PRÉFACE XIX
divisé par son prix, et est donc par hypothèse égal à un, puisque, comme nous l'avons dit, l'utilité du dernier élément de marchandise est égale au prix de cet élément. Gossen dit en outre (p. 85) : « Afin que l'échange produise le maximum de valeur, il faut qu'il ait pour résultat de repartir entre les hommes chaque article de telle sorte que le dernier atome de chaque article assigné à chaque individu crée chez lui la même jouissance que le dernier atome du môme article chez tout autre individu ». Cette proposition elle aussi n'est d'après notre exposé qu'une chose évidente, car, si l'utilité pour tout individu du dernier élément acheté est égale au prix de l'article en question, comme le prix- est le môme pour tous, l'utilité du dernier élément doit être la même pour tous les individus qui achètent.
Mangoldt (') établit une figure où les abscisses représentent les quantités et les ordonnées les prix, détermine le prix et le débit par l'intersection d'une courbe descendante de demande et d'une courbe ascendante d'offre et établit la marche asymptotique de cette dernière; il distingue aussi l'influence des articles qui se complètent et des articles qui se font concurrence.
Jevons, à l'exposé duquel nous revenons toujours de préférence pour la clarté et la richesse d'idées qu'il offre dans son ensemble, a en outre le mérite d'avoir tiré les ouvrages de Gosskn de l'oubli où ils étaient tombés, il est arrivé spontanément à des résultats analogues dans leur ensemble, en prenant comme point de départ un système de coordonnées dans lequel c'est aussi le temps qui est représenté par les abscisses d'une courbe et l'intensité de
(') Grundriss der Volkswirtschaftslehre, par II. von Mangoldt, Stuttgart, Engelhorn, 18G3.