‹ Recherches sur la structure et les affinités botaniques des végétaux silicifiés requeillis aux environs d'Autun et de St. ÉtienneChapitre 48 sur 61 · Flore carbonifère du départ, de la Loire, p · texte numérisé non relu

Flore carbonifère du départ, de la Loire, p

de 6, 9, 1 2, et sans doute aussi 18, que les sphenophyllum forment deux séries d’espèces, l’une où les verticilles se composent toujours de six feuilles biséquées, ayant deux nervures à la base et naissant de tiges largement sillonnées; l’autre où les feuilles, en nombre variable des tiges aux branches, ont une seule nervure radicale et correspondent sur la tige à autant de petites côtes. »

L’étude anatomique de coupes transversales faites à la hauteur des nœuds, sur d’assez nombreux échantillons, et qui permettent de reconnaître avec certitude le nombre des feuilles et celui des faisceaux vasculaires qui pénètrent à la base de chacune, a montré que pour un nombre constant de feuilles, 6 par exemple, celui . des faisceaux vasculaires était 12 et 18, correspondant à 3 ou 4 nervures et à autant de divisions profondes de la feuille.

Si les divisions se prolongent jusqu’à la base de chaque feuille, ce qui arrive souvent pour les feuilles inférieures, la même espèce de 6 feuilles en présentera à la fois 6, 12 et 18; 6 à la partie supérieure de la plante et 12 et 18 à la partie inférieure.

Les caractères qui ont paru les plus constants à MM. Coëmans et Kickx sont la forme des feuilles et la nature de leurs bords.

Le nombre des nervures pris au sommet de la feuille coïncide toujours avec celui des dents.

En dehors des six espèces suivantes, ils croient que le genre sphenophyllum ne possède pas d’autre représentant en Europe.

Je rapporterai ici la diagnose de ces espèces, car on comprend facilement toute l’importance qu’il y aurait à pouvoir identifier quelques-unes de ces espèces avec

les tiges de sphenophyllum munis de leurs feuilles, dont je donnerai plus loin la description.

ire espèce. -—Sphenophyllum schlotheimii (Brong.).

« Foliis integris, late cuneatis, apice obtusissime rotundatis, leviter crenatis, nervis numerosis (15-20 raro 25-30) ad basim in nervum unicum non confluentibus ; verticillis 6-9 phyllis ; spicis axillaribus, verticillis spicarum normaliter hexacarpis. »

Je ferai remarquer que les échantillons, types du Sp. schlotheimii, ont une nervure radicale unique qui se subdivise déchotomiquement jusqu’à la marge.

iie espèce. — Sphenophyllum emarginatum (Brong.).

« Foliis angustioribus, arcte cuneatis, integris, truncatis, obtuse dentalis, nervis haud numerosis (8-12), ad folii basim confluentibus, verticillis 6-9 phyllis. Spicæ nondum repertæ. »

Si les nervures sont confluentes à la base, comme le disent les auteurs, elles ne se soudent probablement pas en une seule.

me espèce. — Sphenophyllum longifolium (Germar).

« Caule crassiusculo ; foliis magnis (2, 3 vel 4 cent, longis), elongato cuneatis, aliquando magis dilatatis, apice bifidis, lobis indivisis, vel fissis, dentatis ; dentibus validiusculis, ovato lanceolatis, acutiusculis ; nervis numerosis (14-20), ad basim non confluentibus ; verticillis (6-9) phyllis. Spicæ nondum repertæ. »

Dans cette espèce comme dans les sphenophyllum précédents, les feuilles inférieures sont profondément

découpées et présentent ainsi deux formes distinctes comme les batrachium, quelques ombellifères et d’autres plantes aquatiques de la flore actuelle.

ive espèce. — Sphénophyllum erosum (Lindl. et Hutton).

« Foliis latiusculis, integris apice truncatis et dentatis, dentibus regularibus brevibus et acutis ; nervis haud numerosis (6-12), ad basim folii confluentibus ; verticillis 6-12 phyllis, spicæ ignotæ. »

La variété S. saxifragœfolium Sternb., très commune, est rangée de même que l’espèce type par M. Grand’- Eury dans la deuxième série des sphénophyllum; celle qui renferme les sphénophyllum à feuilles ayant deux nervures radicales, ses caractères sont :

« S. foliis angustioribus et magis elongatis, apice profunde dentatis vel fissis, dentibus segmentisque acutis, nervis paucioribus. »

Cette variété se distingue du type par ses feuilles profondément dentées et même découpées à des degrés variables.

Ces segments, ordinairement étroits et divisés, présentent parfois une sorte de dichotomie.

Les tiges de la variété sont souvent plus fortes que dans l’espèce et offrent fréquemment des entre-nœuds très courts comme ceux du S. angusti folium. On serait tenté de supposer que la forme saxifragœfolium représente les feuilles du S. erosum.

ve espèce. — Sphénophyllum ungustifolium (Germar).

