‹ Recherches sur la structure et les affinités botaniques des végétaux silicifiés requeillis aux environs d'Autun et de St. ÉtienneChapitre 28 sur 61 · PL. VI, VII, VIII, IX · texte numérisé non relu

PL. VI, VII, VIII, IX

Tige. — La coupe transversale d’une portion de la tige montre à un faible grossissement quatre régions bien distinctes (fig. 1, pl. vi).

1° Une partie centrale a\ dont la structure n’est pas

complètement déterminée, mais certainement cellulaire.

Cette portion, plus développée à la partie inférieure de la tige, va en diminuant à mesure que l’on s’élève, et finit par disparaître ; aussi les coupes longitudinales faites vers le sommet n’ont montré que quelques brides cellulaires.

2° Une zone qui entoure cette partie centrale d’une manière continue et forme la plus grande partie de l’axe ligneux a a.

3° Une enveloppe cellulaire b b b, souvent mal conservée.

4° Enfin, en dehors de cette zone cellulaire, une couche épaisse c c, formée de cellules plus ou moins hexagonales plus larges, et traversée par des lacunes d d qui renferment quelquefois des traces d’organisation.

L’épiderme est peu distinct ou détruit.

A l’extérieur de la tige, en e e, on peut remarquer la coupe d’un pétiole qui a pris naissance sur la tige.

Des coupes longitudinales (fig. 2, 3, 4), montrent que le centre de la tige se compose de cellules allongées scalariformes n’offrant que quelques traces de tissu cellulaire proprement dit (fig. 3 a’), ces cellules appartiennent à la partie centrale a’ (fig. 1) ou à ses prolongements qui, au nombre de six dans les zygopteris , s’enfoncent dans l’épaisseur de l’étui ligneux a a formé par des cellules allongées scalariformes, de sorte que l’axe ligneux semble formé de six faisceaux vasculaires verticaux, soudés par leur face interne, laissant entre eux le tissu cellulaire a ’ comme indice de leur fusion incomplète. A propos de l’organisation des pétioles, nous reviendrons sur cette question d’histologie.

Dans la tige d ’anachor opter is décrite plus loin, cette particularité se présente également, mais le nombre des prolongements cellulaires intra-ligneux est de cinq ap lieu de six, comme nous le verrons.

En dehors de l’axe ligneux formé de cellules allongées, rayées et réticulées, on rencontre une couche de cellules polyédriques irrégulières, à parois minces, le tissu délicat est souvent détruit ou disjoint, les cellules sont fréquemment remplies de silice colorée, ce qui lui donne une teinte plus foncée qu’au reste de l’échantillon; il formait également une enveloppe continue autour de l’axe ligneux b (fig. 1 et 3), et autour des faisceaux vasculaires qui se rendaient aux feuilles ou aux racines.

Les figures 4 et 4 bis, planche vu, montrent bien la disposition de ce tissu utriculaire autour du tissu ligneux et autour des faisceaux des feuilles, dans une partie où les cellules n’avaient pas été remplies de silice colorée.

La couche cellulaire c c est formée de cellules plus grosses, polyédriques, plus hautes que larges, à section transversale hexagonale, et très souvent remplies de granulations qui, probablement, ont été des grains de fécule. Cette couche, épaisse relativement, s’étendait jusqu’à la surface- et était traversée dans toute son épaisseur par des faisceaux vasculaires qui, partant de l’axe plus ou moins obliquement (fig. 4 bis), se rendaient aux pétioles ou aux racines, les cellules en se rapprochant de la surface s’allongeaient en diminuant de diamètre et prenaient sensiblement un aspect fibreux.

Les faisceaux vasculaires qui se dirigeaient de l’axe à la circonférence étaient de deux sortes. Les uns, peu volumineux, se portaient dans les racines adventives

(l, fig. 7 bis, pl. ix) ou dans les feuilles avortées qui formaient les écailles entourant la tige. Les autres, plus importants (fig. 4 bis), se rendaient aux pétioles (fig. 5 g et fig. 7). Cette dernière figure permet de distinguer quelques vaisseaux scalariformes qui pénétraient dans les feuilles scarieuses.

Ces faisceaux vasculaires, qui se rendaient dans les pétioles, prenaient la forme de I’h caractéristique des zygopteris, à partir de l’axe vasculaire central.

En faisant des coupes à différentes hauteurs, j’ai pu suivre leur forme jusqu’à leur origine ; et c’est ainsi qu’ils se présentent toujours, sauf le cas fréquent ou le tissu n’est pas conservé.

Les fig. 1, 5 et 9 ne laissent aucun doute sur l’orientation du faisceau pétiolaire par rapport à la tige.

La figure 9, qui représente une coupe tangentielle parallèle à la surface de la tige, intéresse la base de plusieurs pétioles ou de plusieurs feuilles.

En g, se trouve la coupe d’un pétiole naissant, avec la forme caractéristique du faisceau central. A droite et à gauche de ce faisceau, on peut remarquer, en d d, des lacunes traversées par des faisceaux vasculaires qui se portaient dans les subdivisions latérales du rachis; si ces faisceaux vasculaires conservaient leur position relative en sortant du rachis, il devait en résulter que les rameaux secondaires ne se trouvaient pas dans un seul plan, mais il est probable, bien plutôt, qu’ils émergeaient successivement à des hauteurs différentes, en rentrant sensiblement dans un môme plan transversal à la tige.

Immédiatement au dessus, en r, se trouve une racine volumineuse accompagnant le pétiole.

On sait, en effet, que dans les fougères l’émission

d’un pétiole est presque toujours accompagnée de celle d’une ou de plusieurs racines qui s’échappent extérieurement, soit au dessus, soit au dessous de l’insertion du pétiole sur la tige.

