CHAI'. I. — LES COURBES TOTALES
autres articles et l'appréciation de l'argent par tous les intéressés restent entièrement invariables. Ce genre d'hypothèses est indispensable : un examen de la formation des prix serait en effet impossible si nous voulions en faire fluctuer tous les éléments en même temps ; mais tant que nous nous en tenons à nos hypothèses, la courbe des coûts OA et par conséquent aussi la courbe de l'offre OA' restent exactes d'un bout à l'autre de leur tracé, bien que la courbe de l'utilité OX et, avec elle, la courbe de la demande O.X subissent une modification, et réciproquement.
6. Le profit de la production, le profit de la consommation et le profit commun. — Si nous considérons les courbes dérivées dans tout leur tracé, nous remarquons ceci : de même que, pour la courbe de l'offre, tout rayon vecteur suivant est plus rapproché de la perpendiculaire que tous les rayons vecteurs précédents, de môme, pour les quantités produites croissantes, le prix doit augmenter si les producteurs se voient amenés à produire réellement ces quantités croissantes. De celte augmentation simultanée de la quantité produite et du prix résulte un accroissement d'autant plus grand du bénélice brut. En même temps augmente aussi l'excédent du bénélice brut sur le coût de production, c'està-dire le profit qui découle, pour l'ensemble des producteurs de l'article .4, de la production de cet article pris à paît. Il en est de même pour toute quantité produite donnée par l'écart, dans le sens vertical, des courbes OA et OA .
D'après la forme opposée de la courbe de la demande ON , le prix doit baisser avec l'augmentation de la quantité consommée, si les consommateurs se voient amenés à acheter réellement cette quantité croissante. Les changements en sens contraire de la quantité et du prix présentent ce résultat que la dépense des consommateurs suit la courbe de la demande, allant d'abord en augmentant, atteignant sou maximum au plus haut point de cette courbe, et s'abaissa nt
ensuite. 11 y a ainsi pour tout article une quantité pour laquelle on peut faire la dépense maximum, tandis que toutes les quantités excédentes ne peuvent être consommées que si la dépense qu'elles nécessitent est plus petite. Si le prix est égal à zéro, prix qui amène les consommateurs à employer le quantum de pleine satisfaction désigné par l'abscisse du point d'intersection de la courbe ON' avec l'axe des abscisses, la dépense sera, elle aussi, égale à zéro. L'excédent de l'utilité de la quantité achetée sur la dépense faite pour elle, c'est-à-dire le profit qui résulte, pour tuus les consommateurs de l'article A} de l'emploi de cet article pris à part, est représenté pour toute quantité consommée par la distance correspondante, dans le sens vertical, des courbes ON et ON', et il ne cesse d'augmenter avec eile. Si cette quantité donne pleine satisfaction, ce profit est égal à l'utilité totale de la quantité. Des quantités plus considérables ne peuvent être employées que moyennant paiement à l'acheteur, c'est-à-dire pour des prix négatifs de l'article A ; ce paiement se joint à l'utilité de la masse en question, le gain résultant de la consommation est ainsi mesuré, après comme avant, par l'écart, dans le sens vertical, des courbes ON et ON', et il ne cesse donc pas d'augmenter avec l'accroissement de la quantité consommée.
Si nous considérons aussi la distance des deux courbes originaires OA et ON dans le sens vertical, elle mesure sur chaque abscisse l'excédent de l'utilité sur le coût de production. Cet excédent constamment mesuré en argent est représenté par la longueur bd pour une quantité annuelle Ou : la partie bc va aux producteurs et la partie cd aux consommateurs. Certes, il est conforme à l'intérêt général que l'excédent résultant de la somme de ces deux parties soit te plus grand possible ; c'est cet excédent que nous dénommons le gain commun. Or, nous savons que, si l'abscisse croit, les tangentes de la courbe OA ne cessent de se rapprocher de la verticale, tandis que les tangentes de la courbe ON ne