CHAP1 III. — LE COMMERCE INTERNATIONAL
lui permettant de nouvelles combinaisons et, quand cellesci sont avantageuses et qu'ainsi l'on recourt au commerce extérieur, le bénéfice commun doit augmenter. Nous avons déjà parlé du reserrement qui afFec'-e le choix libre de la combinaison la plus avantageuse et par conséquent de la diminution du proût commun qui en résulte toujours, quand il existe une limitation quelconque du commerce intérieur, due à des monopoles, des impôts, des frets élevés, etc.
Si nous voulons maintenant nous rendre compte de la réaction du commerce extérieur sur les acbeleurs et les vendeurs indigènes, nous pouvons le faire de la façon la plus générale ; mais, comme la réaction sur les consommateurs et les producteurs présente un intérêt particulier, comme elle est altérée par l'intervention du commerce appuyé sur la détention de stocks, nous voulons supposer que tous les indigènes dont les courbes individuelles participent à la formation des courbes OA et OX s'abstiennent de toute spéculation sur l'article A. L'abscisse du point d'intersection de la ligne du prix avec la dérivée OA' désigne alors la production intérieure, son écart vertical de la courbe OA détermine le profit des producteurs indigènes, et le point d'intersection de cette ligne avec la courbe ON1 donne, de la même manière, la consommation intérieure simultanée et le profit «les consommateurs. Nous voyons que, plus le prix s'abaisse au-dessous de POP, plus 1 importation et la consommation croissent, mais pins la production intérieure diminue ; et l'augmentation du profit des consommateurs est plus rapide que la décroissance de celui des producteurs. Mais, si le prix s'élève au-dessus de POP, l'exportation et la production ne cessent d'augmenter et la consommation de diminuer ; quant au profit des producteurs, il s'accroît plus vite que ne baisse celui des consommateurs. L'excédent de cette augmentation sur cette diminution constitue l'accroissement du bénéfice commun, accroissement représenté par l'écart vertical des combes
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EOJ et E'OJ1 . Si le prix hausse au-dessus de la limite représentée par la direction Oo', la consommation indigène cesse en totalité et toute la production est exportée ; mais, si le prix baisse au-dessous de la limite CV, tout ce dont le pays a besoin est importé et la production intérieure est suspendue. Opposons enfui (fig. 73) aux courbes de l'utilité et de la demande de l'importation OJ et OJ' d'un pays, les courbes du coût et de l'offre de l'exportation OE et OE' d'une autre nation, en tournant ces dernières de 180° par rapport à leur figuration antérieure, et supposons en outre que seules ces deux contrées sont intéressantes au point de vue du commerce international. Tenons compte en outre des frais inévitables de transport — fret, emballage, assurances, pertes d'intérêts, commissions, différences de change, etc. — dans l'établissement des courbes de ce pays que nous considérons comme étranger, en raccourcissant de façon adéquate les ordonnées de OJ et OJ' et en allongeant dans les mêmes conditions celles de OE et OE' : toutes les courbes sont alors valables pour le marché intérieur. La quantité échangée entre les deux pays exempts de droits de douane sera représentée par l'abscisse Oa0 du point d'intersection c0 des courbes OE' et OJ'. Pour les deux nations envisagées dans leur ensemble, il en résulte le bénéfice commun international b0d0 auquel participent le pays d'exportation pour le montant b0c0 et le pays d'importation pour c0db . Cette part du profit dû au commerce international et représenté, dans notre figure 72, pour le marché intérieur s'ajoute dans chacune des deux nations au bénéfice commun que chacune d'elle eût obtenue des transactions sur A libres à l'intérieur, mais prohibées avec l'extérieur. Le pvi\OP0 , déterminé par l'intersection des courbes OE' et OJ', vaut sur le marché intérieur, tandis que le prix sur le marché extérieur doit être abaissé des frais de transport quand ce pays exporte, ou augmenté s'il importe. Plus ces frais sont faibles, plus les courbes OE et OJ, ainsi que leurs dérivées, s'écartent,
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et plus s'accroissent, par conséquent, le débit international Oau, le bénéfice commun h, A,, et la part de profit pour chacun des deux pays. Les frais de transport ont également de l'influence sur le montant dont doivent différer les prix de tous les autres articles dans les deux nations. Ce n'est que quand un nivellement s'est effectué à cet égard que peut exister dans les deux pays celte stabilité des prix que nous devons présumer, tout comme l'invariabilité des qualités possédées par toutes les individualités économiques» quand il s'agit de construire nos courbes.
