Tableau des genres de végétaux fossiles, page
appartenant aux astérophyllites, le déterminent à les comprendre dans la famille des aster ophyllitées.
Mais cette attribution n’a rien de définitif, car il termine en disant :
« Leur disposition générale annonce des plantes herbacées ou frutescentes aquatiques; doivent-elles se rapprocher des marsiliacées et des équisétacées, réunissant les folioles triangulaires tronquées au sommet, ou dentées et lobées quelquefois très profondément de quelques marsilia , à la disposition verticillaire des feuilles des equisetum ? ou, au contraire, seraient-elles, ainsi que les autres astér ophyllitées, des phanérogames gymnospermes à feuilles verticillées comme celles de certains conifères (mais dans lesquelles les feuilles ne dépassent jamais trois par verticille), et se rapprochant par leur forme de celles du ginko biloba ? C’est ce qu’on ne pourra décider que lorsque les fructifications de ces plantes singulières seront étudiées plus complètement.»
Depuis lors plusieurs travaux ont été publiés sur le genre qui nous occupe, l’un des plus importants est sans contredit la monographie de MM. Coëmans et Kickx couronnée par l’Académie royale de Bruxelles et insérée dans les bulletins de cette société (1864).
Nous extrayons de ce mémoire les détails suivants :
« En 1709, J.-J. Scheuchzer décrivit et figura, dans son Herbarium diluvianum, une petite planfp aux feuilles verticillées et arrondies au sommet, et la compara au galium mollugo de nos prairies. C’est la première indication que nous trouvions chez les anciens paléontologistes du genre sphenophyllum.
» Quelques années plus tard (1720), la plante de Scheuchzer, d’abord trouvée seulement en Angleterre,
fut indiquée aussi en Silésie (Wolkmann, Silesia subterranea) .
» En 1820, Schlotheim créa pour les plantes dont nous nous occupons le genre palmacites ( Petrefaden kunde, p. 396), qui ne comprenait alors qu’une seule espèce, le Palm, verticülatus ou sphenophyllum schlotheimii d’aujourd’hui.
» De 1820 à 1825, le comte de Sternberg publia les quatre premiers fascicules de sa Flore du monde primitif ; il avait trouvé quelques espèces nouvelles et les décrivit (1823) sous le nom de rotularia; les quatre plantes qu’il mentionne se rapportent au S. schlothei mü, au S. erosum et à sa variété saxifragœfoliwn, tel qu’on le comprend de nos jours.
» En 1822, M. Brongniart publia sa Classification des végétaux fossiles , dans laquelle on trouve la figure d’une belle variété du S. emarginatum qu’il range dans sa famille des sphénophyllites. Dans son Prodrome (1828), il proposa pour désigner ces plantes le nom de sphenophyllum qui est resté dans la science ; il y distingue sept espèces : S. schlotheimii, S. emarginatum , S. truncatum, S. dentatum, S. fimbriatum, S. quadrifidum, S. dissectum.
» La même année (1828), Germar et Kaulfuss firent connaître les S. oblongifolium et dichotomum; ce dernier ne constitue pas cependant une véritable espèce.
» Germar en 1837 fit connaître le S. longifolium, et en 1845 le S. angusti folium.
» Unger, dans son Généra et species plantarum fossilium, donne la description de quatorze espèces de sphenophyllum dont onze appartiennent à l’Europe.
» M. Constantin von Ettinsghausen, dans sa Monographie», Calamitarum fossilium in Haiding. Natunv.
Abhand. n’admet comme espèces distinctes que les S. emarginatum , S. dichotomum, S. oblongifolium et S. schlotheimii auquel il réunit, comme variétés, toutes les autres espèces.
» La diagnose du genre donnée par MM. Coëmans et Kickx, est : « Plantæ herbaceæ, caulibus simplicibus vel ramosis sulcatis, sulcis internodiorum non alternantibus; articulis inflatis, foliis cuneatis sessilibus, verticillatis nervo medio destitutis; nervulis autem æqualibus dichotomis, spicæ cylindricæ, squamis fructibusque verticillatis. »
» Ainsi caractérisé, le genre sphenophyllum forme un groupe très naturel qui mériterait certainement de constituer à lui seul une petite famille bien distincte.
» Sans mentionner les caractères tirés des épis floraux, il s’éloigne des annularia et des aster ophy Uites par ses feuilles dépourvues de nervure médiane, tandis que les sillons de la tige, qui n’alternent pas d’un mérithalle à l’autre, permettent de le distinguer des rameaux équisétiformes de l’époque houillère. »
Nous verrons plus loin que la structure anatomique de la tige confirme les conclusions des savants belges; car non-seulement les tiges ou rameaux des sphenophyllum diffèrent des tiges ou rameaux d ’ annularia et d ’ aster ophy llite par les cannelures de la surface, mais encore par ce fait capital que les premiers ont leur tige creuse ou cellulaire à l’intérieur, tandis que celle des sphenophyllum est toujours occupée par un axe vasculaire et persistant. On peut donc être surpris de voir, dans certains travaux publiés récemment, confondre ensemble les tiges A aster ophy lûtes et les tiges de sphenophyllum.
a Dans la flore actuelle, il n’y a aucun type auquel c. r. 11
on puisse convenablement comparer le genre sphenophyllum.
» Schlotheim le rapproche des palmiers; Lindley et Hutton 1 des conifères et notamment des salisburia.
» Karl Muller 2 3 assimile le splienophyllum schlotheimii au phyllocladus trichomanoïdes.
» Tous ces rapprochements nous paraissent peu naturels; les sphenophyllum constituent un type propre à l’époque houillère et sans analogue dans les périodes suivantes.
» Il nous est même impossible de décider si ce groupe de plantes doit être rangé parmi les cryptogames ou parmi les dicotylédones gymnospermes; cette dernière opinion émise par M. Brongniart, dans son travail sur les différentes périodes de végétation qui se sont succédé à la surface du globe s, se base sur le port de la plante et la nature probable de ses organes de fructification et nous paraît sinon prouvée du moins très vraisemblable. »
M. Schimper 4 ne partage pas les doutes de MM. Coëmans et Kickx sur l’embranchement auquel ces plantes appartiennent. La structure générale de leur tige, dit-il, est celle des équisétinées, et celle de leurs épis fructifères rappelle tout à fait l’organisation des chatons de lycopodiacées. Les grains qu’on a observés dans les capsules sont évidemment des sporules ; rien n’indique donc une ressemblance directe avec les gymnospermes auxquels ces savants voudraient réunir ces végétaux.
Les sphenophyllum étaient des plantes aquatiques,