« Foliis elongatis, angustis, apice 2, 3, 4 fissis laciniis linearibus, acutis, nervis raris (2-4) verticillis plerumque 6 phyllis, internodiis sæpe brevissimis ; spiciS

terminalibus, verticillis spicarum normaliter octocarpis. »

Cette espèce, trouvée par Germar à Wettin, est parfaitement caractérisée et ne peut en aucune façon être considérée comme variété du S. schlotheimii ; elle s’en distingue par la position des épis qui terminent toujours un rameau au lieu d’être axillaire comme dans cette dernière espèce.

Si l’on veut rapprocher le S. angustifolium de quelqu’autre type du même genre, c’est avec le S. saxifragœfolium qu’on lui trouvera le plus de ressemblance ; mais il sera toujours facile à reconnaître à ses feuilles allongées, étroites, à pointes terminales, linéaires et aiguës, qui lui donnent un faciès tout particulier.

« On décrit généralement le S. angustifolium comme ayant des mérithalles extrêmement courts ; nous avons vu des échantillons du Wettin et de Mannebach qui en avaient d’assez allongés, sans néanmoins atteindre la longueur de la feuille. »

« Après avoir soigneusement examiné les épis de cette espèce, nous croyons pouvoir indiquer que le chiffre normal des fruits est de huit dans chaque verticille ; il se pourrait toutefois que l’on trouvât des épis à verticiiles hexacarpés ou tetracarpés. »

La constitution du faisceau vasculaire de. l’axe des sphenophyllum , comme nous le verrons plus loin, rend ce nombre de huit très improbable pour les fruits placés normalement sur un verticille.

vie espèce. — Sphenophyllum oblongifolium (Germar).

« Foliis parvis lanceolato obovatis, bifidis lobis dentatis, nervis paucioribus (4-8) verticillis hexaphyllis,

spicis grande bracteatis, spicarum verticillis probabiliter tetracarpis. »

Pour le nombre des fruits, même remarque que pour l’espèce précédente.

Les feuilles de cette espèce peuvent avoir quelques ressemblances avec celles du S. saxifragœ folium qui sont peu profondément divisées, mais elles s’en distinguent toujours cependant par leur forme oblongue. Elle n’a au contraire aucune analogie avec le S. angustifolium qui a des feuilles cunéiformes, étroites, tout à fait caractéristiques.

Ces sphenophyllum ont deux nervures à la base des feuilles qui déterminent leur division en deux lobes prononcés.

M. Grand’Eury fait remarquer (1. c.) que les feuilles généralement ramenées du même côté, indiquent des plantes traînantes, qu’il y en a avec des feuilles planes, plus grandes, très inégales, plus allongées latéralement qu’en avant et surtout qu’en arrière, comme si elles eussent flotté.

Les épis de cette espèce ont été reconnus et figurés par le même auteur ; chaque bractée porte une paire de sporanges épiphylles disposés à peu près comme dans les lycopodes.

Aux espèces précédentes admises par les savants belges, il faudrait ajouter les deux espèces suivantes.

vu0 espèce. — Sphenophyllum ynajus (Brong.).

« S. à longues feuilles cunéiformes, largement fissurées au milieu, avec plus de deux nervures à la base des feuilles, se bifurquant lentement, plusieurs fois de suite, et produisant une texture de feuille de nœggérathiée. »

vme espèce. — Sphenophyllum Thonii (Mahr).

« 8, à larges feuilles, longues, orbiculaires, arquées, avec nervation dissymétrique, à feuilles frangées sur les bords ou planes, insérées par une large base sur une tige articulée à longue distance, et munies de quatre nervures radicales se dichotomisant, chacune plusieurs fois de suite, sous un angle assez ouvert. »

Les espèces dont je viens de donner la diagnose sont, comme on le voit, établies uniquement sur des empreintes qui ne peuvent offrir que les caractères extérieurs des plantes qu’elles nous ont transmises. Les végétaux conservés dans la silice ne présentent au contraire, le plus souvent, que des particularités de structure anatomique interne ; il est rare en effet de trouver la plante silicifiée, isolée de façon à ce qu’on puisse reconnaître sur un même échantillon la structure des tissus en même temps que la surface extérieure, de là d’assez grandes difficultés pour identifier avec quelque certitude les espèces conservées par l’un et par l’autre procédé. J’espère pourtant, dans les lignes suivantes, préciser suffisamment les caractères spécifiques de quelques sphenophyllum silicifiés, pour qu’il n’y ait aucun doute sur la légitimité des attributions génériques, et même spécifiques, que j’ai faites il y a quelques années, concernant les petites tiges feuillées découvertes à Saint-Étienne et à Autun, et que j’ai rapportées aux sphenophyllum. 1

1. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici qu’un premier mémoire sur les tiges de sphenophyllum , que j’avais adressé à M. Brongniart, au commencement de l'année 1870, pour être inséré dans les Annales des sciences naturelles, a été perdu, texte et planches, pendant le siège de Paris ; les

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