maximum; il forme d'abord un assez long fimicule descendant, qui demeure réuni dans le parenchyme du bord et par l'intermédiaire duquel le corps de l'ovule se trouve comme, suspendu à ce bord dans la moitié supérieure uniloculaire du pistil. L'ovule n'a donc aucune liaison vasculaire avec la région du pistil située au-dessous de ce point, en particulier avec la partie biloculaire inférieure à sa base et sur laquelle il parait reposer; sa placentation réelle est pariétale et appendiculaire, nullement basilaire et axile. De plus, trois ovules avortés, insérés de la même ipanière siu* les trois autres bords carpellaires, sont représentés dans le plan anatomique de la fleur par leurs funicules descendants.
Sans entrer, à cet égard, dans déplus grands développements, qui trouveront place ailleurs, bornons-nous ici à observer encore que la partie inférieure de la fleur femelle du Jaglans regia s'exprime ainsi :
F^=[2S+-'iP+2P,+ 2CJ.
CORYLÉES.
Le pédicelle de la fleur femelle du Carpinus betalus émet d'abord, à droite et à gauche de la bractée trilobée, cinq branches
qui cheminent dans la zone externe de ce qu'on appelle Vovaire infère, pour se rendre à chacune des deux divisions du périanthe. Puis il s'en échappe un faisceau à droite et un autre à gauche, qui sont les nervures dorsales des deux carpelles superposés aux divisions du périanthe, et il reste au centre, dans la cloison qui sépare les loges, deux faisceaux à trachées externes, qui sont les marginaux des carpelles réunis deux à deux. Les carpelles sont donc encore ici vasculairement distincts des appendices externes dès la base de la fleur. Les loges sont d'ailleurs remplies par un tissu cellulaire, qui rend peu distincte la cloison qui les sépare, et qui sera résorbé plus tard par le développement tardif de la graine; c'est ime sorte d'albumen ovarien, qui se comporte, par rapport à l'ovule total, comme l'albumen ordinaire par rapport à l'embryon, et qui se rencontre d'aiUeurs chez d'autres végétaux.
Vers le sommet de l'ovaire, les deux faisceaux septaux s'écartent l'un de l'autre et se rapprochent de la périphérie, en laissant entre eux un espace vide, de sorte que l'ovaire est devenu uniloculaire par l'écartement des bords rentrants. Puis chaque faisceau, devenu ainsi pariétal, se dédouble en ses deux moitiés constituantes, qui s'incurvent latéralement, pour entrer chacune, ici dans un ovide anatrope, là dans une très-petite proéminence qui est évidemment un ovule avorté. Sur chaque carpelle, c'est le bord de nom contraire qui est fertile; il en résulte que les ovules sont insérés en des points extrêmement rapprochés, et que chaque ovule correspond à une loge.
L'ovule du Charme ne s'attache donc que par un seul point et sur un seul bord à la feuille carpellaire, dont il est une simple dépendance , et l'organisation de la partie inférieure de la fleur femeUe s'exprime ainsi :