En outre de ces deux coupes, g et h, on voit, en f ï , huit sections ayant une certaine disposition verticillée ou faiblement spiralée sur la tige. Cette disposition régulière me ferait supposer que ce sont des coupes de bases de feuilles avortées ou scarieuses, et non des racines âdventives, dont l’émission est généralement moins régulière ; de plus, l’absence de pétioles dans le voisinage éloigne encore l’idée de racines. Cependant, l’absence du faisceau central, qui est détruit, laisse des doutes à cet égard.

Entre ces pétioles, racines et bases de feuilles écailleuses, se trouvent un grand nombre de poils scarieux cloisonnés, dont les figures 9 et 9’ montrent quelques-uns.

A une petite distance de la tige, la forme extérieure du pétiole devait varier. En effet, la figure 9 nous offre, au point où le pétiole sort de la tige, une forme sensiblement rectangulaire, tandis que la figure 5 montre que le pétiole, déjà séparé de la tige depuis quelque temps, a une section presque triangulaire ; il est environné de poils scarieux en très grand nombre, et latéralement en i i se trouvent des sections de feuilles qui, d’après leur position et le mode de groupement, semblent plutôt appartenir au rachis g qu’à la tige même.

La mauvaise conservation du tissu intérieur m’a empêché de reconnaître si, de même que le pétiole de la figure 9, il était parcouru par des faisceaux latéraux se portant aux subdivisions de la fronde.

Si l’on admet que les sections i i, fig. 9, appartiennent à la base de feuilles scarieuses, on reconnaît que

ces espèces d’écailles se trouvaient sur une spirale ou peut-être sur un double verticille, de façon que les feuilles de l’un des verticilles fussent alternantes avec les feuilles de l’autre.

Quant au nombre de feuilles qui se trouvaient sur chaque verticille, je n’ai pu le déterminer d’une manière certaine.

Cependant, en mesurant la distance angulaire moyenne de deux faisceaux voisins, en me servant pour cela des lacunes visibles sur la coupe transversale, fig. 1, je suis arrivé au nombre moyen 31°, qui exprimerait la distance angulaire de deux feuilles écailleuses, on aurait ainsi de 11 ou 12 feuilles pour un tour de spire, soit 23 ou 24 pour les deux tours de spire ou les deux verticilles. Par conséquent, ces feuilles seraient sur une spirale de 2/21, ou 2/23, ou peut-être sur un double verticille de 11 ou|12 feuilles.

Quant à la nature des frondes, leurs divisions et la disposition des organes reproducteurs, nous exposerons plus loin quelques considérations qui permettent d’entrevoir les fructifications et le feuillage que les zygopteris ont portés ; ces déductions sont tirées tout à la fois des empreintes trouvées dans les schistes houillers, et des restes conservés dans la silice.

Les écailles qui entouraient la tige peuvent au contraire être décrites immédiatement. Si l’on se reporte aux figures 5, 6, 7, 8 et 9, qui représentent quelques coupes faites à travers les feuilles écailleuses appliquées contre la tige, on pourra acquérir quelques notions sur leur nature.

De la figure 9, on peut déduire que leur base d’insertion sur la tige était peu étendue ;

De la figure 7, qu’elles étaient appliquées le long de

la tige, assez rapprochées pour former une enveloppe co ntinue ;

Des figures 6 et 8, qu’elles étaient épaissies suivant la nervure médiane et traversées par un ou plusieurs faisceaux vasculaires.

Dans aucun cas, je n’ai constaté la forme caractéristique du faisceau pétiolaire des zygopteris ; il est vrai que l’état de leur conservation laisse à désirer dans la plupart. Cependant, pour quelques-unes, le doute n’est pas possible, fig. 8. Par conséquent, on ne peut pas supposer que ces feuilles écailleuses fussent formées par les bases étalées des pétioles, comme cela arrive dans certaines fougères, car elles auraient conservé la forme du faisceau vasculaire caractéristique. Tout ce que l’on peut admettre, c’est que dans certaines espèces de zygopteris , parmi les nombreux pétioles qui partaient de l’axe, un grand nombre avortaient et formaient les écailles qui enveloppaient la tige, quelques-uns seulement se développaient et portaient des frondes. C’est précisément le cas de l’espèce que je viens de décrire.

D’autres fois, les pétioles plus vigoureux se développaient pour la plupart et formaient alors autour de la tige une enveloppe serrée, entremêlée d’écailles et de racines. Le tubicaulis primarius de Cotta eh est un exemple.

Zygopteris primæva (Corda) Tubicaulis primarius (Cotta).

Pétioles. — Les pétioles qui ont été décrits par Cotta et qui ont été désignés par Corda sous le nom spécifique de zygopteris primæva se présentent sous la forme de rameaux cylindriques de la grosseur du doigt, disposés en grand nombre les uns à côté des autres. Entre eux se trouvent une quantité considérable de racines, plus ou

moins aplaties par leur pression mutuelle, ce qui prouve que réchantillon provient de la partie inférieure de la tige; chacune de ces racines est munie d’un faisceau vasculaire à section transversale linéaire, quelquefois de deux.

Dans l’échantillon de Cotta, le tissu cortical des pétioles est assez bien conservé et il est souvent traversé par deux faisceaux vasculaires que l’auteur appelle des pores ; c’est probablement à la meilleure conservation de cette partie que l’on doit la possibilité de les y rencontrer le plus souvent.

Le tissu cellulaire interne est généralement détruit.

Le faisceau vasculaire central a la forme d’un h, dont les deux branches latérales au lieu d’être droites sont le plus souvent concaves ; la concavité étant extérieure, c’est dans cette partie extérieure concave que l’on rencontre des petits faisceaux vasculaires qui y prennent naissance par paire et se dirigent ensuite vers l’écorce.

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