F=[3(S+5C,) + 2S+2(P+2E^) + (P+E^)+2P+3XC
Dans sa partie supérieure, la fleur devient, en tenant compte de la régularisation des verticilles qui amène de fausses superpositions,
F = 5S+5P+2[2Ep]+E,+ [2C, + Cp].
ARISTOLOCHIÉES.
Le pédicelle floral de ÏAristolochia sipko possède douze faisceaux rangés en cercle, six plus puissants que les autres. Les plus faibles se dédoublent sous la fleur, et les branches de droite et de gauche tournent leiurs trachées Tune vers Tautre, en se dirigeant vers le centre pour entrer dans les bords des carpelles. Puis les six loges apparaissent séparées par six cloisons parfaitement distinctes au centre, où leurs bords biselés, revêtus d'un épiderme
particulier, s'appuient seulement les uns contre les autres, en laissant souvent dans Taxe géométrique de la fleur un espace vide, comme cela arrive chez les Pomacées. Ainsi la lame épidermique est continue dans toute la cavité ovarienne, preuve anatomiquc de Tunilocularité primitive de cette cavité dans toute son étendue. Chaque cloison contient vers son biseau deux faisceaux qui présentent chacun leurs trachées vers la loge correspondante , et qui , par conséquent, se tournent le dos; ce sont les marginaux des carpelles, qui, très-rapprochés Tun de Tautre, se réunissent quelquefois en un faisceau unique, à trachées bilatérales, et qui envoient des branches à la rangée d'ovules que le carpelle produit siu* ses bords.
Les faisceaux périphériques conservent leur simplicité jusqu'au sommet de Tovaire. Là, trois d'entre eux émergent tout entiers pour former les nervures principales des trois sépales. Les autres envoient aussi des ramuscules au calice, mais, de plus, sans produire de pétale , chacun d'eux laisse en place deux branches, une à droite et une à gauche, qui constituent six faisceaux intercalés aux priuiitifs; ces faisceaux pénètrent dans les six étamines, qui sont ainsi disposées en trois paires alternisepales, et aucune autre branche n'est produite chez ÏAristolochia clematitis. Les styles y manquent donc entièrement, et l'ovaire est béant. C'est par un artifice, par voie d'emprunt, qu'il est fermé. Les six étamines alternes avec les carpelles se soudent par leurs connectifs audessus de la cavité ovarienne, en laissant au centre un petit canal trigone qui joue le rôle de canal stylaire, tandis que le sommet bombé du connectif surplombe chaque anthère, et joue le rôle d'un stigmate. Les stigmates vrais, s'ils se développaient, seraient alternes avec les anthères, au lieu de leur être superposés.
Dans VAristolochia sipho, où les six faisceaux staminaux, au lieu de devenir équidistants comme dans ÏA. clematitis, demeurent disposés en trois paires alternisepales, il m'a semblé voir trois branches très-gréles oppositisépales se diriger vers le centre pour rejoindre trois des six sillons qui continuent les loges;
mais ces branches s'éteignent bientôt, et ne constituent qu'une trace fugitive et incomplète des styles dans le plan de la fleur. Chacun des trois stigmates n est autre chose que le prolongement glanduleux du connectif commun de chacune des trois paires d'anthères.
Les nervures dorsales des carpelles des Aristoloches ne se prolongent donc pas d'une manière sensible au-dessus du point où s'en dégagent les faisceaux du calice et de l'androcée. L'anatomie vient ainsi confirmer entièrement sur ce point les observations organogéniques de Payer (^'. Comme dans les Cucurbitacées, les étamines sont disposées par paires alternes avec les sépales; mais chacune d'elles est une étamine complète et biloculaire, et non une moitié d'étamine. En se servant des termes en usage, on dira, pour exprimer celte diflerence, qu'il y a disjonclion latérale des éléments altemisépales de l'androcée chez les Malvacées et chez les Cucurbitacées, et qu'il y a chorise latérale de ces mêmes éléments dans les Aristoloches.
La structure de la partie inférieure de la fleur des Aristoloches peut donc s'exprimer par
F= [3(S+(ÎC)+3(2E + (5C) + 6XC].
VISCACÉES. •
L'axe de la fleur femelle du Viscum album émet, à la base delà fleur, huit faisceaux qui se relèvent dans la zone périphérique du fruit. Les deux latéraux (a) sont les nervures médianes des divisions externes du périanthe; les deux antéro-postérieurs (6) sont les nervures médianes des divisions de la seconde paire, et les quatre alternes (c) se dédoublent vers le milieu de la hauteur du fruit pour accompagner les faisceaux (a) et (6), de sorte que chacune des quatre- divisions du périanthe reçoit trois branches vasculaires.
(') Organogénie comparée, p. 43a.
Il reste au centre six faisceaux : un à droite et un à gauche (m), deux en avant et deux en arrière (p). Ces six faisceaux se disposent immédiatement en deux systèmes ternaires latéraux, et, dès lors. Taxe a disparu. En même temps, ils s'incurvent en dehors pour se relever bientôt dans la zone interne du fruit, autour du parenchyme homogène qui continue d'en occuper le centre. Les faisceaux dorsaux (m) demeurent simples, mais chacun des latéraux [p) se divise dès la base en plusieurs branches, qui divergent en s'inclinant toutes vers le faisceau (m) correspondant, et qui s*anaëtomosent fréquemment entre elles et avec lui. Le réseau vasculaire qui entoure le parenchyme central homogène du jeune fruit, et qu'on retrouve adhérent à la périphérie de la graine, est donc formé de deux systèmes foliaires indépendants, pourvus chacun d'une nervure médiane. Ces deux feuilles, superposées aux divisions externes dupérianthe et qui constituent la troisième paire d'appendices du bourgeon femelle , sont les deux carpelles. Elles ne sont pas creusées en gouttière ni réunies par leurs bords, mais soudées l'une à l'autre par le parenchyme de leurs faces supérieures planes, sans constituer entre elles de cavité ovarienne.
Les deux carpelles du Gui sont donc, dès la base de la fleur, vasculairement libres des appendices externes, et leur liaison avec eux , tout en s' étendant à la presque totalité de la longueur des organes, est purement parenchymateuse.
L'organisation de la partie inférieure de la fleur femelle du Gui, improprement nommée son ovaire infère, s'exprime donc simplement par
RIBESIÉES.
L'organisation anatomique de la fleur du Ribes aurea rappelle celle que nous avons décrite à la page 88 chez le Gessneria eminens. Les dix faisceaux du pédicelle émergent en deux verticilles, dans la paroi externe de l'ovaire, en laissant au centre
quelques branches qui, groupées en deux faisceaux, se rendent dans les placentas pariétaux pour nourrir les ovules. Ce n'est que vers le sommet de Tovaire, au niveau où les placentas cessent de porter des ovules, que les cinq faisceaux correspondant aux pétales donnent, par division radiale, cinq branches vasculaires. Ces branches paraissent représenter les nervures médianes des cinq feuilles carpellaires qui entrent typiquement dans le plan de la fleur, mais dont deux seulement, pourvues de nervures latérales , portent des ovules sur leurs bords. Le parenchyme se sépare ensuite entre la base du style et la coupe externe , qui ne possède que dix faisceaux simples. Plus haut ceux de ces derniers qui sont superposés aux sépales se dédoublent radialement pour former les cinq étamines. La composition anatomique de la partie inférieure de la fleur des Ribes, appelée improprement ovaire infère, s'exprime donc par :