‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 3 sur 128 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

individus. Mais, s'il s'agit de sentiments qui s'équilibrent à peu de chose près, si bien que c'est un tout petit excédent qui fera pencher le plateau de la balance et portera la volonté à se déterminer dans un sens ou dans l'autre, il y a là le point de départ d'une mesure. Nous voyons en effet que le chiffre d'une somme d'argent peut porter les individus à se priver d'une jouissance ou au contraire à faire un elfort plus considérable ; nous croyons donc avoir trouvé une mesure, non pas à vrai dire pour les sentiments individuels dans leur ensemble, mais pour leurs petites modifications qui entraînent la décision. Nous savons parfaitement que l'appréciation subjective de la valeur de l'argent varie d'époque à époque, d'individu à individu et même que pour chaque individu elle est loin d'être constante. Mais, bien que le florin et même le kreuzer aient pour le riche et pour le pauvre une valeur très inégale, la dernière fraction d'un article quelconque, que telle ou telle personne vienne encore l'acheter pour la même somme d'argent, a pour chacune d'elles exactement la valeur de cette somme d'argent. Or la crainte des fluctuations de la valeur de l'argent semble avoir détourné la plupart de nos prédécesseurs d'étudier la théorie du prix et les avoir portés à s'occuper de préférence du problème de l'échange, qui élimine la question de la valeur de l'argent. On sait, il est vrai, que toute mesure est relative, que tout étalon est sujet à des variations, et la source de l'erreur réside précisément dans le fait que l'on perd de vue cette possibilité de variation.

Dans les recherches purement théoriques qui vont suivre, nous nous sommes bornés à un champ d'exploration étroitement délimité ; mais la théorie du prix nous a paru particulièrement importante, parce que, dans la fixation de la

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