‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 40 sur 128 · CIIAP. [. — LA COURBE DE LA JOUISSANCE · texte numérisé non relu

CIIAP. [. — LA COURBE DE LA JOUISSANCE

annuelle quelconque d'un certain article A nécessite ainsi, nous le voyous, la comparaison eu Ire, d'une pari, la salisfaction que procure la consommation de la dite quantité dans la combinaison la plus avantageuse de la consommation annuelle totale, et, d'autre part, cette satisfaction qui peut être obtenue si l'on n'a pas recours à l'article A. Nous devons donc tout d'abord traiter de la satisfaction dans sa dépendance par rapport à chaque combinaison de la consommation annuelle totale, et, dans ce but, la combinaison de consommation doit être déterminée dans lous ses détails avec encore beaucoup plus de précision qu'on ne l'a fait (§ 29) à l'égard du genre de vie dans le sens le plus étroit. Avant tout il faut donc établir de la façon la plus exacte la qualité de lous les articles faisant partie de celte combinaison. Pour tout objet de consommation, il ne suffit pas de connaître sa quantité annuelle, mais il faut aussi connaître la reparution de celle-ci entre les diverses paris de consommation, exactement déterminées d'après leur quantité et leur qualité. De plus il faut ajouter aux articles de consommation les jouissances tirées de tous les objets d'usage dont on n'est que locataire, et les prestations des domestiques, des professeurs, des médecins, elc, et enfin toutes les satisfactions liées à une dépense d'argent, entre autres la manifestation de l'amour du prochain et de l'esprit public. Quant h tout objet d'usage, il faut connaître non seulement la quantité et la qualité des exemplaires nouveaux à acheter, mais aussi la quantité et l'état d'usure de ceux possédés au début de l'année considérée ; la combinaison de consommation n'est déterminée d'une façon parfaite que si le nombre des objets en usage en même temps ou successivement dans le cours de l'année et le mode de cet usage Boni précisés avec assez d'exactitude pour que le nombre et l'état de conservation des articles restant à la lin de l'année en résultent par là même. Par exemple, pour les vêlements et le linge, outre le nombre el la qualité des

90 PART. III. L'lNDIVIDÜ ET LA CONSOMMATION

pièces existant au début de l'année et de celles à acheter, il faut encore savoir combien de fois chaque article est employé, combien de temps dure chacun de ces emplois, quel degré de soin est consacré à son nettoyage et à son entretien, etc. Tous les objets faisant partie de l'installation, de même que la possession d'une maison ou d'un bien-fonds etc., doivent être comptés parmi les articles d'usage ; de plus il faut tenir compte de la possession de valeurs mobilières et d'autres capitaux, des droits à un traitement ou à une pension, etc., de sorte que, dans toute combinaison de consommation déterminée, le revenu de l'individu sera connu ; il va de soi, par contre, que le passif ne doit pas être négligé.

La détermination de la combinaison de consommation nécessite en outre que toute la répartition du temps de l'individu considéré soit fixée avec précision, caria satisfaction due à la consommation totale dépend aussi des agréments qui ne sont pas liés à un débours d'argent et d'autre part des désagréments qui peuvent se produire. Aucune combinaison de consommation n'est tout à fait exempte de désagréments, car, si nous faisons entièrementabstraction de l'effort inhérent à une activité productrice, chacun doit exécuter en personne certains travaux domestiques ou organiser et surveiller leur accomplissement par d'autres. De la fatigue et des soins sont nécessaires pour empêcher un abus dans la consommation et dans l'usage des divers objets ; sans ces soins, la quantité et la qualité du stock restant en fin d'année se modifieraient et la combinaison de consommation ne serait plus la même.

Les qualités physiques, intellectuelles et morales non seulement des membres de la famille de l'individu considéré, mais aussi de toutes les autres personnes faisant partie de sa maison influent aussi beaucoup sur la satisfaction, de sorte que la détermination d'une combinaison de consommation nécessite aussi, à ce point de vue, la plus

CHAP. I. — LA OOUBBE DE LA JOUISSAHCE 9J

grande précision. Les revenus en nature des gens faisant partie de la maison ont leur influence sur la combinaison de consommation du chef de famille, de même que la répartition de leur temps, pour autant que le chef s'en occupe ; il faut euiin tenir compte de la satisfaction de ces personnes, car la mauvaise humeur et la bonne volonté ont pour effet une différence dans la qualité de leur prestation. La libre disposition, par les gens faisant partie de la maison, des paiements en espèces qui forment leur salaire et de leur temps libre n'a par contre rien à. faire avec la combinaison de consommation du chef de la famille.

