VI. — VALEUR MORPHOLOGIQUE DU PANCRÉAS CHEZ PETROMYZON
Nous venons de décrire, chez Petromyzon, le développement d'un organe que nous avons considéré comme le pancréas. Il s’agit maintenant d'en fournir la démonstration.
Le premier argument en faveur de lexistence d'une glande pancréatique chez Ammocète, est, en toute logique, la conslatation, chez Petromyzon adulte, d’un pancréas bien différencié.
En effet, tant que la signification de l'organe décrit par LaAN- GERHANS chez P. Planeri, puis par LeGouis chez P. marinus, resta imprécise, l'étude de son développement manqua de base solide. Et, quand les résultats obtenus dans ce sens par KUPFFER, en 1893, eurent été controuvés par BRACHEr, en 1897, cet auteur put émettre un doute sur l'existence d'un pancréas chez lAmmocète, et conclure que cet organe « ne s’y est pas encore isolé en une glande spéciale. »
Mais, depuis, Gracomini à, en 1900, décrit avec précision, chez P. marinus, un organe qui est un pancréas par sa situation el
par ses rapports autant que par sa structure. LAGUESSE, après examen d’une préparation de GiAGOMINI, croit que « l'organe est bien le représentant du pancréas. »
Nous constatons une structure identique sur l'individu de P. marinus que nous avons examiné. Et nous retrouvons le même organe chez P. Planeri.
Un pancréas existe donc chez les Pétromyzontides.
Bien plus, Maas décrit, en 1895, un organe pancréatiforme chez les Myxinoïdes : Myrine et Bdellostoma.
Anatomiquement, le pancréas des Cyclostomes adultes esl donc hors de conteste à l'heure actuelle.
Il est, dès lors, logique d'en chercher l’homologue, embryogéniquement, dans l'organe que nous voyons se dessiner t0pographiquement en la même région, et dont nous suivons les principales étapes jusqu'à la constitution de l'organe adulte.
Considérons à ce point de vue le développement morphologique de l'organe.