‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 68 sur 128 · LES OBJETS PART1CILIEHS · texte numérisé non relu

LES OBJETS PART1CILIEHS

70. Achat et vente d'un objet particulier. — Même parmi les articles de consommation, il y en a dont les divers exemplaires présentent des différences si nettes que chacun a un prix particulier et doit en conséquence être considéré comme un article particulier; le cas est encore plus fréquent pour les arlicles d'usage, l^n exemplaire particulier d'un poisson, d'un fruit, d'une Heur n'a pas de prix courant, pas plus qu'un cheval de course ou un chien ; il en est de même d'une parure peu ordinaire, de toutes les œuvres d'art, de toutes les machines fabriquées dans un hut spécial; et aussi de presque toutes les maisons ou tous les biensfonds, de toute exploitation ou de tout établissement pris dans leur ensemble, Pour les articles de cette nature, les questions qui se posent sont beaucoup plus simples, car il n'\ a pas de courbes totales et le prix n'est jamais arrêté qu'entre deux personnes, l'acheteur et le vendeur.

Si nous voulons étendre nos investigations à ces arlicles, il nous faut relever qu'un certain objet particulier A doit toujours être considéré dans l'état où il se trouve et que l'on ne suppose aucunement un état nouveau ou intact. On voit en outre que la courbe de la jouissance relative un dit article ne peut naturellement avoir que l comme projection horizontale et ne se compose que d'une seule ligne droite bg (Cil:. ti-J,/ ou h), située adroite ou à gauche de l'axe des ordonnées suivant que l'objet -1 doit être acquis

Auspitz et Liehen. ].",

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(fig. 62a), ou fait déjà partie de la possession initiale de l'individu en question (fig. 62o). L'ordonnée Ob représente ici encore la satisfaction initiale susceptible d'être obtenue sans acbat ou vente de A et que l'on Deut ainsi atteindre, d'une part (fig. 62a) sans acquisition de A, et de l'autre (fig. 62») sans aliénation du dit article. De même l'ordonnée qg représente dans la figure 62a la satisfaction que peut procurer l'acquisition gratuite de l'objet A et dans la figure 62ô cette satisfaction qui resterait à l'individu, après aliénation de l'article, abstraction faite du bénéfice brut en résultant. Aussi la longueur des ordonnées qg (fig. 02«) ou Ob (fig. 62£) dépend-elle non seulement de la jouissance ou du revenu que l'individu attend de la possession de l'objet, mais aussi essentiellement du montant pour lequel il peut être incorporé dans l'inventaire de fin d'année. Ce montant serait seulement égal à zéro si l'objet était consommé en totalité pendant le cours de l'année, comme tel est le cas pour la simple prise à bail d'une maison ou d'un terrain, ou quand on fait un don de l'objet ou qu'on le fait transformer en d'autres articles dont le prixestconnu. Mais l'état de fortune en résultant dans tous les autres cas ne se règle pas sur le prix courant futur attendu de nouveaux exemplaires, comme pour un article d'usage dont il existe de nombreux exemplaires identiques, ni sur les centièmes de consommation attribués en fin d'année à l'exemplaire usagé. Ici, où l'on ne peut considérer que comme des succédanés les autres objets particuliers semblables, l'individu doit surtout se former une idée du prix futur tgÇ de l'objet, et cela en tenant compte des qualités qu'il aura d'après le mode d'emploi de l'année envisagée. S'il acquiert l'objet et également s'il ne le vend pas, dans le cas de la figure 62£, il se trouvera l'année suivante dans l'alternative de le vendre ou de le conserver, et il se décidera toujours pour la solution la plus avantageuse. Le plus élevé de ces deux prix attendus par l'individu doit donc toujours être considéré