33. La combinaison de consommation la plus avantageuse. — La satisfaction due à une combinaison quelconque de consommation dépend non seulement des agréments et des désagréments qui s'y attachent, mais aussi, d'une façon essentielle, de l'influence qu'elle exerce par la dépense nécessaire à l'égard du revenu et par la détérioration des articles d'usage sur la fortune restant à l'individu à la fin de l'année considérée. S'il est difficile de mesurer en argent la satisfaction totale ressentie par une individualité économique du fait d'une combinaison de consommation quelconque, il est évident que la satisfaction doit augmenter si la fortune restant en lin d'année s'accroît d'une certaine somme d'argent, par suite, par exemple, de la baisse du prix d'un article compris dans celte combinaison. Cet accroissement de la satisfaction correspond exactement à cette somme d'argent, tant que nous pouvons supposer que l'augmentation du montant de l'inventaire en fin d'année n'exerce aucune influence sur l'appréciation subjective de la valeur de l'argent de la part de l'individu déterminé, avec précision, dans toutes ses qualités et dans sa propriété au début de l'année. Mais, dans cette hypothèse à laquelle il laut toujours se tenir, un tel individu sera en situation de mesurer en argent la différence de la satisfaction résultan

92 PART. m. — l'individu et la consommation

des diverses combinaisons de consommation pour des prix donnés de tous les articles. En effet, si le choix entre deux combinaisons différentes de consommation, eu égard à leurs agréments et à leurs désagréments ainsi qu'au montant de l'inventaire restant en (in d'année dans les deux cas, est tout à fait hors de doute, on pourra toujours lixer une somme d'argent dont le paiement par un étranger pourrait améliorer l'un des inventaires de fin d'année suffisamment pour que la satisfaction fût de nouveau la même dans les deux cas. Cette distinction de la différence entre les satisfactions dues à diverses combinaisons de consommation est influencée par toutes les qualités physiques, intellectuelles et morales de l'individu, ses besoins, ses inclinations et ses habitudes, et surtout par l'importance, le genre et la qualité de sa possession initiale. En même temps cette distinction fait ressortir l'estimation individuelle de la valeur de l'argent qui dépend des mêmes facteurs. Ainsi la possession initiale d'une certaine maison d'habitation par exemple aura cette conséquence que, en règle générale, seules ces combinaisons de consommation qui comprennent la possession de cette maison entrent en ligne de compte, tandis qu'une combinaison de consommation reposant sur la vente de cette maison, la location d'une autre demeure, peut-être môme dans une autre ville, et l'achat éventuel de valeurs mobilières ne sera prise en considération que dans des circonstances tout à fait extraordinaires. De même, bien qu'à un degré très différent, dans l'évaluation de la différence entre les satisfactions liées à diverses combinaisons de consommation, la possession initiale de tout genre, môme la possession de meubles, d'habit.«, de linge, etc., se fait sentir jusqu'au minimum. Pour chaque individualité économique de cette sorte, déterminée avec précision, non seulement dans ses qualités personnelles, mais encore dans la quantité et la répartition de sa possession

