‹ Recherches sur la théorie du prix;Chapitre 82 sur 128 · CHAP. III. — LE COMMERCE INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

CHAP. III. — LE COMMERCE INTERNATIONAL

par les droits d'entrée que dans une faillie mesure; en effet, pour les articles tels que ceux considérés dans la figure 73, ce sera toujours, en raison de la nature des choses, le marché intérieur qui sera le plus fortement atteint, tandis que les articles dont les courbes correspondent à la figure 74 permettent mieux de diriger l'incidence sur le pays étranger, mais ne donnent que des receltes de peu d'importance. Il serait plus facile d'atteindre ce but au moyen des droits de sortie, surtout pour les articles qui, comme le thé chinois et le coton américain, sont consommés à l'étranger en grandes quantités, mais n'y sont pas produits ou ne le sont que de façon insuffisante. On constate néanmoins la disparition presque générale des droits de sortie et le développement incessant des droits d'entrée. La cause de ce phénomène est moins dans ce qui subsiste encore des dogmes mercantilistes que dans ce fait que tout droit de sortie porte plus ou moins préjudice aux producteurs indigènes de la marchandise imposée, alors qu'un droit d'entrée leur est avantageux. Cet avantage ou ce désavantage •qui se répartit entre des personnes relativement peu nombreuses est, précisément pour ce motif, beaucoup plus sensible et plus important que l'effet simultané et opposé sur les consommateurs. Les producteurs font donc une campagne énergique contre les droits de sortie et pour les •droits d'entrée, tandis que les consommateurs, en général beaucoup plus nombreux, ne sont pas amenés à défendre avec la même vigueur leur intérêt contraire, chacun n'étant atteint que pour une faible part de son budget des dépenses. il en résulte que les matières premières de l'industrie ne sont presque jamais assujettis à des droits d'entrée, mais au contraire sont frappées, par endroits, de droits de sortie; tels est le cas des chiffons en Autriche.

$2. Impôts et droits de douane. — La courbe AUX (fig. 72),

que nous reproduisons dans la figure 73 avec les courbes

Auspitz et Lieben. IS

274 part. vi. — l'influence de l'individu sur le prix

OA elON snbil une modification quand l'article A est assujetti, dans la nation considérée, à un impôt tg? sur la production ou la consommation que nous représentons par la droite SOS. En effet l'existence de l'impôt tga sur la production fait augmenter toutes les ordonnées de la courbe OA de l'ordonnée correspondante de la droite SOS, de sorte qu'elle devient la courbe plus escarpée OAi , tracée en rouge. L'existence de l'impôt de consommation tgv raccourcit par contre, dans des proportions tout à fait analogues, toutes les ordonnées de la courbe ON, et il en résulte la courbe ON\ , située plus bas, et également dessinée en rouge. Cette simple modification des courbes que nous avons déjà appris à connaître dans les figures 20, 21 et 65, ne peut d'ailleurs se produire que si, comme plus haut (§ 80), nous supposons exclue la détention de stocks à l'intérieur du pays; sans cette réserve, il faudrait en effet distinguer, dans tout achat ou vente, si la marchandise est encore assujettie à l'impôt ou si elle en a déjà été frappée l'année précédente. Nous devrions aussi exclure ces individus qui à la fois consomment et produisent l'article A, à moins de pouvoir supposer, comme plus haut (§51), qu'ils n'ont à payer l'impôt que sur les quantités qu'ils veudeut ou qu'ils achètent. Par suite des changements indiqués de la courbe OA ou ON, la courbe antérieure du bénéfice commun ABN se modifiera également et sera remplacée par la courbe A^B^N ou ABaN2 , partiellement tracée en rouge dans notre graphique. Cesdeux nouvellescourbes —dont la première s'applique au cas d'un impôt de production et la deuxième au cas d'un impôt de consommation — se rapportent aux quantités d'importation et d'exportation x, comme la courbe ABN , et représentent le bénéfice commun du pays tout entier, y compris comme ci-dessus (§ 73), le rendement de l'impôt ; ce bénéfice est d'ailleurs modifié par l'existence du dit impôt. Ces courbes ont un point commun, B, situé sur l'axe des ordonnées, car le bénéfice commun

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