CHAP. III. — LES OBJETS PARTICULIERS l'I'

comme le prix futur tgl , c'est-à-dire ou bien le prix qu'il croit pouvoir tirer de ta vente de L'objet ou bien celui pour lequel il désire le conserver suivant son opinion du moment. Si quelqu'un spécule sur une maison ou un terrain, le prix de vente futur a seul de l'influence, car cette personne conservera volontiers l'objet tant qu'il ne pourra atteindre ce prix de vente. Mais, s'il s'agit d'un meuble ou d'une maison bâtie h son goût pour son usage personnel, ou de quelque chose du même genre, il n'y a pas lieu de se préoccuper du prix que l'on croit pouvoir obtenir dans une vente ultérieure, car l'on attribue plus de valeur à la jouissance escomptée de la continuation de son usage ; suivant l'opinion actuelle on l'estimera à un plus baut prix, auquel on conserverait volontiers l'objet l'année suivante et auquel, par conséquent, on serait volontiers disposé à l'acheter. Sauf pour les œuvres d'art, les bijoux et les autres objets ne se détériorant pas à l'usage, le prix futur tgZ, de quelque manière qu'il soit établi, dépend essentiellement, aussi, du mode d'emploi que trouve l'objet en cours d'année et par conséquent du fait qu'il soit fortement dégradé ou qu'il soit traité avec beaucoup de soins ou même qu'il soit amélioré. Ainsi une pièce de terre peut ou bien être détériorée par une culture épuisante, ou bien conserver sa qualité grâce à une exploitation rationnelle, ou bien être améliorée par l'augmentation des engrais, par le drainage ou par de nouvelles dépenses de capitaux; une maison peut être longtemps maintenue dans le même état, mais, à l'exemple d'un établissement industriel, même si on lui consacre le maximum de soins elle aura de moins en moins de valeur à mesure que le temps s'écoulera; elle peut au contraire gagner en valeur par suite de reconstructions, d'édification de bâtiments annexes, ou de modifications opportunes. De même un animal de rapport, un cheval de course par exemple*, dont la valeur décroît vite si l'on s'en gerl sans modération

228 PART. V. L'INDIVIDU DÉTENTEUR d'un STOCK

et qui peul même perdre toute sa valeur dans l'espace d'un an, peut, s'il n'est pas encore trop vieux, augmenter de valeur grâce à un traitement soigneux; de même encore un ohjet qui n'est pas sujet à une détérioration, comme par exemple un bijou, peut augmenter de prix à la suite d'un nouveau sertissage. Toutes ces circonstances, l'agrément ou le désagrément d'un usage plus ou moins intensif ou du rendement qui en découle, les frais d'un entretien à peine suffisant ou d'une adaptation à fond suivant les divers modes d'emploi de l'objet A, les prix très différents du dit article plus ou moins modifié, pendant l'année suivante, jouent un rôle dans ie cboix du mode d'emploi le plus avantageux et dans la détermination de l'ordonnée qg (fig. 62a) ou Ob (fig. Mb). De même les prix auxquels l'objet A pourrait être donné à bail sous diverses conditions influent sur le cboix du mode d'emploi le plus avantageux et également les prix des articles en lesquels l'objet en question pourrait être transformé; ainsi, par exemple, on peut démolir une maison ou une fabrique pour vendre l'emplacement et les matériaux, ou bien l'on peut transformer une maison en fabrique ou faire l'opération contraire. Mais il n'est indispensable de connaître ce prix que l'on devrait payer pour la simple location de -4 et les prix des autres objets susceptibles de le remplacer que si l'on veut déterminer les ordonnées Ob (fig. Ma) ou qg (flg. 62ô).

La perte d'intérêts et le risque de destruction et d'endommagement jouent un rôle auprès des objets particuliers comme auprès des autres articles; il y a aussi le danger de désillusion au sujet du prix futur tgÇ attendu selon le mode d'emploi de l'année courante. Cette désillusion peut aussi se produire à l'égard de l'usage ultérieur de l'objet si les articles complémentaires deviennent plus chers, si les articles concurrents baissent de prix, si les inclinations de l'individu se modifient, si sa situation de fortune empire. Mais, si l'on suppose tgX en vue de la vente, le risque de ne pas-