i HAI'. I. — LA COURBE DE LA JOUISSANCE 1>3

initiale, .si les prix de tous les articles sont donnés sans exception, il n'y aura jamais, parmi les innombrables combinaisons de consommation possibles, qu'une seule combinaison présentant le maximum d'avantages et procurant le maximum d" satisfaction. Toute combinaison autre serait ou bien désagréable ou bien agréable en soi, mais alors l'avantage serait plus que contrebalancé par l'augmentation de dépenses nécessaires, d'où il résulterait une diminution de fortune en fin d'année, ou par d'autres inconvénients. Ainsi l'augmentation des parts de consommation d'un article ou le remplacement d'une part plus petite par une part plus importante aurait pour conséquence ou bien un trop grand surplus de dépense ou bien, si la quantité annuelle reste constante, l'obligation, toujours ressentie d'une façon particulièrement désagréable, de mesurer les diverses parts avec parcimonie. De même toute multiplication du nombre des emplois d'un article quelconque d'usage ou toute augmentation de la durée d'un seul de ces emplois porterait préjudice à la valeur de l'inventaire en lin d'année ou, si l'usure annuelle de l'objet en question doit ne pas varier, nécessiterait un soin pénible dans chaque emploi. Un accroissement des services delà domesticité, désirable en soi, a cet inconvénient qu'il faut y contraindre les dites personnes et exciter leur mécontentement. Toute modification de la répartition du temps en faveur d'une occupation ou d'une jouissance quelconque ne peut être obtenue qu'en limitant le temps disponible pour d'autres choses, etc.

34. La jouissance et la satisfaction initiale. — Pour pouvoir maintenant nous rendre compte de l'influence des quantités changeantes d'un certain article A sur la satisfaction ressentie par une individualité économique donnée, qui connaît le prix de tous les autres articles, imaginons qu'une quantité quelconque do A est mise gratuitement à sa disposition. Supposons en outre que cette

y* PART. III. — L INDIVIDU ET LA CONSOMMATION

quantité n'est à sa disposition qu'en vue de la consommation de l'année courante et non en vue de la constitution d'un stock, et que l'individu en question ne possède au début de l'année aucune provision de A. Aussi nous limitons-nous d'abord aux objets de consommation, parce que, pour les objets d'usage, on ne peut guère faire abstraction du fait qu'il reste en général un stock d'articles, déjà utilisés, mais pas encore tout à fait usés, et du fait qu'au début de l'année il en est déjà de même. L'individu considéré a, pour toute quantité déterminée x de l'article de consommation A , ici encore, le choix entre de nombreuses combinaisons différentes de consommation, qui comportent des quantités fort différentes des autres articles et des modes différents d'emploi de la même quantité x de A ; mais, de toutes ces combinaisons, il n'y en aura jamais qu'une qui sera la plus avantageuse. Cette même combinaison qui convient le mieux à la consommation de la quantité x de A reste avantageuse, tant que l'appréciation individuelle de la valeur de l'argent peut être considérée comme invariable, si la quantité x peut être achetée à un prix quelconque tgQ au lieu d'être gratuite. Dans l'hypothèse que nous venons de mentionner, il y a diminution du montant de la fortune en fin d'année et de la satisfaction procurée par toutes les combinaisons comprenant la même quantité x de A, et cette diminution est égale à la dépense, c'est-à-dire à x . tgQ.

A la satisfaction offerte par la combinaison de consommation la plus appropriée à la quantité annuelle x de l'objet de consommation .4, sans considération du coût d'acquisition de cette quantité, nous attribuerons le nom de jouissance procurée par cette même quantité. Nous pouvons également fixer la jouissance afférente à toute quantité annuelle de l'article de consommation considéré, et aussi la jouissance afférente à la quantité zéro : il s'agit alors de la satisfaction, déjà mentionnée plus haut, que l'on peut atteindre

CHAI'. J. — LA COURBE DE LA JOUISSANI i: • *■'">

sans recourir à l'article A et qui provient de la combinaison la plus avantageuse de toutes les combinaison en généra] possibles au cas d'exclusion de A. Nous qualifions celte satisfaction de satisfaction initiale. Gomme nous avons déjà vu que l'utilité d'une quantité annuelle quelconque d'un article déterminé A indique l'augmentation de satisfaction qu'occasionne la consommation de cette quantité sans égard au coût de l'acquisition, il est clair que nous obtenons la jouissance dépendant de la quantité en question en ajoutant la satisfaction initiale à l'utilité, de même qu'inversement l'utilité de la même quantité n'est rien d'autre que la jouissance diminuée de la satisfaction initiale.

