CHAP. II. — OFFRE LIBRE ET BBMANDE LIBRE
posé que toute individualité économique, envisagée isolément, avait à compter avec des prix constants de A, indépendants de sa propre influence. Nous avons abandonné cette hypothèse dans ce chapitre au sujet de l'individu isolé I, opposé à tous les autres; nous devons donc, si nous voulons procéder de façon tout à fait exacte, prendre en considération aussi des quantités dont la vente ou l'achat n'aurait pas été avantageux pour l'individu au cas du prix constant. Nous opposons donc, dans les ligures 71 a et 6, aux courbes EOJ et EOJ' non plus la courbe du coût et de l'utilité de l'individu I, mais cette série de points, en général irrégulière, qui, comme dans la figure ol sert de base à sa courbe de la jouissance située des deux côtés de l'axe des ordonnées, et nous imaginons cette suite de points tournée de 180°, par rapport à notre représentation antétérieure. En même temps nous excluons de cette série tous ces points au-dessus desquels Ton ne trouve dans les courbes EOJ et EOJ' aucun point effectif (nous considérons comme effectifs les points d'angle de la courbe EOJ qui correspondent aux parties verticales de la courbe EOJ' et aussi ces points de EOJ qui, bien (pie situés sur des parties droites représentent cependant — comme nous l'avons déjà indiqué (§ 30) — des quantités susceptibles d'être négociées sur le marché). Toutes les quantités désignées par des abscisses au-dessus et au-dessous desquelles il n'y a pas de points effectifs des courbes EOJ et E'OJ' ne peuvent être ni vendues ni achetées par l'individu I. L'écart vertical maximum de la suite de points gagn ainsi corrigée et du point final supérieur d'une partie verticale quelconque ou d'un autre point effectif quelconque de la courbe EOJ' indique alors au moyen de son abscisse positive ou négative la quantité de vente Oqt (fig. 71*/ ou d'achat Oq3 (fig. 71 la plus avantageuse pour 1. Le prix le plus favorable au même individu <>l\ dans le premier cas et OPt dans le second est représenté par la direction du rayon vecteur du
264 part. vi. — l'influence de l'individu sur le prix
point effectif correspondant de la courbe E'OJ'. Si nous voulions également déterminer la quantité de vente Oq0 la plus considérable possible (fig. 71a), il nous faut ne pas perdre de vue que l'individu 1 peut vendre au maximum cette quantité pour laquelle le coût de la production de la dernière petite portion est justement couvert par la recette correspondante. Mais les frais de production de la dernière portion sont donnés, pour toute quantité de vente, parla ligne de liaison la plus escarpée du point considéré de la série gagn avec un point quelconque situé plus à gauche — éventuellement aussi à gauche — du point 0. La vente ne peut donc être accrue au delà de cette quantité pour laquelle cette ligne de liaison la plus escarpée l'est cependant encore moins que le rayon vecteur du point effectif correspondant de la courbe OJ'; la direction de ce rayon vecteur désigne, en effet, le prix OP0 auquel l'individu I peut encore tout juste débiter sa quantité de vente la plus forte possible Oq0 . Tout à fait de même, si l'individu I se présente comme acheteur (fig. 71/;), la plus grande quantité possible d'achat Oq0 est déterminée par ce fait que la ligne de liaison la moins escarpée du point de la série gag„ situé au-dessous de q0 avec un point quelconque de cette série situé plus à droite doit être encore plus escarpée que le rayon vecteur du point effectif correspondant de la courbe OE', et la direction de ce rayon vecteur indique le prix OP0 auquel l'individu I peut encore acquérir sa quantité maximum d'achat. La quantité maximum possible sera la plupart du temps, comme dans les figures 71a et o, également celle pour laquelle l'écart vertical de la série gagn et d'un point effectif quelconque de la courbe EOJ sera le plus considérable, c'est-à-dire celle qui procure le maximum de bénéfice commun. Toutefois il peut arriver, par exception, qu'étant donné un tracé très irrégulier de la série gagn. la plus grande quantité possible Oq0 , telle qu'elle est déterminée ici, soit moindre que la quantité du maximum du