‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 72 sur 128 · CHAI'. I. LE MONOPOLE · texte numérisé non relu

CHAI'. I. LE MONOPOLE

mum. Tandis qu'il dépend de Ja forme des courbes que Oa{ ou Oa, soit le plus grand, Oa, doit dans tous les cas être inférieur àchacune de ces deux quantités et, en conséquence, au cas d'exploitation intégrale d'un monopole de production ou de consommation, le bénéfice commun reste toujours plus considérable que si l'on s'efforçait d'obtenir le maximum du bénéfice du simple monopole. Considérons maintenant uu intermédiaire qui ne produit ni consomme l'article il, mais qui possède le monopole d'acbat aux producteurs et de vente aux consommateurs et supposons en outre que celte affaire ne cause pas de frais dépendant de la quantité débitée. Exactement le profit du monopole b'd' écherra à ce commerçant qui achète et vend une quantité quelconque Oa, pendant que, selon la courbe de l'offre, le vendeur dépense la somme ab' et que, selon la courbe de la demande, l'acheteur a une recette ad' ; c'est donc la quantité Oaz qui lui procure le maximum d'avantage.

Une entreprise de transport, une société exploitant un canal ou une compagnie de chemins de fer aurait une situation tout à fait analogue à celle d'un intermédiaire privilégié, si l'on pouvait faire abstraction du fait que les frais d'exploitation dépendent de la quantité transportée et si nous supposions que tous les vendeurs de l'article ^4 sont à un bout et tous les acheteurs à l'autre extrémité d'une certaine ligne. Une telle entreprise détermine, en fixant un taux quelconque du fret, tg-, la différence entre le prix de vente perçu par les producteurs au lieu d'origine et le prix d'achat déboursé par les consommateurs. Le fret et, de même, le péage d'un chemin ou d'un pont enchérissent l'article de tg*. tout comme le ferait un impôt § 17); la courbe de l'offre 0.4' (fig. 6oj en vigueur au lieu de production devient au lieu de consommation, par l'addition des ordonnées de la droite OS, la courbe poinlillée, plus escarpée, 0A\ ; aussi ne peut-on débiter que la quantité Oa, obtenue par l'intersection de cette dernière courbe avec OX '. De plus la somme Auspitz et Lieben. 16

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b'd' , que touche le fisc ou l'entreprise de transports, devient égale au profit du monopole qu'eût obtenu un monopoleur qui aurait limité le débit à la même quantitéOa. Si la circulation de A était exempte d'impôt ou si le fret était gratuit pour le canal, le chemin de fer, la route ou le pont en question, la quantité maximum Oa0 ferait l'objet de transactions ; mais, si le monopole de transport est exploité sans aucun ménagement ou si le fisc recherche le maximum de rendement, cette quantité se réduit à Oa3.Il reste en outre tout à fait indifférent que le fret ou l'impôt soit payé par le producteur ou le consommateur ; dans le dernier cas la courbe ON' aurait le tracé de la courbe pointillée ON' i et paraîtrait ainsi d'autant plus abaissée que la courbe de l'offre s'était élevée auparavant en passant àeOA' à OA{'. 11 y a toujours un gain du monopole plus ou moins élevé qui bénéficie à l'entreprise de transport ou au fisc. Le bénéfice commun est représenté, quand nous y incorporons le montant du fret ou de l'impôt, par l'écart vertical des courbes non changées OA et ON pour la quantité réellement achetée et vendue, et elle décroit avec celle-ci ; elle recule ainsi, dans notre figure, de b0d0 à bd. Mais en outre il faut considérer que, si le bénéfice commun, indiqué dans la figure et provenant du transport de l'article A comprend également le montant de l'impôt, il ne contient cependant pas ce profit qui peut découler pour la communauté du bon emploi de ce montant; ce profit doit être supérieur à la diminution du bénéfice commun causé par la perception de l'impôt, si toutefois l'impôt peut être justifié. 11 y a de même des ponts, des routes, des canaux et des voies ferrées qui sont utiles à la communauté, sans être, cependaut, à la disposition gratuite du public. Mais en tout cas nous voyons que toute réduction d'impôt, comme toute diminution de fret, accroît le trafic et augmente le bénéfice net des producteurs et des consommateurs tout à la fois.