LES OBJETS l'Ai; I Ii l LIERS

obtenir le prix escompté est encore plus considérable ici que s'il s'agissait d'articles ayant un [»rix courant. Ce risque dépend «les qualités personnelles du vendeur, de son habileté, de son sang- froid et de sa ténacité a marchander, et aussi de sa situation de fortune, car il est toujours plus facile au vendeur plus aisé d'attendre qu'avec le temps l'objet atteigne le prix (g: qui lui parait convenable. En outre, dans la réalité, on observe l'influence d'une circonstance, laissée de côté dans notre hypothèse : l'appréciation invariable de la valeur de l'argent; avec des moyens limités, un achat coûteux est exclu a priori et la vente sans délai d'un objet de valeur peut être d'une pressante nécessité. Nous n'envisageons pas non plus le cas fréquent que voici : pour pouvoir acheter un objet .4, il faut vendre un autre objet ou liquider un placement de toute autre espèce, tandis que cette aliénation n'aurait pas lieu si l'objet .4 pouvait être acquis à très bon compte ou même à titre gratuit; en effet — tant que l'appréciation de la valeur de l'argent ne se modifie pas — il ne doit y avoir aucun changement dans la combinaison de consommation, de production et de détention de stock la plus avantageuse pour la possession de il.

Les lignes du prixOiV (fig. 62a) ou OPm (fig. 62 6) parallèles à la ligne de raccordement bg représentent l'une le prix d'achat maximum et l'autre le prix de vente minimum de l'objet .4 : l'individu achètera donc cet objet s'il suffit d'y consacrer au plus la somme qn (fig. 62a) ou bien il le vendra s'il peut au moins loucher le produit qa (fig. 62 6). Si l'objet peut être acheté à un prix OP plus bas dans la figure 62a ou plus élevé dans la figure (i-2//, de sorte que le débours dans le premier cas et la recette dans le second soient représentés par l'ordonnée qp, la longueur gp représente la satisfaction et la longueur np ou ap l'accroissement de satisfaction des respectivement à l'achat et a la vente de 1. Nous pouvons donc considérer la droite On (fig. 62a comme la

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courbe de l'utilité et, si nous lui ajoutons 1 ordonnée de son point terminus, nous pouvons également la regarder comme la courbe de la demande de l'individu pour A ; de même dans la figure 62 b la droite Oa représente la courbe du coût et, si nous lui joignons la verticale descendante de son point terminus, la courbe de l'offre. A la demande de l'individu considéré dans la figure 62a nous devons nous figurer comme opposée la courbe de l'offre du possesseur de l'objet A ; si, alors, le prix minimum de vente du possesseur est, comme OPm dans la figure 62 b, supérieur au prix maximum d'achat Oi^x (flë- 62a) c'e l'individu considéré, celui-ci doit cesser d'acheter. Mais, si ce prix minimum de vente est inférieur à OP{X , ces deux prix forment, à moins que d'autres personnes n'interviennent, les limites entre lesquelles le prix OP est déterminé par le débat entre les deux intéressés. De même dans le cas de la figure 626 l'individu ne fait face qu'à celui de tous les chalands qui est le plus désireux d'acheter.

71. La production d'un objet particulier. — Jusqu'ici nous avons supposé que l'objet particulier considéré existe; envisageons maintenant le cas où il s'agit de produire d'abord l'objet A, mais où cet article est déterminé d'avance avec précision, dans toutes ses propriétés.

Si un individu désire faire l'acquisition du dit objet ,4 et s'il ne peut le produire lui-même, il se trouve juste dans la situation de l'individu considéré dans la figure Qîa, maisavec cette différence que .4 doit toujours être considéré comme différent suivant l'époque de sa fabrication. Si, par contre, la personne dont il s'agit est capable de produire elle-même l'article, il y a lieu de tenir compte, dans la détermination de la satisfaction initiale Ob (fig. 62a) que l'on peut atteindre sans achat ni vente de A, non seulement de toutes ces combinaisons qui excluent en totalité l'objet A, mais aussi de celles qui en contiennent la production do-

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