81. Influence des douanes.— Si l'on prélève dans l'un des deux paya un droit d'entrée ou dans l'autre un droit de sortie équivalent, il en résulte entre les deux nations une différence de prix exactement égale au taux du droit, tout comme s'il y avait augmentation des frais de transport. Le débit international qui serait Oa0 , s'il n'y avait pas de douane (fig. 73), doit se limiter à cette quantité Ou pour laquelle l'écart des courbes OE et OJ' , c'est-à-dire le profit du monopole disponible pour cette quantité, est juste égal au montant du droit correspondant; le dit montant joue exactement le même rôle que le gain d'un intermédiaire monopoleur, que le fret ou l'impôt. De même, le bénéfice commun international se réduit de b0d0 à bd, dont bb' revient aux habitants du pays exportateur et M à ceux du pays importateur, de sorte que ces deux parties y perdent; mais, comme il faut ajouter le rendement total du droit, b'd', comme le profit du monopole, au gain de ce pays qui le perçoit, celle nation peut ainsi bénéficier d'un avantage plus considérable que si l'on avait affaire à un régime de libre-échange. Pour le paya importateur, quand il s'agit de porter au plus haut point possible la somme du produit des douanes et du profit des citoyens, le droit d'entrée le plus favorable est celui qui amène le débit Oa% pour lequel l'écart vertical des courbes OJ et OE' est à son maximum. De même, pour le
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pays exportateur, le droit de sortie le plus avantageux est celui qui a pour résultat la quantité internationale de débit Oui pour laquelle les courbes OE et OJ' sont le plus écartées. Mais la plus forte recette douanière proviendrait pour l'une et l'autre de ces nations de ce tarif douanier plus élevé qui limite à Oa3 la quantité pour laquelle les courbes OJ' et OE' présentent l'écart vertical maximum.
Si les courbes OE' et OJ' se rencontrent, comme dans la figure 73, dans la partie nettement descendante de celte dernière, nous pouvons juger par là que non seulement l'article ,4, dans le pays importateur, appartient à notre troisième groupe, mais encore que l'importation correspond à un besoin des masses. Si, dans un cas de cette nature, le pays importateur établit sur A un droit d'entrée ou le pays exportateur un droit de sortie, la figure montre que dans tous les cas l'augmentation de prix dans le pays importateur, c'est-à-dire la divergence des lignes OP0 et Od', est à peu près égale au droit total, et que la diminution du prix dans le pays exportateur, c'est-à-dire la divergence des lignes OP0 et Ob', ne sera pas considérable. Mais, si, comme dans la figure 74, la courbe OJ' est coupée par la courbe OE' dans sa partie initiale nettement ascendante, il n'en résulte pas que A doive constituer un article de luxe dans le pays importateur; ce peut même être un article d'usage commun, si sa production indigène est assez abondante pour que le désir de produits étrangers revête le caractère d'une demande de luxe. Il peut en être ainsi, même des céréales, quand leur production indigène coïncide à peu près avec les besoins du pays. Dans les cas de ce genre, le droit de douane réduira proportionnellement plus fort les transactions internationales, et l'augmentation du prix dans le pays importateur sera la plupart du temps moins considérable que la baisse du prix dans la nation exportatrice. L'intention de faire supporter par le pays étranger les recettes douanières d'une nation ne peut donc être réalisée