CHAF. III. — LES OBJETS PARTICULIERS
placement est favorable, peut atteindre un prix extrêmement élevé par suite de l'impossibilité de se procurer un succédané équivalent. Pour la môme raison, dans toute contrée fortement peuplée où il n'y a plus aucune terre cultivable sans maître, toute augmentation de prix des produits du sol se répercute sur la valeurdes biens-fonds et l'élève bien au-dessus des frais de défrichement et d'amélioration. Le. prix d'un objet particulier, par contre, qu'il soit facile, difficile ou impossible de s'en procurer un semblable, baisse au-dessous du coût de production dès qu'il arrive une conjoncture défavorable aux produits qu'il permet de fabriquer. La chute du prix d'un objet de ce genre, par exemple d'une usine qui ne peut être exploitée, trouve seulement sa limite dans la possibilité de l'utiliser en vue d'autres produits ou dans la recette que l'on peut tirer des matériaux de démolition et de l'emplacement.
Dans le petit commerce, des articles deviennent des objets particuliers qui ne le sont aucunement dans le gros négoce. Il n'y a souvent, en magasin, que peu d'exemplaires présentant des différences de modèle, de couleur, de forme et qui coûtent le même prix dans le commerce en gros alors que le goût du dernier client leur attribue de l'importance. Ici encore le prix n'est souvent déterminé que par marchandage et le détaillant est en situation, si un seul exemplaire réunit toutes les qualités désirées par l'acheteur, de le faire monter jusque près du prix maximum d'achat du client. Nous touchons ainsi un cas de détermination du prix par le monopole, dont nous allons nous occuper plus spécialement.