35. Tracé de la courbe de la jouissance. — Représentons, dans la figure 3i), comme ordonnées au-dessus du point 0, la satisfaction initiale Ob, et au-dessus de cbacune des autres abscisses la jouissance relative à la consommation de la quantité annuelle en question x de l'article .4 ; nous obtiendrons une série de points d'un tracé généralement ii régulier dont les ordonnées sont toutes plus longues de Ob que celles de la figure M2. Ne partant plus du point <9, mais du point b, nous pouvons procéder tout à fait de la même manière que dans la figure 32, pour éliminer les quantités impropres, et nous obtenons ainsi une courbe concave bg, la courbe de la jouissance relative à l'article A. On obtient également cette courbe si l'on reliausse la courbe de l'utilité On, d'un bout à l'autre, d'une quantité Ob ; à l'inverse nous obtenons On en rabaissant la courbe bg d'une quantité Ob. Gomme les courbes bg et On ne diffèrent que par leur situation en bauteur, la courbe de la demande On' peut être dérivée aussi bien de la courbe bg que de la courbe On. Gbaque ordonnée de la courbe de la jouissance bg désigne en même temps la satisfaction due à la combinaison de consommation la mieux appropriée à la consommation de la quantité considérée de A, à condition que cette

D6 PART. III. LTiNDIVIDU ET LA CONSOMMATION

quantité soit offerte à titre gratuit. Par contre si l'article A ne peut être acquis qu'au prix courant îgb, de sorte que la satisfaction diminue de la dépense correspondante x. tgO-, la satisfaction est représentée par l'écart vertical de la courbe de la jouissance bg et du point d'intersection de la courbe de la demande On' avec la ligne du prix OP. Comme nous le voyons, la satisfaction se compose de la satisfaction initiale Ob et de l'accroissement de satisfaction du à la consommation d'une quantilé x de A au prix tgB ; cette augmentation qui est représentée par l'écart vertical des courbes OnelOn' n'est autre que l'utilité expliquée (§ 6), afférente à la consomniatiou de cette quantilé de l'article A. En outre, il ne faut pas perdre de vue que cet accroissement de satisfaction n'est pas obtenu par la simple entrée de la quantité x de A dans cette même combinaison de consommation qui est la plus avantageuse lorsque A en est exclu ; au contraire, la consommation de A a plutôt pour effet de rendre avantageuses de tout autres combinaisons et aussi des quantités différentes des autres articles.

Au début, c'est-à-dire en partant de b, la courbe de la jouissance bg est en ligne droite ; sa direction étant parallèle au commencement des courbes On et On' , représente le prix maximum OP . Si l'article A est plus cher, l'individu considéré ne consommera aucune quantité de A, étant donné les prix des autres articles ; il s'en tiendra à la combinaison qui lui procure la satisfaction initiale Ob. Au prix maximum, la quantité minimum Ou. peut être consommée, mais la satisfaction ne se distingue pas de la satisfaction initiale. Par contre, si le prix de A diminue encore, la satisfaction augmente constamment et sans interruption, bien que la quantité consommée de ,4 n'augmente toujours que par unités complètes, c'est-à-dire par bonds. Pour la quantilé de pleine satisfaction par l'article A dont la consommation suppose le prix zéro, la satisfaction atteint la jouissance totale, parce que la dépense est supprimée pour A ; avec

c.ll.M'. I. — LA COURUE DE LA JOl ISSANCE 97

Futilité, la jouissance s'élève au maximum, et elle s'abaisserait si la consommation de A était poussée plus luin. Des consommations au>si exagérées ne seraient possibles que si Je prix de A était négatif; au lieu de "déduire le coût de A une prime s'ajoute à la jouissance et, malgré la diminution de cette jouissance, la satisfaction — c'est-à-dire l'écart vertical des courbes bg et On' — ne cesse d'augmenter.

Bien que la courbe de la jouissance ne se distingue de la courbe d'utilité que par sa situation eu hauteur, elle a pour nous une grande importance, car elle fait ressortir la satisfaction initiale. Si une modification se produit dans l'un quelconque des éléments supposés donnés, — soil dans une des qualités de l'individu, soit dans le prix de l'un des autres articles, — la satisfaction initiale est plus ou moins influencée. Le changement de forme qui en résulte pour les deux courbes et que nous allons traiter tantôt ne ressortirait pas d'une manière aussi claire de la seule étude de la courbe de l'utilité.

