IT. — PHASES ULTÉRIEURES DU DÉVELOPPEMENT
Que se passe-t-il, du stade de 21 mm. qui nous montre la formation des deux groupes d’ébauches pancréatiques : cholédocienne et intestinales, jusqu'à celui de 12 em. où nous observons la constitution d'une colerette périintestinale occupant, dans le sillon d'invagination, les 4/5 du pourtour de l’intestin.
Evidemment, la jonction et l'interpénétration par croissance des deux ordres d’ébauches, que nous voyons déjà se dessiner, au stade de 21 mm., par la progression des cordons intestinaux vers le canal cholédoque.
Mais, nous n'avons pas saisi sur le fait ce processus, qu'il serait intéressant d'étudier ultérieurement.
Quoi qu'il en soit, Panneau pancréatique, à la formation duquel nous venons d'assister, va en se compliquant anatomiquement et en se différenciant histologiquement.
Analomiquement, les cordons pancréatiques se multiplient et, bourrant l'intervalle entre l'épithélium intestinal et la splanchnopleure, se groupent topographiquement : partie du côté du foie, où ils formeront, chez l'adulte, le pancréas massif; partie du côté du tissu du pli spiral, où ils s'essaimeront en ilots séparés.
Bien que très éparses et fort incomplètes soient les données que nous avons pu recueillir sur la sécrétion dans les tuboalvéoles du pancréas chez FAmmocète de P. fluviatilis et chez
DU PANCREAS CHEZ PETROMYZON 45
l'adulte de P. Planeri et de P. marinus, elles sont cependant suffisantes pour nous permettre de conclure que, dans les cellules épithéliales, se forment de fines granulations. En dépit de la sécrétion purement endocrine de l'organe, les cellules sécrétantes du pancréas de P. marinus montrent, dans les alvéoles dilatées, un cône apical bourré de fines granulations, rappelant les grains de zymogène des cellules pancréatiques, tels qu’on les observe chez la plupart des autres Vertébrés.
Le matériel que nous avons eu à notre disposition ne nous à pas permis de résoudre la question de savoir comment s'exécute le fonctionnement de cette glande si particulière : construite sur le type exocrine, et pourtant dépourvue de conduits excréteurs, elle ne peut fonctionner que eomme glande endocrine. Or rien, dans sa structure, ne permet de démontrer l'homologie que CGiACOMINI à essayé d'établir entre les vésicules sécrétantes de l'Ammocète et les ilots de Langerhans des Vertébrés supérieurs.
Au point de vue topographique, les ébauches pancréatiques se produisant, chez P. Planeri et fluviatilis, à une époque où la rotation du cholédoque s'est effectuée et à reporté à gauche l'abouchement du canal, il ne peut être question de pancréas ventral, et la dénomination morphologique de pancréas cholédocien est ici aussi préférable.