Quand nous représentons le bénéfice commun, c'est-à-dire

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l'écart vertical des courbes OX etOA, par une courbe spéciale OG (fig. 66), sa dérivéeOG' nous donne la représ tation directe du bénéfice du monopole, c'est-à-dire l'écart vertical des courbes OX' et 0.4'. Le maximum de la courbe OG est situé au-dessus de l'abscisse Oa0 et celui de OG' audessus àeOa3. Reprenons le taux du fret ou de L'impôt, tg-, et menons la droite OS qui fait avec la ligne des abscisses l'angle ? ; le point d'intersection de cette droite avec la courbe OG' donne, par son abscisse, le débit On et, par son ordonnée, le bénéfice du monopole. Si le taux du fret ou de l'impôt est tellement élevé que la droite OS ne louche pas la courbe OG', le trafic de A cesse tout à fait et le bénéfice commun qui en dérive disparait en totalité. Comme le point d'intersection de OG' est au-dessus de l'abscisse Oa, pour laquelle les courbes ON et OA' sont parallèles, et comme celte dernière courbe ne cesse de monter, le maximum de OG' doit être à gauche de celui de ON'. De même la courbe OX' doit encore monter, à l'abscisse Oaiy là où elle est parallèle à OA. Un article A, pour lequel on se procure le bénéfice maximum du monopole ou pour lequel seulement on exploite sans ménagement le monopole de vente, ne peut plus appartenir à notre troisième groupe, bien qu'il s'y fût rangé au cas de libre concurrence. Pour un article de luxe dont la courbe de la demande est composée par la courbe de l'offre dans sa partie encore nettement ascendante, le profit du monopole ne peut être que peu important; c'est pourquoi les impôts sur les articles de luxe ne sont pas d'un bon rendement et que seuls les impôts sur les articles courants ont de l'importance aujpoint de vue fiscal.

74. Limitations du monopole. — In vendeur monopoleur ne consentira pas souvent au prix minimum 0Pn (fig. 6â), à moins d'être assujetti dans sa fixation du prix au consentement des autorités. Mais, même dans ce cas, l'existence du monopole n'est pas sans inconvénient pour la commu-

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naulé ; l'assurance de n'avoir aucun concurrent enlève en effet à l'entrepreneur le souci de chercher pour chaque quantité produite le minimum des frais de production. 11 n'introduira pas avec autant de facilité des modifications opportunes de l'exploitation, si elles nécessitent des installations plus considérables, et ces omissions pourraient se présenter plus souvent sous la domination du monopole privé ou d'Etat et être plus nuisibles, à la longue, à la communauté que le défaut contraire au cas de libre concurrence, à savoir l'existence d'accroissements exagérés d'entreprises en exercice ou l'établissement de nouvelles entreprises inutiles.

De même l'exploitation complète d'un monopole ne se produira que rarement. Si l'entrepreneur voulait procéder de la sorte, il ne suffit pas, comme dans la libre concurrence, que l'entrepreneur connaisse d'une façon exacte sa propre courbe du coût, pour adapter avec précision sa quantité de vente au prix courant donné; il doit en outre connaître dans toute son étendue la courbe totale de la demande ON' correspondante. Il ne sera jamais possible d'arriver à cette connaissance exacte, c'est pourquoi déjà en considération de l'opinion publique le monopoleur restera en arrière de la limite du prix OP, qu'il ne connaît qu'à peu près pour être sûr de ne pas la dépasser à son propre détriment, mais aussi au plus grand désavantage de la collectivité. En effet, si le prix de l'article monopolisé est trop élevé, un client peut, notamment quand il se trouve en face non pas d'un changement transitoire du prix, mais d'un prix durable, surmonter sa répugnance à changer quelque chose à ses habitudes ou à entreprendre des installations durables pour employer une moindre quantité ou se passer tout à fait de A et pour avoir recours à un succédané; il peut enfin être amené à abandonner tout à fait sa production par suite du renchérissement d'une matière première. Si un fabricant en vient à modifier son installation de chauffage, et peut ainsi faire des économies de houille

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