36. Articles complémentaires et articles concurrents. — Le point d'intersection de la ligne du prix représentant le prix du marché tgQ de A et de la courbe de la demande On' d'une individualité économique déterminée donne la quantité de cet article la plus avantageuse pour cette personne, et tixe en même temps la meilleure combinaison de consommation comprenant cette quantité et la quantité annuelle correspondante de tout autre article. Si, pour le prix de l'article A, nous faisons successivement diverses hypothèses, la quantité de consommation du dit objet variera, et il en résultera chaque fois d'autres combinaisons de consommation avantageuses comportant (''gaiement des quantités différentes des autres articles. Pour beaucoup d'articles, il n'y aura aucune modification, pour quelques-uns le changement se fera dans le même sens que celui de l'article .1, et pour les autres il se fera en sens opposé. En général, l'ac- Àuspitz et Lieben 7

98 part. m. — l'individu et la consommation

croissement de consommation de l'article A aura pour effet une augmentation de la consommation de ces articles qui servent à compléter la jouissance voulue par la consommation de A ; ainsi la consommation du sacre croit avec celle du café, du thé, etc. Au contraire, s'il s'agit de ces aiticles qui sont en concurrence avec .4, d'ordinaire leur consommation diminuera si celle de ,4 augmente : c'est le cas du café et du t lié, du vin ou de la bière et de l'eau-de-vie, etc. Il se peut toutefois que des manifestations tout à fait contraires se produisent par suite des influences réciproques des divers articles qui s'exercent en s'entrecroisant. Ainsi une augmentation de la consommation de calé aura toujours pour résultat un accroissement de la quantité de sucre spécialement destinée à l'adoucir, mais, si le même individu a également recours au thé et réduit considérablement sa consommation de thé par suite de l'usage plus fort de café, il se peut qu'au lieu de s'accroître, sa consommation totale de sucre diminue. Voici de même une personne qui consomme à la fois du vin, de la bière et de l'eau-de-vie; l'accroissement de sa consommation de vin entraînera une dépression de sa consommation de bière et d'eau-de-vie, mais, s'il en résulte que sa consommation d'eau-de-vie est amoindrie d'une façon particulièrement importante, il se peut que cet individu consomme plutôt plus de bière que moi us.

D'ailleurs il ne faut pas oublier que notre hypothèse, selon laquelle les prix de tous les autres articles restent les mêmes, quel que soit le prix de l'article A, ne correspond à la réalité que dans d'étroites limites. Si, pour le prix de l'article A, nous faisons successivement des suppositions différentes, de sorte que les consommateurs de cette marchandise se voient amenés à consommer des quantités convenablement changées, qui comportent pour les individus des combinaisons de consommation autres et, en conséquence, des quantités appropriées des autres articles, les

CHAP. t. — LA COURBE DE LA JOUISSANCE 99

prix de ces articles ne peuvent rester inchangés. L*n changement de prix de l'article A peut exercer une réaction plus lointaine, soit directement, soit par les prix des autres articles, sur la satisfaction des personnes faisant partie de la maison de l'individu considéré : en effet ces personnes ne trouvent plus leur suffisance avec leurs salaires, ce qui influe sur leur exigences de rémunération. Tous ces faits établissent une liaison intime entre les prix simultanément possibles des articles les plus divers, y compris les prestations personnelles. Cette connexion s'étend même encore plus loin, car le prix modifié de l'article A, abstraction faite de la réaction sur les prix des autres articles, influencera la dépense de chaque acheteur et la recette de chaque vendeur de .1, et l'on ne peut méconnaître que, dès que cette modification se fait ressentir à tel individu par rapport à sa fortune, son appréciation de la valeur de l'argent se modilie. En supposant tout d'abord la fixité du prix de tous les autres articles et de l'appréciation de la valeur de l'argent de la part de toute individualité économique donnée, nous avons fait abstraction de toutes ces interdépendances et nous devons rester attachés à ces hypothèses, comme nous l'avons déjà mentionné, parce que, si tous les éléments variaient en même temps, il ne serait pas possible de se rendre compte de l'influence de l'un d'entre eux.

Page 1